We were astonished to learn that an attack took place on Monday, the 28 of October, against Bayonne’s mosque.

The platform L.E.S. Musulmans would like to express its deep solidarity with the two faithful, aged 74 and 78, who were seriously injured by gunshot and wishes them a quick recovery. Our thoughts are also with their families and, beyond the mosque, the entire Muslim community of Bayonne.

Today, no one can ignore the fact that the criminalization of religious practices through speeches carried out by certain political figures, as well as the banalization of overtly Islamophobic remarks broadcast with complacency by many media outlets, can lead to violent acts.

In 2019 alone, more than a dozen acts of Islamophobia targeted places of worship, including the attack on June 27 in front of the mosque in Brest, which nearly took the life of Imam Rachid Eljay. This week too, Thursday 25 and Sunday 27 October, swastikas were discovered on the site of a mosque in Charleville-Mézières. Also, in September, in the Rhone region, a mother wearing a hijab was the victim of a knife attack in middle of the street.

The media’s treatment of these racist acts, the timid condemnations of the government, as well as the absence of strong decisions to fight anti-Muslim hatred, contribute to a denial of the harsh reality lived by Muslims in France.

Once again, the platform L.E.S. Musulmans demands that Emmanuel Macron, President of the Republic, and Christophe Castaner, Minister of the Interior, fully appreciate the urgency of the situation and act concretely for the safety of mosques as well as that of Muslim personalities and imams targeted daily by racist speech and threats. The public authorities, who are well aware of the terrorist risk faced by Muslims in France, must take their responsibilities.

Finally, it is urgent that the state clarify its position when it comes to the editorial choices made by some news outlets that are using anti-Muslim hatred as a commercial argument. The law must be enforced and these media needs to be sanctioned when they exceed freedom of expression and instead fuel hatred. Those that encourage someone to commit a crime should not be allowed to hide behind the right to blasphemy or to the criticism of religions when they endanger millions of women, men and children of our country.

Paris, Monday, October 28, 2019

The platform “L.E.S. Musulmans”

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Nous apprenons avec stupeur qu’un attentat a eu lieu lundi 28 octobre contre la mosquée de Bayonne.

La plateforme L.E.S. Musulmans exprime sa profonde solidarité avec les deux fidèles de 74 et 78 ans grièvement blessés par balles et leur souhaite un prompt rétablissement. Nos pensées vont par ailleurs à leurs familles et, au-delà de la mosquée, à l’ensemble de la communauté musulmane de Bayonne.

Nul ne peut aujourd’hui ignorer que la criminalisation de la pratique religieuse à travers les prises de paroles de certaines personnalités politiques et la banalisation des propos ouvertement islamophobes accueillis avec intérêt par nombre de médias nourrissent les passages à l’acte.

Pour la seule année 2019, plus d’une dizaine d’actes islamophobes ont visé des lieux de culte, dont l’attentat le 27 juin dernier, devant la mosquée de Brest, qui a failli coûter la vie à l’imam Rachid Eljay. Cette semaine, jeudi 25 et dimanche 27 octobre, des croix gammées ont été découvertes sur le chantier d’une mosquée à Charleville-Mézières. Citons en outre, en septembre, dans le Rhône, cette mère de famille portant un hijab victime d’une attaque au couteau en pleine rue.

Le traitement médiatique de ces actes racistes, les condamnations timides du gouvernement, tout comme l’absence de décisions fortes pour endiguer la haine anti-musulmane participent à une négation d’une réalité vécue difficilement par les musulmans en France.

La plateforme L.E.S. Musulmans exige une nouvelle fois qu’Emmanuel Macron, président de la République, ainsi que Christophe Castaner, ministre de l’Intérieur, prennent réellement la mesure de l’urgence et agissent concrètement pour la sécurité des mosquées comme celles des personnalités musulmanes et des imams visés par des discours racistes et les menaces quotidiennes. Les pouvoirs publics, qui n’ignorent rien du risque terroriste visant les musulmans de France, doivent prendre leurs responsabilités.

Il est enfin urgent que l’Etat clarifie sa position face aux choix éditoriaux de certaines rédactions qui ont fait de la haine anti-musulmane un argument commercial. La loi doit être appliquée et ces médias sanctionnés lorsqu’ils outrepassent la liberté d’expression pour verser dans l’incitation à la haine. Ces pousse-au-crime ne doivent plus être autorisés à se cacher derrière le droit au blasphème ou à la critique des religions lorsqu’ils mettent en danger plusieurs millions de femmes, d’hommes et d’enfants de notre pays.

Paris, lundi 28 octobre 2019
La plateforme L.E.S. Musulmans
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La plateforme L.E.S. Musulmans dénonce fermement la montée des propos islamophobes qui ont ponctué les différents débats télévisés suite à la campagne d’affiche de la FCPE.

Au-delà du sujet portant sur les mamans en foulards et les sorties scolaires (voir notre position), les propos incitants à la haine s’enchaînent. Pour ne citer que les derniers en date, nous vous listons ici les passages en question :

Chaîne : CNEWS
Programme : L’heure des prosDate de diffusion : 24 septembre 2019 Heure : 9h16

Intervenant : Charlotte d’Ornellas

Chaîne : CNEWS
Programme : PunchlineDate de diffusion : 24 septembre 2019 Heure : 19h16

Intervenant : Mohamed Sifaoui

Chaîne : LCI
Programme : Audrey and CO

Date de diffusion : 24 septembre 2019 Heure : 10h35

Intervenant : Lydia Guirous

C’est dans ce contexte de propos indignes et du climat nauséabond que subissent les musulmans, que La Plateforme a saisi le Conseil Supérieur de l‘Audiovisuel (CSA) afin d’inciter son directeur à prendre position.

L’heure est grave et elle appelle à une action volontariste. Il est temps que le Conseil, comme il l’a récemment fait contre des propos ouvertement homophobes, prenne ses responsabilités face à la monté et à la banalisation de la parole islamophobe.

Notre lettre :

Le 26 Septembre 2019.

Monsieur Roch-Olivier Maistre

Monsieur,

En tant que président du CSA, vous avez la charge de veiller, sur les antennes de radio et de télévision, au respect de la pluralité des débats et des lois en vigueur, notamment en matière de lutte contre les discriminations, d’apologie du terrorisme, d’incitation à la haine envers toute personne ou communauté visée.

C’est notamment à ce titre que le CSA a, récemment, pris des décisions et des sanctions sous forme de suspension ou de lourdes amendes contre des émissions et chaînes ayant franchi ces limites.

Pourtant, s’agissant des musulmans, il ne se passe pas une semaine sans que des débats télévisés donnent lieu, en l’absence de toute contradiction sur le plateau, à un flot de déclarations toutes plus racistes les unes que les autres, sans que le CSA intervienne à ce jour pour mettre un coup d’arrêt à des pratiques qui, en plus de ne respecter aucun principe de déontologie journalistique (débat contradictoire, vérification des faits, etc.), jettent nos concitoyens musulmans en pâture à une frange des téléspectateurs, réceptifs à des idéologies islamophobes et racistes.

Ces discours ont des conséquences dans le monde réel :

Agressions, attaques de mosquées, discriminations, tentatives de meurtre, dégradations… L’examen approfondi de ces dossiers sans cesse plus nombreux, montre que les gens qui passent à l’acte sont nourris et influencés par ces discours qui, sans contradiction et répétés ad nauseam, participent à forger l’imaginaire collectif et les normes de violences devenues désormais acceptables, surtout, lorsqu’elles visent des musulmans qu’on a médiatiquement déshumanisés.

Il vous appartient donc d’agir avec la plus grande fermeté, conformément à votre mandat, afin que les discours de haine et de stigmatisation des musulmans soient explicitement et lourdement sanctionnés.

À titre indicatif, voici quelques passages récents visés par des saisines massives du CSA, sur lesquels nous appelons tout particulièrement votre vigilance :

Chaîne : CNEWS
Programme : L’heure des pros
Date de diffusion : 24/09/2019
Heure : 9h16
Intervenant : Charlotte d’Ornellas

Chaîne : CNEWS
Programme : Punchline
Date de diffusion : 24/09/2019
Heure : 19h16
Intervenant : Mohamed Sifaoui

Chaîne : LCI
Programme : Audrey and CO
Date de diffusion : 24/09/2019
Heure : 10h35
Intervenant : Lydia Guirous

Nous suivrons avec la plus grande attention les décisions que vous rendrez suite à ces saisines et, au-delà, l’action que vous mènerez pour que les chaînes appliquent les règles déontologiques qui s’imposent, de manière pro-active plutôt qu’une fois le mal fait.

À ce titre, nous souhaiterions convenir d’une audience formelle avec vous et vos équipes, à votre convenance, afin de vous exposer des mesures concrètes dans ce sens :

– Respect de la diversité dans les équipes radio/TV, puisqu’à ce jour les minorités sont massivement sous-représentées, notamment (mais pas uniquement) sur les chaînes de service public

– Présence systématique d’intervenants musulmans représentatifs lors des débats qui les concernent

– Audit annuel des programmes et évaluation, spécifiquement sur les discours de haine dans les médias radio-télévisés, toutes communautés confondues

Monsieur le président, nous vous remercions de toute l’attention que vous porterez à cet aspect crucial de votre mission et nous tenons à disposition, ainsi que les centaines d’associations que nous représentons et nos milliers d’adhérents, afin de vous soutenir dans son accomplissement.

Respectueuses salutations,

L.E.S. Musulmans. 

Parallèlement à ce lettre, il est de notre devoir de citoyen, au-delà de la colère légitime que ces propos suscitent de passer à l’action : « Pour ne plus subir, agir »

 

 

C’est avec une très vive émotion que nous apprenons qu’une femme musulmane, portant un foulard, a été agressée hier, mercredi 11 septembre, à Sury-le-Comtal (Loire) alors qu’elle était accompagnée de son époux et de ses deux enfants.

Gravement touchée au cou, au sternum et au dos lors de cette tentative de meurtre au couteau, cette mère de famille est aujourd’hui dans une situation préoccupante : son pronostic vital est en effet engagé.

La plateforme L.E.S. Musulmans témoigne sa solidarité et son soutien à la victime ainsi que sa famille et se tient à leur disposition. Nous prions pour son prompt rétablissement.

Cet évènement tragique, qui fait suite à une escalade dans la violence et la gravité des attaques visant les musulmans, convoque la responsabilité des pouvoirs publics et la vigilance de tous. La condamnation franche et sans ambiguïté, la prévention et la répression de tels actes s’imposent de toute urgence.

À l’heure où certains évoquent déjà des « troubles psychiatriques » et un « fort état d’ébriété » pour exonérer l’assaillant, nous exigeons que cette attaque fasse l’objet d’une enquête approfondie, en tenant compte du possible motif islamophobe, conformément aux directives de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) qu’a ratifié la France.

Nous assistons ces derniers mois à une surenchère et à une banalisation des violences et des discours islamophobes, passant des insultes aux discriminations, aux dégradations de lieux de culte, à la tentative de meurtre d’un imam, puis aux attaques contre des femmes, avec désormais la volonté manifeste de tuer.

Soyons pleinement conscients qu’il s’agit d’un moment décisif en France où, plus que jamais, il est nécessaire que tout le monde fasse front contre l’islamophobie, plutôt que de revendiquer le droit de s’en réclamer.
 
Paris, le 12 septembre 2019

Nous apprenons avec une vive émotion que notre imam, frère et ami Rachid Eljay a été la cible d’une tentative de meurtre à l’arme à feu cet après-midi aux alentours de 16h devant la mosquée Sunna à Brest. Un membre de son équipe a lui aussi été blessé par balles.

Dans le même temps, à quelques minutes d’intervalle, un homme a envoyé à plusieurs rédactions une lettre dans laquelle il indique vouloir tuer Rachid Eljay.

Nous ignorons pour l’heure s’il s’agit d’une coïncidence ou si l’auteur des tirs est celui qui a rédigé et envoyé cette lettre.

Cette tentative de meurtre visant explicitement un imam dans un lieu de culte atteint un niveau de gravité sans précédent. Elle s’inscrit en outre dans une série d’attaques constantes de personnalités politiques et médiatiques contre l’imam Rachid Eljay, devenu en quelques années la cible privilégiée de leur haine et de leur islamophobie.

Rachid Eljay, imam-enseignant auprès de centaines de milliers de personnes et co-fondateur de la plateforme L.E.S. Musulmans, n’a cessé d’œuvrer à l’éducation, à la responsabilisation, à la paix entre tous dans ses prêches à la mosquée de Brest et ses vidéos sur Internet.

Dans ces moments, nous prions pour eux et nous tenons auprès de leur famille, nuit et jour, en espérant leur prompt rétablissement. Rachid Eljay et la seconde victime sont actuellement à l’hôpital afin d’y être soignés.

Nous exigeons des pouvoirs publics qu’ils prennent de toute urgence toutes les mesures nécessaires pour protéger les lieux de cultes musulmans et assurer la sécurité des imams et des personnalités musulmanes visés par des discours racistes et des menaces.

Il est temps que l’État prenne toutes ses responsabilités face au risque terroriste islamophobe qui vise les citoyens de confession musulmane, comme l’a relevé à plusieurs reprises le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner.

Paris, le 27 juin 2019

L’amendement qui prévoyait d’interdire aux mamans portant un foulard d’accompagner élèves et professeurs lors des sorties scolaires a été abandonné ce jeudi 13 juin par les députés et sénateurs réunis à l’occasion d’une commission paritaire préparant l’examen de la loi sur l’éducation, la loi dite « Blanquer ».

Mamans accompagnatrices : la plateforme L.E.S. Musulmans s’oppose à un texte liberticide

Proposé par le groupe Les Républicains au Sénat, cet amendement liberticide avait été voté le 15 mai dernier. Grâce à votre mobilisation ainsi que le travail des associations, en particulier l’action ciblée de notre partenaire le CCIF, les partis politiques et le gouvernement ont entendu notre large opposition à un tel recul des libertés fondamentales.

Félicitations à toutes les personnes qui se sont mobilisées. Il faut aussi se satisfaire de cet acte de lucidité que représente l’abandon de cet amendement, tout en restant très vigilants quant à la suite des débats, pour éviter toute nouvelle tentative similaire à l’avenir.

Enfin, un bilan de l’impact des lois de 2004 et 2010 sur l’exclusion des femmes musulmanes, dans l’accès au travail et l’éducation et plus généralement dans la société s’impose. Soucieuse que les libertés et le vivre-ensemble soit préservés, la plateforme L.E.S. Musulmans lance un appel pour qu’une telle initiative voit au plus vite le jour.

Paris, jeudi 13 juin 2019.
La plateforme L.E.S. Musulmans
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La plateforme L.E.S. Musulmans s’oppose à l’exclusion des femmes portant un foulard

« Le Sénat interdit le port du voile lors des sorties scolaires » ; c’est en ces termes que les sénateurs Les Républicains ont affiché leur volonté de stigmatiser une fois encore les femmes musulmanes. Alors que l’amendement voté visait prétendument l’ensemble des signes religieux, l’intention est claire : poursuivre la stigmatisation des musulmans électoraliste des musulmans, pour palier à l’absence de projet politique. Revenons sur l’état du droit :

  • Il n’y a pas de vide juridique. La loi permet explicitement aux parents accompagnateurs lors des sorties scolaires de porter la tenue de leur choix, dès lors qu’il n’y a ni troubles à l’ordre public ni prosélytisme.
  • Le Conseil d’État a déjà statué sur cette question : les mamans portant un voile ne sont pas concernées par la loi sur les signes religieux à l’école.
  • Dans une décision du 9 juin 2015, le tribunal administratif de Nice a rappelé le droit : les parents accompagnateurs lors des sorties scolaires doivent être considérés comme des usagers du service public et ne subir de restrictions relatives à leurs convictions religieuses.

Alors que la France connaît de grandes tensions depuis six mois, que la crise économique et sociale n’a jamais été aussi saillante, des politiciens choisissent de s’en prendre à des femmes, à des enfants et à leurs établissements scolaires : en choisissant d’interdire à des mamans d’offrir bénévolement de leur temps à l’école de leurs enfants, Les Républicains nient leurs droits et organisent plus encore la précarité et l’exclusion d’écoliers qui, faute de personnel encadrant, ne pourront plus bénéficier de sorties scolaires, sans que le gouvernement ne s’oppose à un tel projet avec la fermeté nécessaire.

En conséquence, la plateforme L.E.S. Musulmans et le collectif contre l’islamophobie en France s’opposent fermement au vote de cet amendement à l’Assemblée nationale et demande au gouvernement de marquer clairement son opposition à un tel projet liberticide.

Nous appelons à la mobilisation de chacun pour mettre un terme à cette surenchère islamophobe qui désormais n’affecte plus les seuls musulmans, mais met en péril les valeurs cardinales et la devise du pays. Pour cela, trois actions simples :

  1. L’ensemble des femmes et des hommes politiques attachés au principe de liberté, inhérent à celui de laïcité, peuvent manifester clairement leur opposition à cette amendement contraire aux libertés fondamentales, sans complaisance.
  2. Les citoyens peuvent envoyer un mail à leurs élus locaux, députés et maires, afin de leur signifier leur ferme volonté de les voir marquer leur désaccord. (Retrouvez le contact mail du député dont vous dépendez, entrez ici le nom de votre commune / circonscription).
  3. Toute exclusion de parent accompagnateur doit faire l’objet d’un signalement et donnera lieu à des poursuites judiciaires systématiques, dans toutes les juridictions ou ce sera nécessaire.

La plateforme L.E.S. Musulmans restera mobilisée jusqu’à l’abandon total de cet amendement.

La plateforme L.E.S. Musulmans
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C’est avec extrême douleur et effarement que nous avons suivi les développements du double attentat terroriste qui a visé deux mosquées à Christchurch, en Nouvelle-Zélande, durant la prière du vendredi. Il convient de témoigner notre présence et notre solidarité totale pour les victimes et leurs familles pour lesquelles, même de l’autre côté du globe, les associations et membres de la plateforme L.E.S. Musulmans se rendent entièrement disponibles.

L’auteur de ces massacres a signé son acte par un manifeste le rattachant à une idéologie islamophobe désormais largement disponible en France. « Grand remplacement », « islamisation » de la France, « insécurité culturelle », assimilation du hijab au terrorisme… Est-il encore possible de parler de dérives déontologiques ou de « dérapages », lorsque ces discours se soldent par des dévoiements racistes ou sont repris à leur compte par des terroristes ? Aujourd’hui, cet acte de violence s’inscrit dans la banalisation d’une fabrique de la haine, constamment nourrie par des représentants politiques et médiatiques qui désignent les musulmans comme des cibles.

Ces résonances idéologiques, ainsi que le mode opératoire du terroriste, alertent également sur le danger récurrent qui vise les mosquées.

Pour prendre en charge ce risque, sans sombrer dans la paranoïa ni le repli sur soi, il convient de rehausser les dispositifs de sécurité autour des mosquées, à travers quelques actions et conseils pratiques :

  • Mettre en place des systèmes de sécurité vidéo, notamment sur les entrées et issues de secours des mosquées.
  • Nommer des personnes chargées de l’accueil et de l’orientation des fidèles, formées pour détecter des comportements atypiques ou des dangers potentiels, en particulier lors des moments de grande affluence.
  • Établir un plan de sécurité interne à chaque mosquée et le présenter aux fidèles, qui va de la prise en charge des agressions qui peuvent viser les musulmans individuellement à la gestion de situations d’urgences. C’est cette préparation qui évite de vivre dans la peur et permet d’agir avec discernement.
  • Travailler conjointement avec les autorités locales à la mise en place de patrouilles et d’agents de police, en proximité, notamment lors des moments de rassemblement.
  • Mettre en place et former, à disposition de chaque mosquée, des personnes chargées de la sécurité, efficaces et discrets, qui se rendent disponibles à la fois pour les grandes prières mais aussi pour les évènements communautaires locaux dans un rôle de service d’ordre.

La plateforme L.E.S. Musulmans et le CCIF travaillent conjointement à la mise en œuvre de ces mesures de sécurité minimales et en appellent aux pouvoirs publics, afin de tirer toutes les responsabilités politiques des discours de ceux qui ont fait des musulmans des ennemis désignés, et de rehausser les dispositifs de protection aux abords des lieux de culte musulmans.

Plus que jamais, il faut faire preuve de lucidité, être proactifs et déterminés, afin de préserver la sécurité et la sérénité des fidèles. Nous invitons tous les musulmans à penser aux victimes de cet attentat dans leurs prières et de demander la guidance et le discernement dans ces moments d’épreuve.

La plateforme L.E.S. Musulmans
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Paris, le 21 Janvier 2019 —

Depuis trop longtemps, les musulmans vivant en France ont manqué d’une structuration minimale, indépendante, professionnelle, rassembleuse, qui leur permette de travailler ensemble, de dépasser leurs différences et de prendre en charge les problèmes réels auxquels ils font face, en apportant des réponses concrètes et efficaces à leurs besoins.

Depuis trop longtemps, nous avons toléré que les intérêts des États interfèrent avec les priorités des musulmans, causant parfois des divisions inutiles entre nous et empêchant toute démarche d’unité.

Depuis trop longtemps, l’image et la place des musulmans dans notre société n’ont cessé de se dégrader, à mesure que leur parole était confisquée par des personnes peu légitimes et que des politiciens sans scrupules, cédant aux sirènes des extrêmes, se servaient d’eux pour des raisons bassement électorales.

C’est pour changer cette situation que nous nous sommes mobilisés. Durant l’année passée, nous avons mené une initiative sans précédent, afin de rompre avec l’immobilisme et changer les choses. En quelques mois :

  • Nous avons organisé une consultation large et ouverte à tous, à laquelle près de 27 000 musulmans ont participé, avec des dizaines de consultations locales partout en France.
  • Avec l’aide d’un comité scientifique indépendant, nous avons restitué les principaux résultats de cette consultation historique, en redonnant la parole aux premiers concernés : les musulmans eux-mêmes.
  • Nous sommes allés à la rencontre des fidèles, des mosquées, des associations lors d’un tour de France dans 57 villes, pour entendre et comprendre, sur le terrain, les problématiques des musulmans, dans toute leur diversité.
  • Nous avons fondé, grâce à leurs idées, une plateforme à laquelle plus de 230 mosquées et associations ont déjà apporté leur soutien, ainsi que des milliers d’adhérents et des centaines de bénévoles mobilisés, avec des équipes opérationnelles dans chaque domaine, des relais régionaux, un site web dédié et, dans les jours qui viennent, le lancement d’une plateforme de coopération inter-associative, en ligne.
  • Nous avons développé ensemble des feuilles de route sur toutes les thématiques identifiées par les musulmans comme des priorités, en partant de la base pour construire des solutions en phase avec les réalités que nos coreligionnaires vivent. Celles-ci pourront évoluer et bénéficier des expertises et des talents de chacun, pour devenir des projets pérennes.

Toutes les questions sont posées, toutes les préoccupations prises en charge, tous les sujets sont ouverts, afin d’avancer, par le travail et la concertation, vers une nouvelle ère pour les musulmans en France : celle d’une inclusion tranquille, d’une présence apaisée et d’une dignité accomplie, dans tous les compartiments de leur vie, individuelle comme collective, spirituelle comme citoyenne.

Ce travail se fait à partir des musulmans de tous les jours et non uniquement des élites. Il n’est pas parachuté par le haut ni imposé à des millions de personnes, mais les place en situation de décider et d’œuvrer, par elles-mêmes, à l’organisation de leur culte et de leur vie.

Pour la première fois depuis bien longtemps, nous sommes en capacité de nous réunir, de nous concerter et d’agir de manière constructive et efficace. Il est temps maintenant de nous rassembler et de construire ensemble, avec toutes les bonnes volontés. C’est pourquoi nous lançons aujourd’hui un appel solennel à toutes les associations et individus, qui souhaitent œuvrer sincèrement en direction des communautés musulmanes, au-delà de toute sensibilité, appartenance ou affiliation à rejoindre cette dynamique, à l’enrichir, à la consolider pour le bénéfice de tous.

Sans exclure ceux qui, impliqués au sein de structures déjà existantes ou à venir, ont à cœur d’agir pour l’intérêt général mais dont les efforts sont anéantis systématiquement par des logiques, des méthodes, des considérations différentes du bien commun.

Si vous souhaitez réellement changer et améliorer les choses pour les musulmans, travaillons ensemble. Dépassons les divisions, les clivages, les enjeux de personnes, les instrumentalisations politiques et les erreurs du passé. Donnons-nous les moyens de résoudre ensemble toutes les problématiques que rencontrent nos coreligionnaires et, au-delà des communautés musulmanes, soyons des facteurs de projets positifs au sein de notre société.

À partir du moment où des personnes veulent fournir un effort utile, de manière sérieuse et indépendante, au service de tous, fidèlement aux sources et aux valeurs musulmanes, au Coran et à l’exemple de notre Prophète Muhammad (sws), elles ont toute leur place dans cet effort commun de structuration des communautés musulmanes et nous leur tendons une main sincère et fraternelle.

Cette convergence peut se faire au sein de la plateforme L.E.S. Musulmans, qui appartient à tous les musulmans, toutes tendances et sensibilités confondues, mais également sous la forme de partenariats stratégiques, dans le respect de chaque structure.

Ne laissons pas, une fois de plus, l’attentisme, le défaitisme et la division nous empêcher d’accomplir de grandes choses et d’être à la hauteur de ces 5 millions de concitoyens musulmans, qui chaque jour au sein du peuple, font tout ce qu’ils peuvent pour faire de la France un pays meilleur.

Le sérieux et l’ouverture sont les principes fondateurs de notre initiative, qui nous poussent à prendre nos responsabilités et à faire preuve de détermination, dans la recherche de l’unité et de la solidarité autour d’un projet rassembleur et ambitieux, auquel chacun peut contribuer.

À chacun et à chaque structure maintenant d’être attentif et de mesurer l’opportunité historique qui nous est offerte d’ouvrir aujourd’hui de nouvelles perspectives et de dessiner un autre chemin, un autre destin pour nous et pour les générations futures.

La plateforme L.E.S. Musulmans
Construire ensemble au service de tous
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Paris, le 9 janvier 2019 —

Dans le cadre du futur service national universel (SNU), l’Observatoire de la laïcité a diffusé, le 2 janvier 2019, un rapport délivrant ses préconisations sur l’application du principe de laïcité.

En l’espèce, l’étude entend que les jeunes accueillis ne seraient pas appelés au SNU en tant qu’élèves d’établissements scolaires publics, mais, juridiquement, en tant que simples usagers—un statut qui ne les soumet donc pas à l’exigence de neutralité religieuse, « ni à l’encadrement de leur manifestation d’appartenance religieuse tel que précisé par la loi du 15 mars 2004 applicable aux élèves des écoles, collèges et lycées publics ».

Si ce rapport s’aligne sur l’objectif du SNU, qui est de favoriser le sentiment d’unité nationale autour de valeurs communes, le ministre de l’Éducation nationale Jean-Michel Blanquer s’est personnellement opposé aux recommandations de l’Observatoire de la laïcité, qui ne font pourtant que rappeler le cadre du droit.

Alors que l’État se doit d’être le gardien de la liberté de conscience et celle de manifester ses convictions, il semblerait que dès lors qu’il s’agit de la question religieuse, la parole politique contredit presque systématiquement le droit. Il est déplorable de constater que la complaisance de l’État envers une compréhension abusive de la laïcité s’inscrit de nouveau dans le prolongement d’un contrôle politique visant régulièrement les musulmans de France.

Les travaux de l’Observatoire de la laïcité s’attachent à rappeler le droit et ne constituent pas une prise de position. Il est donc fondamentalement dangereux et nocif pour la cohésion sociale de redéfinir le principe de laïcité en l’étendant à la société civile, et d’envisager des restrictions qui remettent sérieusement en question la neutralité de l’État.

C’est pourquoi nous nous opposons formellement aux positions d’un gouvernement qui souhaite limiter la liberté religieuse de nos enfants et imposer un contrôle idéologique sur eux à travers des discriminations illégales et irrespectueuses du principe de laïcité, de sa compréhension et de son application. Quel genre de citoyens espère-t-on former en leur apprenant, dès l’enfance, l’autocensure d’une part fondamentale d’eux-mêmes ?

Il est dangereusement contreproductif de neutraliser un espace social où les enfants devraient, comme tous les autres citoyens, jouir de leurs libertés et de leurs droits. Nous appelons donc le gouvernement à la prudence et à la retenue face à la radicalisation et au durcissement du principe de laïcité portés par ses dirigeants dans les discours publics. Ces prises de position entretiennent le flou en dépit d’un cadre légal parfaitement clair, et participent à la propagation d’une ambiance délétère qui menace l’équilibre posé par la loi de 1905.

La plateforme L.E.S Musulmans
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