La plateforme L.E.S. Musulmans s’oppose à l’exclusion des femmes portant un foulard

« Le Sénat interdit le port du voile lors des sorties scolaires » ; c’est en ces termes que les sénateurs Les Républicains ont affiché leur volonté de stigmatiser une fois encore les femmes musulmanes. Alors que l’amendement voté visait prétendument l’ensemble des signes religieux, l’intention est claire : poursuivre la stigmatisation des musulmans électoraliste des musulmans, pour palier à l’absence de projet politique. Revenons sur l’état du droit :

  • Il n’y a pas de vide juridique. La loi permet explicitement aux parents accompagnateurs lors des sorties scolaires de porter la tenue de leur choix, dès lors qu’il n’y a ni troubles à l’ordre public ni prosélytisme.
  • Le Conseil d’État a déjà statué sur cette question : les mamans portant un voile ne sont pas concernées par la loi sur les signes religieux à l’école.
  • Dans une décision du 9 juin 2015, le tribunal administratif de Nice a rappelé le droit : les parents accompagnateurs lors des sorties scolaires doivent être considérés comme des usagers du service public et ne subir de restrictions relatives à leurs convictions religieuses.

Alors que la France connaît de grandes tensions depuis six mois, que la crise économique et sociale n’a jamais été aussi saillante, des politiciens choisissent de s’en prendre à des femmes, à des enfants et à leurs établissements scolaires : en choisissant d’interdire à des mamans d’offrir bénévolement de leur temps à l’école de leurs enfants, Les Républicains nient leurs droits et organisent plus encore la précarité et l’exclusion d’écoliers qui, faute de personnel encadrant, ne pourront plus bénéficier de sorties scolaires, sans que le gouvernement ne s’oppose à un tel projet avec la fermeté nécessaire.

En conséquence, la plateforme L.E.S. Musulmans et le collectif contre l’islamophobie en France s’opposent fermement au vote de cet amendement à l’Assemblée nationale et demande au gouvernement de marquer clairement son opposition à un tel projet liberticide.

Nous appelons à la mobilisation de chacun pour mettre un terme à cette surenchère islamophobe qui désormais n’affecte plus les seuls musulmans, mais met en péril les valeurs cardinales et la devise du pays. Pour cela, trois actions simples :

  1. L’ensemble des femmes et des hommes politiques attachés au principe de liberté, inhérent à celui de laïcité, peuvent manifester clairement leur opposition à cette amendement contraire aux libertés fondamentales, sans complaisance.
  2. Les citoyens peuvent envoyer un mail à leurs élus locaux, députés et maires, afin de leur signifier leur ferme volonté de les voir marquer leur désaccord. (Retrouvez le contact mail du député dont vous dépendez, entrez ici le nom de votre commune / circonscription).
  3. Toute exclusion de parent accompagnateur doit faire l’objet d’un signalement et donnera lieu à des poursuites judiciaires systématiques, dans toutes les juridictions ou ce sera nécessaire.

La Plateforme L.E.S Musulmans restera mobilisée jusqu’à l’abandon total de cet amendement.

La plateforme L.E.S. Musulmans
www.lesmusulmans.fr
contact@lesmusulmans.fr

Ramadan, c’est le mois du jeûne. Au-delà de l’effort physique que représente la privation de nourriture et de boisson, c’est un exercice spirituel et de dévotion qui est recherché, comme un pur acte d’adoration envers Dieu. Ce mois est l’occasion de renouer le pacte qui nous lie à notre Seigneur et renforcer notre foi en Lui. Une fois le jeûne rompu, Il ne s’agit pas d’abuser du repas servi ou de se priver abusivement, mais de tout simplement manger à sa faim, de bien s’hydrater et de reprendre le contrôle de soi et de son corps. La plupart des jeûneurs observent après quelques jours une adaptation du rythme chrono-nutritionnel, à mesure que leur corps s’ajuste au mois de Ramadan.

Ramadan, c’est le mois du Coran. On oublie souvent de rappeler que c’est le mois béni durant lequel le Coran a été révélé. Les musulmans sont ainsi invités à tisser avec leur livre saint un rapport intense et intime, à travers une lecture quotidienne. Chacun va à son rythme. L’important est de profiter de cette occasion pour découvrir et redécouvrir la Parole de Dieu, tout en effectuant un acte d’adoration, à travers la récitation et la méditation des versets. C’est aussi une opportunité pour les non-arabophones, de découvrir cette langue et d’essayer, auprès des mosquées et des écoles, d’acquérir les bases de la lecture. Celle-ci est facilitée par toutes les prières nocturnes qui ont lieu dans les mosquées, lors du Tarawih.

Ramadan, c’est le mois du partage. Les plus beaux souvenirs de notre enfance sont marqués par les fêtes et les temps familiaux qui les accompagnent, dont les deux Aïd et le jeûne du mois de Ramadan font partie. Un repas familial partagé avec les amis, les voisins et les proches, mais aussi avec les personnes seules de notre entourage, est toujours une bonne occasion de resserrer les liens, de passer un moment convivial mais aussi de se rappeler des bienfaits dont Allah (swt) nous a gratifié. Quelle que soit la quantité de nourriture, pensez qu’il y en a toujours suffisamment pour la partager avec quelqu’un.

Ramadan, c’est le mois de l’apprentissage. Qu’il s’agisse d’apprendre des versets du Coran, d’apprendre à lire, de s’entraîner à mieux contrôler ses pulsions ou encore de découvrir les vertus du don et du partage, ce mois béni est une formidable école et il fait l’objet d’une promesse de Dieu : les démons sont enchaînés et les portes du bien nous sont grandes ouvertes. C’est donc un contexte idéal pour apprendre et mettre en œuvre des choses positives, que l’on cherchera à maintenir ensuite tout au long de l’année, en remplaçant, chacun selon nos efforts, une mauvaise habitude par une bonne.

Ramadan, c’est le mois du don. Cet acte est formalisé à travers la zakaat el fitr, dont chaque musulman (remplissant les critères) doit s’acquitter avant la prière de l’Aïd, destinée à aider les plus démunis à travers une aide financière et alimentaire. Il prend également la forme de dons libres (les sadaqat) à des personnes ou à des causes charitables. Que l’on donne de l’argent, du temps, de la nourriture, un mot gentil ou un simple sourire, il s’agit pour les musulmans d’être de ceux qui offrent quelque chose de bon et d’utile aux autres, conscients que cela les enrichit et les fait grandir, aussi bien humainement que spirituellement.

Il n’est demandé à aucun musulman d’accomplir des actes surhumains, mais uniquement de faire de son mieux, en respectant les règles simples du mois de Ramadan, tout en faisant, à son échelle, quelques efforts personnels pour s’améliorer. Chaque année devient l’occasion de faire mieux que la précédente.

Ainsi, on aura retenu du jeûne plus que la faim et la soif, mais toute la beauté d’une âme tournée vers son Seigneur, qui s’élève et se réforme à travers des actes accessibles et ressort meilleure, jour après jour.

Dans quelques semaines, cela fera un an que nos équipes ont commencé à travailler à ce qui est en train de devenir un moment historique dans la vie des communautés musulmanes en France.

Un an de travail sans relâche au service de toutes celles et ceux qui ont choisi l’islam pour religion.

Un an d’efforts, de rencontres, de séances de travail, de déplacements, de développements informatiques, de formalités administratives, de conférences pour faire avancer un projet qui se dessinait au fil des échanges et des rencontres.

Un an d’analyse, de réflexion, de réalisation, lors duquel des centaines de bénévoles ont contribué à rendre possible un tournant majeur dans l’auto-organisation des communautés musulmanes en France.

Et les résultats sont là. En moins d’un an et sans le moindre soutien politique ni la moindre subvention, nous avons pu, grâce à Dieu et à vos nombreux soutiens :

  • Mener une consultation d’ampleur nationale sans précédent, qui a permis de redonner la parole aux musulmans dans toute leur diversité, rassemblant plus de 27000 participants.
  • Faire un tour de France des mosquées et des associations, dans plus d’une cinquantaine de villes, pour recueillir leurs besoins, leurs propositions, leurs aspirations et leurs expériences, afin de bénéficier de toutes les bonnes idées.
  • Analyser et restituer les résultats de la grande consultation des musulmans, avec un comité scientifique solide formé de chercheurs de l’INED et du CNRS, en les rendant disponibles pour tous.
  • Fonder une plateforme participative, horizontale et ouverte à toutes les structures musulmanes qui le souhaitent, avec un intranet qui leur est dédié, des fiches pratiques, des espaces de dialogue, permettant la synergie des expériences au service des musulmans.
  • Lancer une assemblée des imams, qui aide ces acteurs indispensables du culte musulman, dans toutes les problématiques qu’ils rencontrent :  qu’il s’agisse de leur formation continue, de prises de positions communes, de rencontres ou d’une bourse de l’emploi.
  • Organiser des groupes de travail et préparer des feuilles de route sur tous les sujets importants issus de la consultation. Ces experts qui se sont penchés sur ces thématiques ont identifié les problématiques et ont priorisé les chantiers à mener, afin d’accomplir un travail de qualité qui sera à la disposition des musulmans (sur le halal, la zakat, l’islamophobie, etc) et de ceux qui sont à leur service : mosquées, école privées musulmanes, instituts de formation en sciences religieuse, etc.
  • Appliquer une politique de la main tendue et nouer des relations de respect et de coopération avec plusieurs fédérations, tout en rassemblant plus de 250 structures directement membres de la plateforme L.E.S. Musulmans, toutes tendances confondues.
  • Nous entamons maintenant la suite du plan de développement de la plateforme L.E.S. Musulmans : sur chaque thématique, de manière sérieuse et professionnelle, développer les projets en partant de la base et en adoptant une démarche concrète et méthodique.

Tout ce travail a, jusqu’ici, été accompli de manière totalement bénévole. Il est temps maintenant, grâce à vos dons et adhésions, de doter la plateforme de moyens professionnels, afin de pouvoir réaliser l’ensemble des projets que les musulmans ont demandé dans les meilleures conditions. En appui des bénévoles qui œuvrent déjà depuis plus d’un an, nous ferons appel à des compétences comptables, juridiques, organisationnelles, en passant par la communication et la gestion de projets.

Notre message pour tous les musulmans est simple : rejoignez-nous pour bâtir ce projet par et pour vous-mêmes. Face à ce moment historique, ne soyons pas des consommateurs passifs, mais des acteurs engagés.

 

La plateforme L.E.S. Musulmans, en partenariat avec le Collectif Contre l’Islamophobie en France, a adressé en date du 21 mars 2019 un courrier au Ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, lui demandant une audience concernant le besoin urgent de sécuriser l’ensemble des 2500 sites musulmans de France, et développer un plan de lutte contre l’islamophobie au vu des dangereuses implications de celle-ci dans notre pays aujourd’hui.

Monsieur le Ministre,

Les communautés musulmanes de France ont été profondément affectées par le double-attentat terroriste qui a visé deux mosquées à Christchurch, en Nouvelle-Zélande, durant la prière du vendredi. C’est avec effarement que nous avons appris que l’auteur de ce massacre s’était inspiré d’idéologies suprémacistes forgées en France, fréquemment reprises par des personnalités politiques et polémistes de l’extrême-droite française. La banalisation des discours de haine envers les musulmans est d’autant plus inquiétante qu’elle se fait dans une impunité quasi-totale.

Ce constat alarmant s’ajoute au démantèlement récent, par la Direction Générale de la Sécurité Intérieure, de trois réseaux d’extrême-droite qui préparaient des attaques, inspirées par des thèses complotistes à l’égard des musulmans. De son côté, le rapport annuel du Collectif Contre l’Islamophobie en France (CCIF) recense une montée de 52% des actes islamophobes déclarés en 2018. L’urgence grandissante posée par ces chiffres nous forcent à être encore plus vigilants et à procéder à la mise en place de systèmes de protection qui tiennent compte des dangereuses implications de l’islamophobie.

À ce titre, nous saluons votre solidarité à l’égard des victimes de l’attentat terroriste de Christchurch ainsi que votre volonté de renforcer la surveillance des lieux de culte. La sécurité est un droit duquel dépend la liberté de conscience ainsi que la liberté de culte. Aujourd’hui, la France compte près de 2500 lieux de culte musulmans, parmi lesquels seulement moins de la moitié bénéficient des mesures de sécurisation garanties par le fond interministériel de prévention de la délinquance, ou de patrouilles de police lors des moments d’affluence, comme nous avons pu le constater vendredi dernier.

Quelles initiatives entendez-vous entreprendre pour apaiser l’inquiétude grandissante des musulmans de France et restaurer leur confiance ? Face à la menace posée par la hausse des actes islamophobes et la prolifération des discours de haine, il convient de dépasser les mesures de sécurisation ponctuelles, en manifestant un engagement concret et à long-terme contre l’islamophobie.

C’est dans ces circonstances que la plateforme L.E.S. Musulmans, le CCIF et leurs partenaires vous sollicitent afin de demander:

  • Un rehaussement du budget alloué à la sécurisation des sites musulmans afin de couvrir l’ensemble des 2500 lieux recensés en France à travers : l’acquisition et l’installation de matériel de sécurisation, et le déploiement de forces de l’ordre lors de grandes affluences aux abords des mosquées (la prière du vendredi, la période de Ramadan et les fêtes religieuses), en bonne intelligence avec celles-ci.
  • Une convention cadre avec le CCIF afin de développer un plan de lutte contre l’islamophobie et une pénalisation des discours islamophobes sur Internet.

L’islamophobie se construit dans le rejet et dans la haine, et remet directement en cause les principes de liberté, d’égalité et de fraternité. Il est important, dans ces moments, de se positionner sans ambiguïté sur les responsabilités politiques des discours de ceux qui stigmatisent les musulmans, et d’engager des actions concrètes afin d’assurer la sécurité de tous les français.

L.E.S. Musulmans, le CCIF, et leurs partenaires

Le 15 mars 2019, un double-attentat terroriste a visé deux mosquées à Christchurch, en Nouvelle-Zélande, pendant la prière du vendredi. L’auteur de cet acte de grande violence a revendiqué des convergences idéologiques avec des thèses complotistes imaginées par des intellectuels français de l’extrême droite à l’égard de l’Islam et des musulmans

Bien que les appels à l’unité et à la tolérance ont été nombreux suite à l’attentat, la prolifération des discours de haine à l’encontre des musulmans n’a malheureusement pas ralenti. Le constat est sans appel: la banalisation du discours islamophobe dans les médias et au sein même de la sphère politique de notre pays est un fléau contre lequel il nous faut lutter collectivement.

Heureusement, l’incitation à la haine et l’apologie du terrorisme sont des délits punissables par la loi. C’est pour cette raison que notre partenaire dans la lutte contre l’islamophobie, le CCIF, a lancé une campagne nationale de signalement, réalisable en seulement deux étapes. Le CCIF se met à votre disposition pour porter plainte contre les auteurs des propos que vous aurez signalés.

Si, vous aussi, vous avez constaté des propos faisant l’apologie du terrorisme, ou provoquant à la discrimination ou la violence envers les musulmans: n’attendez plus, signalez-le dès à présent au CCIF. Le processus est simple. Il suffit de:

  1. Faire une capture d’écran des commentaires ou articles en incluant la date de publication, le lien URL de la publication, et/ou l’adresse IP de l’auteur ;
  2. Envoyer ces informations à l’adresse email suivante: contact@islamophobie.com avec l’objet « Signalement – Réseaux sociaux ».

Le pôle juridique du CCIF étudiera vos signalements en trois étapes: la vérification des propos à caractère islamophobe, la selection des propos qui feront infraction à la loi, et l’engagement de procédures judiciaires afin de faire condamner les auteurs de ces propos.

Vous pouvez participer au financement de ces procédures juridiques en contribuant la cagnotte du CCIF prévue à cet effet.

C’est avec extrême douleur et effarement que nous avons suivi les développements du double attentat terroriste qui a visé deux mosquées à Christchurch, en Nouvelle-Zélande, durant la prière du vendredi. Il convient de témoigner notre présence et notre solidarité totale pour les victimes et leurs familles pour lesquelles, même de l’autre côté du globe, les associations et membres de la plateforme L.E.S. Musulmans se rendent entièrement disponibles.

L’auteur de ces massacres a signé son acte par un manifeste le rattachant à une idéologie islamophobe désormais largement disponible en France. « Grand remplacement », « islamisation » de la France, « insécurité culturelle », assimilation du hijab au terrorisme… Est-il encore possible de parler de dérives déontologiques ou de « dérapages », lorsque ces discours se soldent par des dévoiements racistes ou sont repris à leur compte par des terroristes ? Aujourd’hui, cet acte de violence s’inscrit dans la banalisation d’une fabrique de la haine, constamment nourrie par des représentants politiques et médiatiques qui désignent les musulmans comme des cibles.

Ces résonances idéologiques, ainsi que le mode opératoire du terroriste, alertent également sur le danger récurrent qui vise les mosquées.

Pour prendre en charge ce risque, sans sombrer dans la paranoïa ni le repli sur soi, il convient de rehausser les dispositifs de sécurité autour des mosquées, à travers quelques actions et conseils pratiques :

  • Mettre en place des systèmes de sécurité vidéo, notamment sur les entrées et issues de secours des mosquées.
  • Nommer des personnes chargées de l’accueil et de l’orientation des fidèles, formées pour détecter des comportements atypiques ou des dangers potentiels, en particulier lors des moments de grande affluence.
  • Établir un plan de sécurité interne à chaque mosquée et le présenter aux fidèles, qui va de la prise en charge des agressions qui peuvent viser les musulmans individuellement à la gestion de situations d’urgences. C’est cette préparation qui évite de vivre dans la peur et permet d’agir avec discernement.
  • Travailler conjointement avec les autorités locales à la mise en place de patrouilles et d’agents de police, en proximité, notamment lors des moments de rassemblement.
  • Mettre en place et former, à disposition de chaque mosquée, des personnes chargées de la sécurité, efficaces et discrets, qui se rendent disponibles à la fois pour les grandes prières mais aussi pour les évènements communautaires locaux dans un rôle de service d’ordre.

La plateforme L.E.S. Musulmans et le CCIF travaillent conjointement à la mise en œuvre de ces mesures de sécurité minimales et en appellent aux pouvoirs publics, afin de tirer toutes les responsabilités politiques des discours de ceux qui ont fait des musulmans des ennemis désignés, et de rehausser les dispositifs de protection aux abords des lieux de culte musulmans.

Plus que jamais, il faut faire preuve de lucidité, être proactifs et déterminés, afin de préserver la sécurité et la sérénité des fidèles. Nous invitons tous les musulmans à penser aux victimes de cet attentat dans leurs prières et de demander la guidance et le discernement dans ces moments d’épreuve.

La plateforme L.E.S. Musulmans
www.lesmusulmans.fr
contact@lesmusulmans.fr

Vous le savez, les résultats de La Grande Consultation menée de mai 2018 à juin 2019, laquelle a vu la naissance de notre plateforme L.E.S. Musulmans, ont montré que l’enseignement privé musulman est un sujet qui préoccupe, à juste titre, une bonne partie de notre communauté.

Nous avons écouté les quelque 27 000 participants à cette consultation et avons mis en place un groupe de travail dédié à cette thématique et chargé d’élaborer une feuille de route sur le sujet. Les experts de ce groupe sont du reste à l’oeuvre et doivent proposer prochainement la mise en place d’un label qualité qui permettra notamment aux parents de pouvoir choisir leur établissement à bon escient.

Mais, il y a plus urgent aujourd’hui. Nous sommes le 27 février, demain, 28 février, correspond au dernier jour pour s’acquitter de la taxe d’apprentissage sur les salaires 2018. Bon nombre d’entreprises ont d’ores et déjà rempli leurs obligations fiscales, nous le savons. Mais tout impôt a son lot de retardataires, c’est à eux que nous adressons ces quelques lignes.

Ce sont ces entrepreneurs que nous voulons alerter et surtout solliciter pour qu’ils soutiennent l’enseignement musulman. En l’occurrence, les deux seuls établissements musulmans qui peuvent percevoir, car éligibles, la taxe d’apprentissage. Les voici, avec les coordonnées qui vous permettront d’accéder aux informations nécessaires.

Groupe scolaire Al-Kindi

Etablissement privé musulman d’enseignement général et technologique
17 rue Sully
69150 Décines
Portable : portable 06 73 17 40 39
Téléphone : 04 78 49 02 02
Fax : 04 78 49 02 03
Site web : www.al-kindi.fr
Email : taxeapprentissage@al-kindi.fr

Découvrez cette interview d’un responsable du groupe scolaire Al-Kindi : Taxe d’apprentissage : “Aucune école privée musulmane ne pourra vivre en mendiant quelques pièces.”

Lycée Averroès

Etablissement privé musulman sous contrat d’enseignement
65 rue de la Prévoyance
59000 Lille
Téléphone : 03 20 00 00 82 – 03 20 00 03 84
Site web : www.lycee-averroes.com
Email : taxe.apprentissage@lycee-averroes.com

Il y a quelques jours, la plateforme L.E.S. Musulmans avait fermement dénoncé la déferlante islamophobe qui s’empare actuellement de nombreux médias et personnalités politiques. Les rassemblements et discussions autour de l’alarmante montée de l’antisémitisme en France se sont ouverts dans un climat de tension favorisé par une libération de la parole discriminatoire et stigmatisante, et légitimé par les médias.

L’instrumentalisation presque systématique de la nécessaire lutte contre l’antisémitisme est pernicieuse et se fait aux dépens d’une partie de la population et des valeurs françaises d’égalité et de fraternité. Il est impératif de s’attacher à lutter de manière juste et égalitaire contre toutes les formes de racisme et de discrimination, plutôt que de monter les communautés religieuses les unes contre les autres.

C’est dans ce contexte que notre partenaire dans la lutte contre l’islamophobie, le CCIF (Collectif Contre l’Islamophobie en France), appelle à la mobilisation de tous les citoyens afin de dénoncer le procès d’intention que les musulmans subissent à tort, et appeler à l’unité.

Comment agir face à l’islamophobie?

Nous avons tous un rôle à jouer dans la lutte contre l’islamophobie. À ce titre, le CCIF propose deux champs d’action, avec des courriers modèles à disposition.

  • Action 1 : signaler les propos au CSA
  1. Rendez-vous sur le site du CSA ;
  2. Signalez les propos qui incitent à la haine des musulmans ;
  3. Encouragez votre entourage à en faire de même pour que la mobilisation soit massive ;
  4. Reprenez à l’étape 1 chaque fois que vous entendez des propos problématiques.
Votre saisine concerne : Un service de télévision
Le nom de la chaîne concernée : LCI
Le nom du programme ou de la publicité : La Matinale LCI
La date de diffusion : 19.02.19
L’heure approximative de diffusion : 08h30
Votre saisine concerne : La déontologie de l’information et des programmes
Décrivez le motif précis de votre saisine : Les propos tenus par Eric Zemmour, invité exclusif de l’émission, étaient abjects, profondément choquants et stigmatisants envers une grande partie du peuple français. Ces propos tenus, dans le cadre d’une émission grand public, sont constitutifs d’une incitation aux comportements discriminatoires, à la haine et à la violence à l’égard d’un groupe déterminé, en l’espèce les musulmans. Il me semble donc essentiel que la chaîne soit sanctionnée pour avoir donné un porte-voix à ces propos pernicieux pour la cohésion nationale.
Voici les propos : « Il y a une alliance entre l’extrême gauche, qui cherche des troupes avec les jeunes musulmans de banlieue contre le capitalisme, et les Frères musulmans qui cherchent des alliés pour islamiser la France et abattre juifs et chrétiens. » Ou encore : « (…) de nous avoir expliqué que l’islam est une religion de paix et d’amour alors que cet antisémitisme est le produit d’une culture islamique qui vient de très loin ».
  • Action 2 : écrire à vos élus
  1. Recherchez les coordonnées de vos maires, députés (prenom.nom@assemblee-nationale.fr) et sénateurs (p.nom@senat.fr) ;
  2. Copiez et adaptez le courrier-type dans l’encadré ci-dessous ;
  3. Envoyez en mettant l’adresse contact@islamophobie.net en copie ;
  4. Encouragez votre entourage à en faire de même pour que la mobilisation soit massive.
Objet : Demande d’audience
Madame le Maire / Monsieur le Maire / Madame la Sénatrice / Monsieur le Sénateur / Madame la Députée / Monsieur le Député,
J’observe avec grande inquiétude l’évolution de notre société depuis les attentats de 2015. Force est de constater que des millions de nos concitoyens musulmans font face à un climat de suspicion généralisée. Celui-ci est notamment alimenté par la propagation d’un discours islamophobe ayant pour finalité de stigmatiser vos concitoyens de confession musulmane.
Aujourd’hui, c’est avec effroi que je constate qu’une nouvelle étape est franchie en toute impunité puisque on accuse l’ensemble des musulmans d’antisémitisme.
Mon indignation est d’autant plus grande que ces propos sont le fait de femmes, d’hommes politiques, d’élus, d’intellectuels, de journalistes, etc. Ces raccourcis sont insupportables et de nature à susciter de la haine et de la violence à l’encontre des musulmans.
Eu égard à cette expression croissante d’amalgames concernant des citoyens français en raison de leur foi, il apparaît indispensable de travailler de concert contre les préjugés et les discours de haine.
Soucieux de contribuer au mieux vivre-ensemble, je souhaite vous rencontrer afin de vous faire part de mes inquiétudes et d’échanger sur les questions de racisme et d’islamophobie : des questions qui, je l’espère, seront considérées avec grande attention de votre part.
Pour combattre toutes les formes de racisme, notre pays a besoin d’une unité sans faille.
Toutefois, il reste encore un long chemin à parcourir et toutes les forces sont requises.
En connaissance de votre attachement aux valeurs d’égalité, de fraternité et de liberté et afin de vous exposer plus avant les perspectives offertes sur ce sujet, je vous prie, cher(e) élu(e) de la République, de bien vouloir m’accorder une audience qu’il vous plaira de fixer selon votre convenance.
Je vous remercie de bien vouloir me tenir informé(e) des suites que vous entendez réserver à ma requête.
Veuillez agréer, Madame le Maire / Monsieur le Maire / Madame la Sénatrice / Monsieur le Sénateur / Madame la Députée / Monsieur le Député, l’expression de ma haute considération.

La mobilisation, c’est maintenant.

Les statistiques publiées la semaine dernière par le ministère de l’Intérieur ont indiqué une augmentation de 74% du nombre d’attaques antisémites en France, passant de 311 en 2017 à 541 en 2018. La montée de l’antisémitisme qui sévit dans notre pays doit être dénoncée, combattue et sanctionnée au même titre que toutes les formes de racisme.

Malheureusement, force est de constater que ce qui aurait pu constituer une occasion de rassemblement et d’unité pour faire face collectivement à la haine, se transforme depuis quelques jours en offensive islamophobe.

Une déferlante islamophobe

Du député Eric Ciotti, qui préconise l’interdiction du voile pour les mères accompagnatrices de sorties scolaires, à Dorothée Moureaux, directrice d’école qui veut « mettre au pas les musulmans » en passant par Manuel Valls, candidat à la mairie de Barcelone, qui fantasme un « antisémitisme ancré dans la culture musulmane », tous ont un coupable désigné : le musulman.

Nous sommes à un moment où la haine ne se cache plus et où l’opportunisme politique est sans limites, peu importent les conséquences sur la population. Ces discours, qui se répandent comme une traînée de poudre sur les plateaux télévisés comme sur les réseaux sociaux, ne sont pas le fait des seuls groupuscules identitaires d’extrême droite, mais de personnalités politiques et médiatiques, qui savent qu’elles peuvent se lancer dans une surenchère islamophobe, sans être inquiétées.

« Antisémitisme musulman » pour les uns ou « antisémitisme islamique » pour les autres, autant d’affirmations qui ne sont bien évidemment appuyées par aucun chiffre, aucune étude et aucun rapport sérieux, comme il serait tout aussi absurde de parler d’une « islamophobie juive » ou d’une « christianophobie hindoue ». Les individus sont responsables de leurs actes, pas de leur couleur de peau ni de leur religion.

Luttons contre tous les racismes

Dès lors, on comprend que la principale fonction de ces mises en cause n’est pas de lutter égalitairement contre toutes les formes de racisme, dont l’antisémitisme et l’islamophobie sont des composantes contemporaines, mais plutôt de désigner des ennemis : les musulmans.

S’il faut dénoncer avec force et sans aucune concession ces amalgames volontaires et accusations diffamatoires contre les musulmans, c’est tout simplement parce qu’elles ont des conséquences destructrices sur les relations entre nos concitoyens et entretiennent le climat délétère dans lequel ils évoluent.

Il faut s’attacher à lutter de manière juste et égalitaire contre toutes les formes de racisme et de discrimination, plutôt que de monter les communautés religieuses les unes contre les autres.

Le président Macron doit réagir

Nous en appelons à l’État et au président de la République, élu notamment pour faire barrage au Front National, afin qu’il prenne ses responsabilités en la matière. Il lui revient de mener une politique de rassemblement et de lutte égalitaire contre tous les racismes, sans céder aux passions tristes qui antagonisent la société.

Nous attirons l’attention du CSA avec inquiétude et gravité, afin qu’il fasse preuve d’une vigilance renouvelée, quant aux discours islamophobes qui se diffusent sans la moindre contradiction, sur nombre de plateaux télé et radio.

Enfin, nous demandons à tous nos concitoyens une exigence renouvelée, quant aux actes de discrimination et de violence, en les appelant à faire œuvre de solidarité avec toutes les communautés cibles du racisme, notamment en soutenant les associations assistant les victimes de ces actes.

Le 21 janvier dernier, nous annoncions la prochaine mise en place d’un nouvel outil au plus près des communautés musulmanes : l’Assemblée des imams.

Ce projet, qui garantie l’accès à des interlocuteurs crédibles et formés, au service de tous, prévoit la mise en place d’une structure d’accompagnement professionnel, théologique et éducatif pour les imams.

C’est dans cette perspective qu’au lendemain de cette annonce deux feuilles de route relatives à cette thématique ont été rendues publiques. Consacrées à la formation, à la certification des imams et à l’apprentissage dans les mosquées, elles s’articulent autour de quatre axes de travail :
1- besoin
2- analyse et audit
3- diagnostic
4- solutions.

Revenons ensemble sur chaque feuille de route, d’abord celle de la formation et la certification des imams, et ensuite, celle de l’apprentissage dans les mosquées

La formation et la certification des imams

L’un des volets centraux de la thématique relative à la fonction des imams en France porte sur la formation et la certification de ces derniers. Afin d’établir un état des lieux, les groupes de travail de la plateforme L.E.S. Musulmans ont choisi de réaliser un inventaire des instituts assurant des formations en théologie musulmane, d’élaborer un plan d’audit interne de ces instituts et de rédiger un cahier des charges pour certifier les imams déjà actifs.

Suite à ce bilan, nous envisageons la création d’une bourse d’études et d’un système de parrainage des étudiants souhaitant devenir imams. Le corps enseignant et la direction de ces instituts ne sont pas en reste puisqu’ils pourront bénéficier de formations qualifiantes qui leur permettront de délivrer un enseignement de qualité. Ainsi, la formalisation d’un partenariat entre les instituts et les mosquées devrait faciliter leurs contributions aux besoins des imams, des mosquées et des musulmans dans leur ensemble.

L’apprentissage dans les mosquées 

L’apprentissage dans les mosquées est le second volet tout aussi important que le premier. L’éducation des enfants étant une priorité et une responsabilité à la fois, nos groupes de travail se sont penchés sur un projet de madrassa pour permettre aux enfants musulmans d’acquérir un socle de connaissance commun. Les mosquées et les imams seront ainsi en première ligne.

Notre diagnostic révèle que l’accès à un enseignement de qualité est disparate sur le territoire de par le besoin capital de redéfinir le rôle des mosquées en tant que centres sociaux et éducatifs, et celui de former et d’accompagner les imams-enseignants.

Afin de faire des mosquées des lieux d’enseignement des sciences islamiques pour enfants comme adultes, et de redéfinir la fonction des imams particulièrement dans l’apprentissage des enfants, nous proposons, entre autres, la mise en place de cours de sciences islamiques à fréquence quotidienne pour ces derniers, ainsi qu’un modèle économique permettant la juste rémunération du personnel enseignant.

Les solutions énumérées par notre feuille de route ont pour objectif de parvenir à l’harmonisation d’un programme d’enseignement pour les enfants du CE1 à la 3e, mais aussi la mise en place d’une structure centrale qui établit les programmes, valide les supports et organise les examens à l’échelle nationale.

Aujourd’hui, nous sommes engagés dans un projet capital visant à offrir aux musulmans de France des solutions à toute une série de sujets qui les concernent au premier chef. Ces feuilles de routes sont le résultat d’un travail de réflexion concis et exhaustif alliant une solide expertise et une connaissance approfondie du terrain et des enjeux. Ces méthodes, qui partent de la base pour construire des solutions concrètes et durables, en impliquant toutes les bonnes volontés qui le souhaitent, font l’identité de la plateforme et permettent d’être directement au service des fidèles et de l’intérêt général, en œuvrant avec sérieux et indépendance.

Si vous souhaitez rejoindre cet effort collectif et participer à l’organisation des communautés musulmanes, c’est ici que cela se passe:

Pour les associations et mosquées :
http://www.lesmusulmans.fr/partenaires

Pour les personnes et les familles :
http://www.lesmusulmans.fr/rejoindre

La plateforme L.E.S. Musulmans
www.lesmusulmans.fr
contact@lesmusulmans.fr