Depuis le début de la crise du COVID-19, les habitudes des musulmans sont bouleversées. Si les mosquées ont progressivement ré-ouvert leurs portes partout dans le monde, une question restait en suspens pour beaucoup de fidèles : « le Hajj aura-t-il lieu cette année ? ». Après de longues semaines d’attente, l’Arabie Saoudite a annoncé ce lundi dans un communiqué, que seuls les fidèles déjà résidents dans le pays pourront participer au pèlerinage prévu du 28 juillet au 2 août 2020. Houssine Al Marfouq, président de la Coordination des organisateurs agréés Hajj de France (CHF), et gérant de l’agence Meridianis Voyages, créée en 2004 et spécialisé dans l’organisation du pèlerinage à la Mecque, a accepté de répondre à nos questions.

1/ Les autorités saoudiennes viennent d’annoncer l’annulation officielle du pèlerinage à la Mecque pour les personnes résidant en dehors du pays. En France, plusieurs agences avaient choisi de prendre les devants en annulant elles-mêmes les réservations de leurs clients et en leur proposant de reporter à l’année suivante, in sha Allah. C’est votre cas. Qu’est-ce qui a motivé cette décision ?

Les motivations des annulations de certains pays et de certaines agences sont multiples, mais la principale raison est la préservation de la santé des pèlerins, ensuite vient la raison financière pour limiter les engagements avec les fournisseurs.

2/ Comment ont réagi vos clients ?
La majorité de nos pèlerins avait émis le souhait de maintenir le Hajj cette année. Une autre partie de nos pèlerins avait choisi l’annulation anticipée principalement pour des raisons de santé.

3/ Les Omras sont-elles concernées par les mêmes mesures ?
La Omra est suspendue depuis le 26 février 2020. On espère un allègement des restrictions sanitaires afin de permettre une reprise des Omra dès le mois d’octobre 2020.

4/ Au-delà de la possibilité même de faire des voyages, est-ce que cette crise sanitaire a changé quelque chose dans votre manière de travailler et de préparer ces départs ?
Oui, d’abord l’ajout d’une clause dans le contrat qui détaille ce cas de force majeure.Par exemple, l’émission d’un avoir en cas de pandémie. Il n’y aura pas de changement majeur sur l’organisation, car pour réserver des prestations, notamment hôtelières et aériennes, il faudra toujours verser des acomptes indépendamment des risques. Enfin, si cette pandémie perdure dans le temps, même de manière limitée, il faudra qu’on s’adapte aux recommandations sanitaires des autorités saoudiennes.