Il y a quelques jours, nous lancions le Projet Nour. L’idée ? Acheter un local, une maison, en Ile-de-France, pour abriter et faire grandir toutes les initiatives visant à améliorer le quotidien des communautés musulmanes en France. Imaginez ce que l’on pourrait faire dans un tel lieu ! Héberger les associations qui travaillent sur ces sujets, organiser des ateliers, des conférences, des projections, des formations, en toute autonomie, sans craindre qu’une tierce personne ne les annule en raison d’une barbe trop longue ou d’un voile trop présent, et disposer, enfin, d’un studio média pour filmer et enregistrer des émissions. Dès le lancement, vous avez été des centaines à manifester votre enthousiasme et à participer à la collecte initiée pour financer le projet. Vous avez été plusieurs aussi, à nous poser des questions, sur le fond et la forme. Nous y répondons dans cette F.A.Q (sous la vidéo) ! Elle sera régulièrement mise à jour afin de continuer à apporter des réponses à vos interrogations les plus courantes.

Pourquoi c’est si cher ?

On est partis sur le choix d’un lieu sur Paris-Ile de France, afin de faciliter les rencontres à l’échelle nationale, être accessible de toutes les régions et en prenant en compte le fait que ce lieu doit aussi permettre d’accueillir un média et des rendez-vous institutionnels. Or ces activités doivent être en proximité directe avec la capitale : la majorité des invités, des élus, des personnalités que nous inviterons ne feront tout simplement pas le trajet. C’est la raison principale pour laquelle toutes les grandes organisations et tous les médias les plus suivis ont leurs locaux sur Paris ou en proximité immédiate. Donc on retrouve les prix moyens de la capitale : 150 m2 environ * 10 000 Euros du m2 -> 1,5 millions Euros. C’est effectivement une somme importante, mais elle est à la fois une économie de loyers, une sécurité pour les associations musulmanes et un investissement de long terme pour l’intérêt collectif.

Est-ce que vous avez déjà trouvé ? sinon, pourquoi vous collectez ?

On a une idée précise du type de lieu et d’emplacement que l’on privilégie, avec quelques biens en vue, mais nous n’avons pas signé de contrat sur un lieu en particulier, pour une raison simple : on ne voulait pas engager financièrement une décision ou l’argent de l’association avant d’avoir collecté une part significative du budget, au risque de perdre l’argent déposé en acompte, qui appartient à tous les donateurs. Donc dès que nous aurons atteint un palier avancé du budget à collecter, nous pourrons nous positionner sur un bien. C’est aussi pour nous l’occasion d’expliquer et de faire murir le projet, sur la base de vos idées et de vos souhaits, afin qu’il soit le plus fédérateur possible.

Pourquoi sur Paris et pas en région ou en banlieue ?

C’est un choix méthodique basé sur l’emplacement et les objectifs que doit permettre d’accomplir ce lieu. Nous avons déjà collectivement de nombreux lieux de culte et d’instituts islamiques en banlieue et c’est très bien comme cela. Même chose en région, avec des centaines de projets que nous soutenons collectivement par nos dons, qui se développent au fil du temps. Ils répondent à un véritable besoin et accueillent bien volontiers des rencontres et des évènements. Mais nous n’avons aucun lieu d’importance sur Paris, accessible aux associations musulmanes et permettant d’accueillir des équipes professionnelles, des réunions, des rencontres publiques ou des formations, ce qui nous rend dépendant de locations parfois précaires et coûteuses. Il est pour nous temps de doter les musulmans d’une infrastructure qui leur manque. C’est tout le sens de ce projet.

C’est pas trop petit ?

Comparé à des projets d’instituts et de lieux de culte en région, effectivement ça peut sembler « petit », mais le prix du m2 varie de 1 à 10 entre Paris et certaines régions. C’est pourquoi nous avons choisi une taille intermédiaire de 150 m2, ce qui pour Paris-Ile de France est déjà une surface conséquente. Par ailleurs, les lieux seront modulables et évolutifs tout au long de la semaine, pour tirer meilleur parti de la surface, là où des structures disposant de plus de surface auraient plutôt opté pour des espaces dédiés à chaque sujet. Avec un bon aménagement et une bonne décoration, le projet Nour répondra aux principaux besoins, sans se lancer dans une acquisition au coût pharaonique.

À quoi ça va servir ?

Principalement trois choses :

1) accueillir les équipes professionnelles de la Plateforme et des associations partenaires, tout au long de la semaine.

2) Le weekend, des conférences et des ateliers pour le grand public.

3) Le soir, des cours, des formations ou des émissions, via le média de la plateforme grâce à un aménagement studio. Comme on le voit, ces trois utilisations s’inscrivent parfaitement dans le plan de développement annoncé par la plateforme (notamment le média) et bénéficient à tous, pour les associations comme pour le grand public.

Est-ce que c’est une priorité, au lieu de financer les mosquées ?

Ça va de pair. Il ne faut pas choisir entre les deux et gérer ces deux priorités avec la même implication. Oui, il nous faut des lieux de culte dignes et al hamdulillah, il y a partout en France des mosquées ou des projets de mosquées en cours de réalisation, mais il nous faut aussi des lieux d’organisation et de rencontre, pour mener des projets et accueillir des équipes. La mosquée ne peut pas seule répondre à tous ces besoins. Or les projets de la Plateforme doivent justement servir aussi les associations et les mosquées : ils doivent être menés de manière sérieuse et professionnelle, dans un vrai cadre de travail. C’est notamment pour cela que les grandes associations généralistes se sont toutes dotées de locaux stables et pérennes. C’est pourquoi nous souhaitons équiper les musulmans d’un lieu qui leur appartient, de manière autonome et pérenne, sans dépendre de personne.

Pourquoi ne pas louer au lieu d’acheter ?

Pour trois raisons principalement :

1) Les locations sont très coûteuses, notamment sur Paris. Lorsqu’il s’agit d’évènementiel ou de rencontres, ces prix deviennent exorbitants. Il nous semblait, en achetant, que l’argent des musulmans serait mieux utilisé sous la forme d’un investissement plutôt que « dépensé » en location, sur le long terme.

2) Les locations sont précaires, car de nombreux bailleurs ou loueurs de salles sont réfractaires à travailler avec des associations musulmanes. On ne compte même plus le nombre de contrats ou de salles annulées à la dernière minute, sous pression de groupes racistes. Ce n’est pas notre manière de voir les choses, pour l’avenir des musulmans. Il nous faut donc un lieu où nous sommes chez nous, en sécurité et non en précarité.

3) C’est le sens de l’Histoire, à partir du moment où on se place dans une optique de long terme, il faut « construire notre maison » symboliquement, en acquérant un lieu qui nous appartient à tous. Ce sera non seulement un investissement de long terme, autonome financièrement, mais aussi un héritage que nous laisserons aux générations futures, qui pourront bénéficier du rayonnement de ce lieu.