Nous vous l’annoncions il y a quelques semaines, les imams et cadres religieux vont enfin être dotés d’une structure collaborative à leur service : l’union des imams. Fruit d’un travail et d’un recensement des besoins sur plusieurs années, cette structure, portée par la Plateforme L.E.S Musulmans, vise à aider, à accompagner et à soutenir les ministres du culte musulman dans l’accomplissement de leur mission.

Cette démarche organique ne vient en aucun cas remplacer ou concurrencer des organisations théologiques pré-existantes, comme tient à le rappeler Abdelmonaïm Boussena, co-fondateur de la Plateforme L.E.S Musulmans et l’un des coordinateurs de l’Union des Imams :

« Nous regardons avec beaucoup de respect les instances religieuses créées dans le passé, qui ont essayé de faire au mieux, avec chacune leurs forces et leurs faiblesses. C’est pourquoi notre démarche n’a pas vocation à remplacer leur réflexion théologique ou institutionnelle, mais à compléter ce travail en répondant à un double objectif très concret : d’une part accompagner professionnellement les imams – comme le ferait un syndicat -, d’autre part créer un cadre dans lequel ils peuvent travailler ensemble. »

En effet, si l’essentiel des travaux passés autour des imams ont porté sur des questions théologiques ou de représentation au sein des fédérations, les religieux musulmans ont rarement été réellement pris en compte sur le plan strictement professionnel, comme le relève Naziha, présidente de la Plateforme L.E.S Musulmans :

« On demande à nos imams d’être compétents sur tout. Ils doivent diriger la prière, répondre à des questions religieuses, nous aider dans nos litiges personnels, donner des cours, orienter nos jeunes sur le bon chemin, faire du soutien psychologique… et parfois même entretenir la mosquée. Mais qui se soucie de leur statut professionnel, de leur bien-être, de leur formation ou de leurs droits ? À l’heure où certains voudraient marginaliser les imams, si l’on veut que nos cadres religieux soient à la hauteur des immenses enjeux de la communauté musulmane, nous devons leur en fournir les moyens. »

C’est pour cette raison que l’Union des Imams privilégie des services concrets et souples, en direction des religieux musulmans, partout sur le territoire français. On peut citer quelques-uns de ces services :

  • Du conseil social et juridique, afin que les imams puissent connaître leurs droits et être accompagnés et soutenus, lorsqu’ils en ont besoin.
  • Des formations continues, sur toutes les compétences connexes au métier d’imam : histoire, communication, sociologie, droit, psychologie. Les imams pourront suivre, selon leur choix, des modules conçus spécialement pour eux afin de renforcer leurs connaissances et de faciliter leur mission.
  • Une bourse de l’emploi, permettant aux imams qualifiés et disponibles de rapidement trouver une mission et, symétriquement, facilitant la démarche pour les mosquées et les instituts qui recrutent, en leur donnant accès à des imams bien formés.
  • Des rencontres et des séminaires : grâce au soutien logistique, organisationnel et financier de la Plateforme L.E.S Musulmans, les imams membres de l’Union auront accès à des évènements où ils peuvent se rencontrer ensemble, travailler sur des thématiques précises sous forme de séminaires professionnels afin d’enrichir l’état de la réflexion sur les questions théologiques qui touchent les musulmans.

L’ensemble de ce dispositif est complété par des boucles de discussions et d’échanges informels, permettant aux imams de mieux se connaitre, de tisser des liens de confiance et de se tenir informés.

Sans surprise et dès son lancement, l’Union des Imams a été saluée et largement soutenue par les premiers concernés, puisqu’ils sont déjà plus de 200 à avoir rejoint le dispositif. Rachid El Jay, co-fondateur de la Plateforme L.E.S Musulmans et l’un des animateurs de l’Union des Imams, résume :

« Il y a une incroyable diversité parmi nous et c’est une richesse. On n’est pas d’accord sur tout, mais on se respecte professionnellement, puisqu’on essaie tous d’œuvrer dans le même sens : celui du vivre-ensemble et de l’unité. Je pense que ce qui a plu à beaucoup d’imams, c’est l’aspect cadré et concret de la démarche : l’Union des Imams a vocation à leur être utile, au quotidien. »

Après cette phase de genèse couronnée de succès, l’Union des Imams vivra sa première rencontre nationale dans les semaines qui viennent.