Alors que l’épidémie de coronavirus continue de progresser en France, et que le bilan des morts ne cesse de s’alourdir, de nombreuses questions se posent quant au maintien et au déroulement des rites funéraires, notamment pour les fidèles musulmans.

Ces derniers jours, nous avons en effet reçu des centaines de messages de concitoyens s’interrogeant sur les démarches à suivre pour accompagner leurs proches en fin de vie, les enterrer dans le respect des traditions musulmanes et dans des conditions dignes. L’inquiétude est d’autant plus grande que, sur les réseaux sociaux, des témoignages faisant état de problèmes graves ne cessent d’affluer :

  • saturation de certains hôpitaux, chambres mortuaires et funérariums,
  • rapatriements vers les pays d’origine bloqués en raison de la fermeture des frontières,
  • nombre insuffisant de carrés musulmans,
  • familles endeuillées livrées à elles-mêmes en raison du manque d’information.

Face à cette crise sans précédent, nous avons donc décidé de lancer, en urgence, un plan d’action multidimensionnel. La cellule de crise #UrgenceJanaza est lancée immédiatement et sera opérationnelle tout le temps qu’il faudra pour accompagner le public musulman. Afin d’en assurer le bon fonctionnement et de garantir une réactivité maximale, sept personnes seront exclusivement dédiées à cette cellule.

Concrètement, que prévoyons-nous ?

  1. Information du public sur l’état des rites funéraires et l’évolution des restrictions sanitaires.
  2. Recensement, en temps réel, des carrés musulmans, des pompes funèbres et des pays qui acceptent les rapatriements, à travers une cartographie dynamique
  3. Mise en place d’une adresse d’urgence et d’une permanence téléphonique dédiée, pour informer et conseiller les familles dans ces moments difficiles.

Par ailleurs, la plateforme L.E.S. Musulmans demande officiellement à l’État de mettre à disposition des carrés musulmans partout où cela est nécessaire afin que les familles qui le souhaitent puissent enterrer dignement leurs proches défunts. C’est l’un des principaux points de tension car dans certaines zones, ces carrés manquent cruellement. Il est indispensable de trouver des solutions pour faciliter ces inhumations n’importe où sur le territoire.

L’urgence et la gravité de la situation imposent responsabilité, coopération et solidarité nationale. Nous espérons que toutes les parties prenantes faciliteront la prise en charge et l’accompagnement des familles musulmanes dans ces moments d’épreuve.

Ces informations devant être partagées le plus largement possible, nous comptons sur votre relais.

N’hésitez pas à partager ce texte et nos supports visuels sur vos réseaux sociaux, via whatsapp, mailings, etc.

Un grand merci à tous.

Prenez soin de vous.

Pour la sécurité de tous, c’est confinement (quasi total) à la maison. Afin d’endiguer la propagation du coronavirus COVID-19, des mesures drastiques ont été prises et il est important de les respecter. Le quotidien de beaucoup d’entre nous se retrouve ainsi bousculé. Et forcément, cela a un impact sur les différentes activités religieuses et pédagogiques que certains d’entre vous suivaient ou proposaient. C’est le cas, par exemple, des prières collectives du vendredi auxquelles des milliers de fidèles participaient jusqu’alors, dans l’hexagone et outre-mer. Mais qui dit confinement ne dit pas abandon total de nos habitudes ! Et oui ! Il existe des dizaines d’outils permettant de continuer à assurer et suivre des cours pendant la période de confinement. Bon, évidemment, ça ne remplace pas les contacts humains, réels, mais grâce aux nouvelles technologies, nous pouvons garder un lien social et cultuel. Et ça, par les temps qui courent, ce n’est pas de refus 😉

On a donc sélectionné pour vous des outils permettant d’organiser des cours ou même des prêches (!) à distance. Voici le top 7 des applications qui pourraient vous servir :

1. Zoom : Pour ceux qui veulent suivre ou donner des cours en visioconférence ainsi que pour le travail collaboratif, Zoom est un outil incontournable. C’est d’ailleurs l’une des applications les plus téléchargées ces derniers temps. Sa version gratuite permet de réunir des dizaines de participants en vidéo pour une durée maximale de 40 minutes. Si vous souhaitez utiliser l’application plus longtemps, il vous suffit de relancer à chaque fois une nouvelle session de réunion (donc 40 minutes + 40 minutes + etc.) ou alors, si vous le pouvez, de prendre un abonnement. C’est une application facile d’utilisation depuis un ordinateur ou un smartphone. Vous pouvez suivre le tutoriel ici.

2. Google Classroom : Pour ceux qui préfèrent le partage et l’échange écrit. Il s’agit d’une plate-forme d’apprentissage gratuite initialement dédiée aux écoles. Son but est de simplifier la création et la diffusion de cours et d’exercices de façon numérique. Vous pourrez donc créer des contenus, vous organiser avec vos élèves, leur envoyer des copies et recevoir leurs devoirs. Pratique, par exemple, pour les organismes de cours religieux ou de cours linguistiques. Là aussi, on vous a préparé un petit tutoriel à découvrir ici.

3. Slack : on kiffe. C’est un très bon outil collaboratif ; un espace de travail virtuel, intuitif et ludique. La plateforme offre plusieurs possibilités : communiquer en groupe ou en conversation privée, échanger des documents, des photos et des vidéos ou encore, passer des appels audios et vidéos. Le petit plus, bien pratique, c’est qu’on peut organiser son travail sous la forme de chaînes, privées ou publiques, avec des hashtags dédiés. Si vous voulez vous lancer, c’est par ici que ça se passe.

4. Teams : Un outil Microsoft similaire au précédent. Il s’agit d’un espace de travail pour la collaboration et la communication en temps réel, les réunions, le partage des fichiers. Le tout regroupé au même endroit, ouvert et accessible à tous.  Il vous permet en plus de passer un appel jusqu’à 50 personnes gratuitement.

5. Discordapp : Une application gratuite de chat vocal et textuel qui fonctionne sur ordinateur et smartphone. Conçue initialement pour les joueurs en ligne, elle pourra s’adapter parfaitement à vos besoins dans le cas de simples échanges de messages écrits et vidéos. Face aux nombreux plantages de la plateforme censée assurer la continuité pédagogique entre les enseignants et les élèves en France, elle a d’ailleurs été pris d’assaut par de très nombreux professeurs soucieux d’utiliser un outil accessible aux plus jeunes.

6. Whatsapp : l’application incontournable qui permet un échange de messages rapide, simple et sûr. Depuis peu, vous pouvez aussi organiser des appels vidéos à 4. Il est également possible de créer des listes de diffusion allant jusqu’à 256 personnes pour partager des vidéos, documents et messages vocaux. Pratique…surtout quand on connaît le succès de cette application !

7. Facebook Live : c’est le réseau social le plus utilisé au monde, et en France. Si vous souhaitez organiser un cours, un prêche ou une conférence virtuels, de la manière la plus accessible qui soit, c’est sans doute cet outil qu’il vous faut ! On le recommande en particulier aux mosquées et imams qui, pour pallier l’impossibilité de le faire en présentiel, voudraient diffuser le prêche du vendredi en live. Voici un tutoriel pour vous aider à prendre en main cette fonctionnalité.

On espère que vous trouverez l’outil qui vous correspond le mieux ! N’hésitez pas à les tester et à choisir en fonction de vos besoins. Si vous avez des suggestions ou des astuces à partager, faites-le en commentaire, cela pourra bénéficier à nos lecteurs et adhérents.

Bon courage !

Depuis quelques semaines, les inquiétudes liées à l’épidémie COVID-19 grandissent, à juste titre, en France. La mesure de la crise sanitaire qui secoue une large partie du monde – et a fortiori l’Europe – semble être prise progressivement. Alors que les mesures de confinement viennent officiellement d’entrer en vigueur dans notre pays, il nous semblait important de vous proposer un article récapitulatif pour répondre à vos nombreuses questions. Qu’est-ce que le coronavirus ? Quelles sont les dispositions prises par le gouvernement ? Que devons-nous et que pouvons-nous faire pour participer à l’effort collectif de lutte contre cette pandémie ? Voici les informations essentielles.

Ce que l’on sait sur ce nouveau coronavirus

Ce qu’il faut dire d’emblée c’est que le COVID-19 suscite encore de nombreuses interrogations. Les scientifiques de nombreux pays travaillent d’arrache-pied pour déterminer l’origine exacte de ce virus, ses manifestations, ses mutations et trouver des nouvelles méthodes de diagnostic et un vaccin. C’est donc une course contre la montre qui impose des mesures drastiques et un engagement collectif conséquent.

Ce que l’on sait, pour l’instant, c’est que les premiers cas ont été signalés en décembre 2019 par la Chine. C’est plus précisément dans la ville de Wuhan que des cas groupés de pneumonies sont apparus, entre novembre et décembre de la fin de l’année dernière, et ont entraîné plusieurs décès. Le virus responsable de ces morts a été identifié comme un nouveau coronavirus, un virus de très grande taille qui doit son nom latin (en français, virus à couronne) à son aspect. La famille des coronavirus comptait jusqu’alors six formes différentes provoquant des maladies très diverses : du rhume le plus bénin à des syndromes respiratoires aigus sévères (SRAS). Si la plupart des souches du virus ne contaminent pas directement l’être humain, certaines peuvent lui être transmises par le biais d’un animal. D’ailleurs, c’est vraisemblablement ce qui est à l’origine du COVID-19 (COVID pour COrona VIrus, Disease *maladie en anglais*, 2019) et, bien que cela n’ait pas encore été établi avec certitude, la chauve-souris est la principale « suspecte ».

Comme on a pu le constater dans des circonstances dramatiques ces dernières semaines, le virus se transmet aussi entre humains, et à grande vitesse. La transmission se fait principalement lors de contacts rapprochés, par des postillons projetés en toussant ou lors d’éternuements. Rappelons que le virus dispose de trois portes d’entrée vers l’organisme, la bouche, le nez ou les yeux, et que ce sont des parties de notre visage que nous touchons assez régulièrement. Autre vecteur privilégié donc : le contact des mains avec des surfaces infectées. De fait, le virus peut survivre quelques heures, voire quelques jours selon la température et le taux d’humidité, sur diverses surfaces, comme le plastique ou le métal, si elles n’ont pas été soigneusement nettoyées.

Les symptômes

L’un des problèmes majeurs est que le COVID-19 ne présente, en apparence, aucune spécificité. Les signes cliniques principaux qu’on lui associe, parmi lesquels la fièvre, la toux sèche, la gêne respiratoire, mais aussi, dans certains cas, de la fatigue, des maux de tête ou des courbatures, peuvent laisser à penser à d’autres maladies. Dans les cas les plus graves, c’est une détresse respiratoire qui apparaît et qui nécessite une hospitalisation d’urgence. En réalité, le diagnostic ne peut être confirmé que par un test biologique mais depuis quelques jours, il n’est plus systématique. Ces tests sont désormais réservés aux personnes présentant des signes de gravité ou aux personnels de santé avec symptômes.

Qui est le plus sujet à risque ?

Les personnes âgées et immunodéprimées sont les plus susceptibles de développer des formes sévères de la maladie. De même que les personnes présentant des maladies chroniques préexistantes, telles que l’hypertension, des maladies cardiovasculaires, du diabète, ou des maladies respiratoires et hépatiques. Les femmes enceintes, à partir du 3ème trimestre, ainsi que les personnes présentant une obésité morbide font, selon le Haut conseil de la santé publique, également partie des personnes vulnérables.

En revanche, les enfants de moins de quinze ans seraient peu susceptibles de déclencher une forme sévère du coronavirus. Ils restent toutefois des vecteurs potentiels de la contamination. Il est important de rappeler que toute personne peut être porteur du virus, sans forcément déclencher la maladie. Le ministre de la Santé, Olivier Véran, a déclaré que « 80% des gens ne font pas ou peu de symptômes », précisant que c’est donc « un virus qui est asymptomatique ou bénin chez l’immense majorité des Français ». Ainsi, beaucoup peuvent participer à la propagation de la maladie sans même s’en rendre compte. C’est pourquoi chaque personne doit impérativement suivre les recommandations mises en place : ce n’est pas parce que vous vous sentez bien que vous n’êtes pas porteur du virus. De même, les malades qui présentent des symptômes de faibles intensité n’en sont pas moins contagieux. Vos faits et gestes peuvent ainsi avoir des conséquences sur vos proches, vos voisins, votre entourage. Les précautions sont donc de mise.

Concrètement, que devons-nous faire ?

Si vous n’avez pas de symptômes :

  • Restez chez vous. Bien sûr, ce n’est pas possible pour tout le monde, on le sait…mais vraiment, si vous le pouvez, restez chez vous. Limitez vos déplacements et les contacts avec les gens au maximum.
  • Respectez les consignes de sécurité : afin de vous protéger et éviter la propagation, lavez-vous les mains régulièrement, toussez ou éternuez dans votre coude, utilisez des mouchoirs à usage unique, saluez sans se serrer la main et évitez les embrassades. Évitez de vous toucher les yeux, le nez ou la bouche.
  • Ne surchargez pas le 15 et les urgences inutilement. Ils ne doivent être contactés qu’en cas de symptômes graves. Si vous avez des questions non médicales sur le coronavirus, composez le numéro dédié : 0800 130 000.
  • Les personnes atteintes d’une maladie chronique et/ou suivant un traitement de fond peuvent se faire délivrer des médicaments par les pharmaciens sans besoin de renouveler leur ordonnance auprès de leur médecin traitant. 

Si vous avez été en contact avec une personne malade :

  • Isolez-vous à votre domicile pendant 14 jours.
  • Prenez votre température corporelle deux fois par jour.
  • Surveillez l’apparition de symptômes.

Si vous avez des symptômes du COVID-19 :

  • Restez à domicile et isolez vous des autres personnes vivant dans le foyer ou portez un masque à leur contact.
  • Ne pas prendre d’anti-inflammatoires (ibuprofène, cortisone…) qui pourrait être un facteur aggravant de l’infection. Prenez du paracétamol (doliprane, efferalgan…).
  • Ne vous rendez pas chez votre médecin, appelez-le.
  •  Désinfectez et lavez chaque jour les surfaces touchées.
  •  Reposez-vous. Dans 85% des cas, la maladie guérit avec du repos.

Si vos symptômes du COVID-19 s’aggravent :

  • Appelez le Samu (15) ou le 114 (pour les personnes malentendantes) si des symptômes graves, tels que des difficultés respiratoires, des signes d’étouffement ou un malaise, apparaissent.
  • N’allez pas à l’hôpital, c’est le Samu qui décidera si le patient nécessite une prise en charge. Un hôpital de référence a été désigné dans chacun des départements de France.

Où en est la France ?

En France, les premiers malades ont été déclarés le 24 janvier 2020. Depuis, le nombre de cas n’a cessé d’augmenter. Selon le Ministre de la Santé, le bilan est passé ce mardi 17 mars, à 175 morts et 7730 cas de contamination (dont 699 personnes en réanimation).  À noter que 7% des morts ont moins de 60 ans. Toutes les régions françaises sont touchées, dans et hors des frontières hexagonales ; les plus affectées étant l’Ile-de-France, l’Auvergne Rhône-Alpes, le Grand-Est et les Hauts-de-France.

Le dépistage n’étant pas systématique, il faut partir du principe que le nombre de cas est largement sous-estimé, notamment en région francilienne.

Pour faire face à cette pandémie, l’exécutif a adopté une série de mesures historiques. Si elles sont contraignantes pour la plupart d’entre nous, elles apparaissent aujourd’hui comme le meilleur moyen de freiner la progression de l’épidémie.

Les mesures mises en place

Ces dispositions sont susceptibles d’évoluer et seront régulièrement mises à jour sur cette page. Dernière actualisation : mardi 17 mars à 22h00.

Services publics 

  • Fermeture des crèches, écoles, collèges, lycées et universités. Une continuité pédagogique est mise en place via « Ma classe à la maison », la plateforme dédiée du CNED. Cette dernière ayant rencontré un certain nombre de problèmes au démarrage, n’hésitez pas à vous rapprocher des enseignants de vos enfants pour suivre avec eux et étudier les différentes possibilités. Par ailleurs, rappelons que pour les personnels nécessaires à la gestion de la crise sanitaire, l’accueil des enfants de moins de 16 ans dans les établissements scolaires est maintenu.
  • La plupart des autres services publics sont maintenus (transports, sécurité, collecte des déchets, services administratifs…) ; certains ont simplement procédé à une réorganisation de leur fonctionnement ou une réduction de leur rythme.
  • Depuis ce lundi 16 mars, les tribunaux sont fermés au public, sauf pour le traitement des contentieux essentiels. De nombreux procès ont été ajournés.
  • Les examens et concours qui devaient avoir lieu ces trois prochaines semaines ont été reportés.
  • Le second tour des élections municipales a également été reporté.

Lieux publics et commerces

  • Les établissements recevant du public sont fermés (les lieux de culte, les centres commerciaux, restaurants, bibliothèques, musées…). Les rassemblements étant interdits, les prières collectives à la mosquée ne peuvent avoir lieu. Pas de jumu’a (prière du vendredi) ces 15 prochains jours. Des mosquées s’organisent pour proposer des prêches en live, nous vous tiendrons au courant.
  • Les pharmacies, stations-services, banques, bureaux de tabac et commerces alimentaires restent ouverts.
  • La sécurité d’approvisionnement en produits alimentaires est garantie. Aussi, même si l’on peut comprendre la panique qui a gagné certains d’entre nous, nous rappelons qu’il n’est pas nécessaire de faire des stocks de 6 mois.

Transports et déplacements

Depuis ce mardi 17 mars, la France est entrée dans une phase de confinement quasi-totale. Afin de limiter la propagation du virus, chaque citoyen est invité à réduire ses déplacements et ses rencontres au maximum. Seules les exceptions suivantes sont tolérées :

  • trajet entre le domicile et le travail
  • sortie à proximité du domicile pour aller faire ses courses ou aller à la pharmacie
  • sortie pour des motifs de santé
  • sortie pour des motifs familiaux impérieux (aide à une personne vulnérable, garde d’enfants, etc.)
  • sortie brève, à proximité du domicile, pour une activité physique individuelle

Chaque sortie doit être justifiée. Pour ce faire, il faudra se munir d’un document attestant sur l’honneur le motif de son déplacement. L’attestation peut être retranscrite sur papier libre ou remplie directement sur son smartphone. Le gouvernement a annoncé le déploiement de 100 000 policiers sur le territoire pour veiller à ce que ces consignes soient respectées. Des contrôles seront donc régulièrement effectués. Le non respect de ces règles entraînera une amende de 38 euros ; amende qui pourra à terme être portée à 135 euros.

Évidemment, les gestes barrières doivent être appliqués à chaque sortie.

  • Les transports en commun et interurbains continuent de fonctionner mais avec un trafic fortement réduit.
  • La France, et tous les autres pays membres de l’Union Européenne, ont décidé de fermer leurs frontières pour une durée minimale de 30 jours. Là encore, quelques exceptions sont envisagées…notamment pour les européens bloqués à l’étranger et qui souhaiteraient rentrer dans leur pays. Si tel est votre cas, il vous faut urgemment prendre attache avec l’ambassade française de la ville où vous vous trouvez.

Ce que vous pouvez faire, en plus, pour aider.

Oui, il y a un certain nombre d’inconnus. Oui, les mesures sont contraignantes. Oui, il y aura un avant et un après cette crise sanitaire mondiale. Mais rien de tout ça ne nous empêche d’inventer de nouvelles solidarités, de nous rendre disponibles pour nos proches et nos voisins (dans le respect des consignes, évidemment) et de contribuer à la lutte contre cette pandémie.

  • Si vous le pouvez, n’hésitez pas à proposer de l’aide à vos voisins les plus vulnérables. Laissez-leur un mot ou passez-leur un coup de fil : ils auront peut-être besoin de courses, d’informations ou autre.
  • Prenez des nouvelles de vos proches par message ou téléphone, et encouragez-les à en faire de même avec leurs propres cercles amicaux et familiaux.
  • Peut-être pouvez-vous offrir de votre temps pour soutenir des associations, notamment à travers des activités à distance ? Contactez-les par mail ou téléphone et proposez vos compétences.
  • Sur les réseaux sociaux, des citoyens ont appelé à rendre hommage tous les soirs aux personnels de santé qui sont tous les jours en première ligne contre ce virus. L’idée est simple : à 19h, on sort sur son balcon et on applaudit ! Si vous le faites, n’hésitez pas à nous envoyer vos images.

Prenez soin de vous et de vos proches.

Nous vous l’annoncions il y a quelques semaines, les imams et cadres religieux vont enfin être dotés d’une structure collaborative à leur service : l’union des imams. Fruit d’un travail et d’un recensement des besoins sur plusieurs années, cette structure, portée par la Plateforme L.E.S Musulmans, vise à aider, à accompagner et à soutenir les ministres du culte musulman dans l’accomplissement de leur mission.

Cette démarche organique ne vient en aucun cas remplacer ou concurrencer des organisations théologiques pré-existantes, comme tient à le rappeler Abdelmonaïm Boussena, co-fondateur de la Plateforme L.E.S Musulmans et l’un des coordinateurs de l’Union des Imams :

« Nous regardons avec beaucoup de respect les instances religieuses créées dans le passé, qui ont essayé de faire au mieux, avec chacune leurs forces et leurs faiblesses. C’est pourquoi notre démarche n’a pas vocation à remplacer leur réflexion théologique ou institutionnelle, mais à compléter ce travail en répondant à un double objectif très concret : d’une part accompagner professionnellement les imams – comme le ferait un syndicat -, d’autre part créer un cadre dans lequel ils peuvent travailler ensemble. »

En effet, si l’essentiel des travaux passés autour des imams ont porté sur des questions théologiques ou de représentation au sein des fédérations, les religieux musulmans ont rarement été réellement pris en compte sur le plan strictement professionnel, comme le relève Naziha, présidente de la Plateforme L.E.S Musulmans :

« On demande à nos imams d’être compétents sur tout. Ils doivent diriger la prière, répondre à des questions religieuses, nous aider dans nos litiges personnels, donner des cours, orienter nos jeunes sur le bon chemin, faire du soutien psychologique… et parfois même entretenir la mosquée. Mais qui se soucie de leur statut professionnel, de leur bien-être, de leur formation ou de leurs droits ? À l’heure où certains voudraient marginaliser les imams, si l’on veut que nos cadres religieux soient à la hauteur des immenses enjeux de la communauté musulmane, nous devons leur en fournir les moyens. »

C’est pour cette raison que l’Union des Imams privilégie des services concrets et souples, en direction des religieux musulmans, partout sur le territoire français. On peut citer quelques-uns de ces services :

  • Du conseil social et juridique, afin que les imams puissent connaître leurs droits et être accompagnés et soutenus, lorsqu’ils en ont besoin.
  • Des formations continues, sur toutes les compétences connexes au métier d’imam : histoire, communication, sociologie, droit, psychologie. Les imams pourront suivre, selon leur choix, des modules conçus spécialement pour eux afin de renforcer leurs connaissances et de faciliter leur mission.
  • Une bourse de l’emploi, permettant aux imams qualifiés et disponibles de rapidement trouver une mission et, symétriquement, facilitant la démarche pour les mosquées et les instituts qui recrutent, en leur donnant accès à des imams bien formés.
  • Des rencontres et des séminaires : grâce au soutien logistique, organisationnel et financier de la Plateforme L.E.S Musulmans, les imams membres de l’Union auront accès à des évènements où ils peuvent se rencontrer ensemble, travailler sur des thématiques précises sous forme de séminaires professionnels afin d’enrichir l’état de la réflexion sur les questions théologiques qui touchent les musulmans.

L’ensemble de ce dispositif est complété par des boucles de discussions et d’échanges informels, permettant aux imams de mieux se connaitre, de tisser des liens de confiance et de se tenir informés.

Sans surprise et dès son lancement, l’Union des Imams a été saluée et largement soutenue par les premiers concernés, puisqu’ils sont déjà plus de 200 à avoir rejoint le dispositif. Rachid El Jay, co-fondateur de la Plateforme L.E.S Musulmans et l’un des animateurs de l’Union des Imams, résume :

« Il y a une incroyable diversité parmi nous et c’est une richesse. On n’est pas d’accord sur tout, mais on se respecte professionnellement, puisqu’on essaie tous d’œuvrer dans le même sens : celui du vivre-ensemble et de l’unité. Je pense que ce qui a plu à beaucoup d’imams, c’est l’aspect cadré et concret de la démarche : l’Union des Imams a vocation à leur être utile, au quotidien. »

Après cette phase de genèse couronnée de succès, l’Union des Imams vivra sa première rencontre nationale dans les semaines qui viennent.

Ils sont plus de 350 à travers la France à avoir proposé leur candidature ou recommandé quelqu’un, pour le projet #100VOIX. Pour rappel, ce projet vise à former 100 personnes à la prise de parole et à la communication, afin de montrer la diversité et la richesse des communautés musulmanes en France, tout en mettant en valeur le parcours de ces personnes inspirantes.

Nada, cheffe de projet pour la Plateforme L.E.S Musulmans, nous en dit plus : « Il s’agit d’abord de répondre à une priorité identifiée par les musulmans, lors de la grande consultation nationale menée en 2018. En effet, l’image des musulmans et le traitement médiatique avaient été identifiés comme un enjeu majeur. »

Parmi les réponses les plus récurrentes sur le sujet, deux idées se dégageaient :

La première : certains médias ne s’intéressent aux musulmans que lorsqu’il y a un problème, avec une volonté constante de stigmatiser, par le biais de reportages anxiogènes ou de plateaux télévisés plus proches du café du commerce que du débat d’idées journalistique.

La seconde : il existe partout en France des initiatives locales et des personnes de confession musulmane qui ont des choses importantes et intéressantes à dire, pour peu qu’on leur donne la parole. Il faudrait rendre visible ces personnes dans les conférences et dans les médias, afin d’améliorer l’image et la représentation des musulmans.

C’est précisément ce que vise le projet #100VOIX, en formant des personnes, mais aussi en les mettant en valeur, afin d’enrichir le récit et l’image des musulmans vivant en France. Cela permettra également de découvrir de nouveaux talents et de nouvelles compétences, pour renforcer l’offre de conférences et d’enseignements, à destination des communautés locales, dans des domaines aussi variés que l’économie, la santé ou l’entrepreneuriat.

Pour ce faire, il a fallu mettre en place une réelle méthodologie, comme nous l’explique Ghassane, coordinateur du projet #100VOIX :

« Dans un premier temps, nous avons lu et soigneusement analysé toutes les candidatures, afin de sélectionner celles qui correspondaient le mieux à cette première phase du projet, en cherchant à respecter au mieux la diversité des parcours : une bonne distribution géographique, des hommes et des femmes, des origines et des parcours différents, un large éventail de catégories associatives et professionnelles, différentes classes d’âge et différentes sensibilités religieuses et citoyennes.

Ensuite, durant les dernières semaines, nous avons rencontré individuellement les candidats retenus pour cette deuxième phase du processus, afin de mieux comprendre leur motivation et leur parcours, puis répondre à toutes leurs questions sur le projet et le contenu des formations. Les candidats ont aussi pu se rencontrer et tisser des liens entre eux. »

Cette diversité de parcours est l’une des grandes forces du projet, puisqu’elle donne la mesure de la réalité des communautés musulmanes locales, où toutes les compétences existent. Mihane, co-fondatrice de la Plateforme L.E.S Musulmans, nous l’explique :

« Nous avons été tellement touchés par l’engouement et la richesse des parcours. Même si nous le savions déjà, c’était vraiment émouvant de rencontrer ces héros anonymes qui accomplissent des miracles au quotidien.

Ils sont enseignants, médecins, entrepreneurs, ouvriers, imams. Ils sont étudiants, sportifs de haut niveau ou élus locaux. De toutes les origines. Parfois avec des parcours accidentés. Parfois des réussites exceptionnelles. Mais ils ont tous en commun une lumière, un espoir, une profonde envie d’aider, de participer, de donner aux autres un peu de ce qu’ils ont reçu. »

L’équipe du projet #100VOIX finalisera les séquences d’entretien dans les jours qui viennent, puis le cursus pourra commencer.

La première formation aura lieu en mars et le groupe sera réuni à Paris pour ce moment important. On a vraiment hâte de vous les présenter !

C’est reparti pour un tour. Mardi 29 octobre, les sénateurs seront appelés à voter pour l’adoption d’une loi contre les mamans accompagnatrices scolaires portant un hijab.

Malgré la décision du Conseil d’Etat, le retoquage en juin dernier par les sénateurs d’un amendement liberticide et la mise au point publique du Premier ministre Edouard Philippe, le 15 octobre dernier, un nouveau vote se tiendra au Sénat.

La plateforme L.E.S. Musulmans a mis en place un formulaire en ligne pour permettre à toutes et à tous d’interpeller ses élus locaux en quelques clics. Nous vous invitons à cliquer sur le lien suivant pour demander à votre élu de s’opposer à ce nouveau scrutin sénatorial : Mamans accompagnatrices : interpellez votre élu, demandez-lui de prendre position contre un nouveau vote au Sénat le 29 octobre.

Un peu plus d’un an après le lancement de la plateforme L.E.S. Musulmans, Abdelmonaim Boussenna et Marwan Muhammad ont répondu en direct aux questions des internautes.

Le direct a été enregistré et mis en ligne sur notre page Youtube officielle.

Abonnez-vous à la chaîne Youtube de la plateforme : L.E.S. Musulmans sur Youtube.

Auditionné mardi 8 octobre devant la commission des lois de l’Assemblée nationale, Christophe Castaner, ministre de l’Intérieur, s’est employé à lister différents critères, signes selon lui d’une « radicalisation islamiste ».

Parmi ces prétendus signes, le port de la barbe, la pratique régulière de la prière, une pratique religieuse « particulièrement exacerbée » au mois de ramadan ou encore la tabaa, callosité sur le front liée à la prosternation – laquelle dépend grandement de l’épiderme de chacun.

La dérive est folle, les conséquences dangereuses. Avec une telle politique dite de « lutte contre la radicalisation », le gouvernement ne combattra pas les terroristes, mais bien les musulmans. Les forces de l’ordre seront d’autant plus occupées que lesdits signes sont monnaie courante, puisqu’ils relèvent d’une pratique usuelle de l’islam. Non seulement le gouvernement ne luttera en rien contre le terrorisme, mais encore lui laissera-t-il le champ libre et validera la légitimation structurelle de l’islamophobie.

Cette sortie du ministre de l’Intérieur n’a pas échappé au député M’jid El Guerrab : « un signalement, d’une faible ou d’intensité, c’est quoi ? Qui évalue le signalement ? », a-t-il interrogé.

Sur Twitter, les propos de Christophe Castaner ont provoqué un tollé ; tant et si bien que ce soir à 19h on comptait près de 30 000 tweets avec le hashtag sarcastique #SignaleUnMusulman. En voici quelques-uns.

 

 

 

 

 

Où en est la plateforme LES Musulmans ?  Pourquoi ce terme « plateforme » au juste ? Et qu’en est-il des projets esquissés il y a de cela 1 an maintenant suite à la Consultation des Musulmans ?

Vous vous posez de nombreuses questions. Nous vous répondons en toute transparence.

L.E.S. Musulmans : la mission

Forte d’un engagement rassembleur, basé sur un socle éthique solide, la plateforme aspire à faire collaborer tous les musulmans qui le souhaitent, pour le bien commun de façon organique, structurelle et unifiée.

Directement impliqués et conscients de leurs rôles, ils peuvent réfléchir, concevoir, réaliser et évaluer des projets de manière participative, sérieuse et professionnelle.

Ainsi rassemblés, les musulmans participent à leur propre émancipation et à leur propre organisation, tout en continuant à apporter toute leur part de projets constructifs et utiles, au-delà de leur communauté de foi.

La plateforme LES Musulmans se place donc dans une approche d’intelligence collective qui englobe des citoyens, des cadres associatifs, des représentants religieux, des dirigeants de services aux musulmans de tous bords (éducatif, économique, social, citoyen…) ainsi que des structures musulmanes (mosquées, associations, fédérations).

Ceci pour agir de manière autonome et constructive, sur toutes les questions relatives à l’amélioration de la vie quotidienne des musulmans de France.

Nous agissons conformément à cette intelligence collective et aux besoins qui ont été exprimés. Des besoins mesurés à la fois quantitativement par plus de 27000 musulmans en 2018 lors de la « Consultation des musulmans » et qualitativement grâce au diagnostic de nombreux responsables associatifs de tout bords partout sur le territoire français.

La méthodologie de travail adoptée est participative et la plateforme n’a aucune velléité hégémonique, ni vocation à supplanter les organisations et fédérations existantes.

S’inscrivant dans une logique bottom-up (à partir de la base nldr.) pour enfin adresser la raison fondamentale de l’échec de la plupart des projets précédents, ayant eu pour ambition d’organiser par le haut (top-down nldr.) des communautés qui sont les plus à mêmes d’oeuvrer sur les questions qui les concernent.

Le terme de « plateforme » a été choisi pour décrire une culture organisationnelle, participative, horizontale, emulative et créatrice de synergies. Bref, un lieu où on peut tous se retrouver.

Enfin, la parole est donnée aux principaux concernés.

L.E.S. Musulmans : les projets

Les projets actuels de la plateforme sont au nombre de huit. Ces projets, dans leur mise en œuvre, observent un ordre de priorité choisi par les musulmans eux-mêmes lors de la Consultation.

Ils se déclinent de la manière suivante : d’une part les projets prioritaires de cette fin d’année 2019 et les projets qui leurs emboîterons le pas, d’autre part.

1. La représentation des musulmans dans le champ médiatique

Première préoccupation des musulmans français en 2018 d’après la Consultation, les citoyens de confessions musulmane se sentent mal représentés voir caricaturés dans les médias. À la suite d’une levée de 50 000€ cet été pour employer un vidéaste professionnel, le pôle communication peut enfin se structurer professionnellement autour d’une équipe  en ce mois d’octobre 2019.

Il a pour mission de mettre la lumière sur une présence positive avec une communication proche du terrain qui reflète mieux la réelle contribution des musulmans au pays. Pour y répondre, plusieurs projets sont en lancement dont, la production de contenus vidéos et de reportages, la formation de 100 personnes à la prise de parole médiatique et le développement d’un média écrit, directement sur le site de la plateforme.

2. L’Assemblée des Imams

Le premier grand chantier initié suite à la création de la plateforme collaborative L.E.S. Musulmans est l’Assemblée des Imams. Ce projet prévoit la mise en place d’une structure d’accompagnement professionnel et éducatif pour les imams, et permettra en outre la création d’un espace de dialogue et  de coopération positive entre ces acteurs  majeurs de la communauté. C’est également l’assurance d’avoir accès à des interlocuteurs crédibles et formés, au service de tous.

L’autonomie et le respect souhaités pour la fonction d’imam, ainsi que l’attachement pour les sources authentiques de l’Islam, permettent au fil du temps de faire émerger un positionnement d’unité parmi l’ensemble des acteurs. Ainsi, sans céder à la tentative de nous imposer un « grand Imamat de France » et aux exigences politiques du moment, nous aurons des acteurs qui répondent aux interrogations de leurs coreligionnaires, parce qu’ils sont formés et connaissent le contexte dans lequel nos concitoyens vivent.

Si ce projet atteint ses ambitions, nous aurons alors réussi le consensus par le travail plutôt que par l’injonction.

3. Les rites funéraires

Le manque d’infrastructures funéraires, le manque de lisibilité du secteur des pompes funèbres pour le commun des musulmans, les lacunes en éducation religieuse sur les rites funéraires et de maîtrise de la réglementation en vigueur relative aux infrastructures conforme aux rites islamiques, ont amené LES Musulmans à la création d’un pôle de travail dédié.

À terme, les musulmans auront accès à une structure d’accompagnement pour les familles, du moment du décès à l’inhumation qui respecte la dignité humaine, les principes islamiques, la réglementation et les lois.

Cette structure à pour ambition à terme de proposer un certain nombre de solutions aux fidèles comme : la mise en place d’un numéro vert pour orienter les familles lors du décès, l’identification des pompes funèbres sérieuses dans chaque département, la négociation d’un tarif conventionné pour la prise en charge, la création d’une plateforme de prévention et d’éducation sur le sujet, la mise en place d’un fond commun pour la prise en charge des nécessiteux, et enfin la création d’un carré musulman par département.

Les cinq autres projets à venir…

Suite à ces trois projets prioritaires, un certain nombre de projets non moins important leurs emboîterons le pas ; à commencer par le projet zakât ayant pour but d’organiser la collecte et la distribution à l’échelle nationale, mais aussi à éduquer les musulmans sur ce pilier fondamental à mettre en œuvre.

Ce projet zakât sera audité et transparent, piloté par des savants religieux qui se chargeront d’identifier les priorités d’allocation en respectant les ayant-droits légiférés de la zakât.

Lui succéderont un pôle de conseil et de services aux mosquées, constitué d’enseignants en théologie, pour structurer l’éducation islamique dans les mosquées en élaborant un programme nivelé couplé d’examens nationaux. Ce pôle proposera également aux mosquées et associations du conseil juridique, comptable et organisationnel, ainsi que l’accès à une centrale d’achat.

L’enseignement privé musulman se dotera également d’une équipe projet constituée d’acteurs de terrain, de spécialistes afin d’accompagner les porteurs de projets et les chefs d’établissements au regard de la pédagogie, de l’administration, de la gestion financière et juridique, afin d’assurer l’excellence et la qualité de ces établissements scolaires.

Un pôle de conseil et d’audit du Hajj sera mis en place pour offrir un support aux musulmans durant les différentes étapes encadrant l’accomplissement de ce pilier. Le pôle agira pour protéger contre les arnaques et proposer des formules conformes aux moyens et aux souhaits des fidèles.

Finalement à date, le programme humanitaire, structuré pour permettre d’établir et de préserver la confiance dans les organismes humanitaires, tout en aidant à améliorer leur gestion de projet, leur communication, leur transparence financière et l’évaluation de leur impact à travers un label de qualité.

L.E.S. Musulmans : la stratégie

La mission de La plateforme L.E.S. Musulmans s’appuie sur trois étapes : (1) opérer un diagnostic informé de la condition des musulmans, permettant (2) la conception d’une compréhension et d’une intelligence collective qui (3) permet d’améliorer leur situation.

Notre plateforme se positionne donc comme un acteur central choisi par les musulmans eux-mêmes pour défendre, organiser et accompagner leurs projets, tout en préservant leur autonomie et en respectant leur diversité. Pour satisfaire cette mission, notre stratégie se fixe trois objectifs.

Le premier a une portée impliquant tous les citoyens : la protection.

Cela concerne la préservation de l’intégrité des musulmans de par leur théologie, leurs croyances, leur foi, leurs lieux de culte, leurs textes sacrés, leurs imams… Cela concerne également leurs libertés fondamentales et sociales, leur héritage culturel, leurs sépultures, leurs choix alimentaires, vestimentaires, éducatifs, etc. Et ce, en travaillant sur un socle commun et un plan rassembleur, loin des clivages.

« Si notre présent est parfois divisé, notre espoir doit être commun.»

Les suivants concernent et impliquent principalement les musulmans eux-mêmes : la construction puis la gouvernance.

La construction, ayant pour but d’élaborer ensemble les solutions pérennes qui répondent aux problématiques quotidiennes des musulmans et anticipent les obstacles futurs.

D’abord avec les missions précédemment priorisées, puis en utilisant une méthode itérative : documenter, renforcer et adapter les solutions existantes des acteurs de terrain lorsqu’elles existent. Pour ensuite, les déployer au niveau national à chaque fois que cela est possible. Et lorsque les solutions n’existent pas encore, il s’agira de les co-construire avec les musulmans eux-mêmes, en les plaçant au cœur du dispositif.

Finalement, la gouvernance permettant de décider ensemble d’une meilleure gestion, sérieuse et autonome, de tous les sujets qui touchent de près ou de loin à la vie quotidienne des musulmans. C’est un exercice continuel d’intelligence collective, mettant le bien des musulmans au centre de sa préoccupation, permettant de dégager l’énergie nécessaire à la conduite du changement par et pour les musulmans, ainsi que l’ensemble de la communauté nationale.

Il y a quatre jours, La plateforme L.E.S. Musulmans alertait et dénonçait fermement la montée des propos islamophobes qui ont ponctué les débats de manière répétée, sur plusieurs plateaux télévisés, notamment sur CNEWS, BFM et LCI.

La « convention de la droite » qui a eu lieu ce samedi et sa diffusion en direct sur LCI marquent un nouveau pallier dans l’abjection : une audience clairement hostile et alimentée de discours remplis de mensonges, de racisme, d’islamophobie, de xénophobie, qui se solde ouvertement par une déclaration de guerre à une partie de la population française : les musulmans.

Toutes les lignes rouges sont franchies. Les propos incitant au passage à l’acte sont explicites.

Donc aujourd’hui, nous avons largement dépassé le stade des débats avec des invités, même sans parole contradictoire. Aujourd’hui, une partie de la presse a ouvertement et sciemment été complice d’une violente stigmatisation et d’un acharnement haineux envers les musulmans.

Nous avons assisté à une coupable complicité de la part de la chaîne LCI, qui a diffusé et légitimé les paroles de cette convention de « l’extrême droite ». LCI, dont le mandat est d’informer le public, a déroulé le tapis rouge pour qu’Eric Zemmour, maintes fois condamné par la justice pour des propos haineux, puisse avoir une tribune libre, afin qu’il jette en pâture sur la place publique une communauté religieuse bien précise.

Sans revenir explicitement sur la substance des discours déversés, ne citons que la comparaison entre l’islam et le nazisme, qui résume largement toute la monstruosité des propos tenus. Les théoriciens du « grand remplacement » et de « l’islamisation de la France », qui ont déjà inspiré l’attentat de Christchurch (Nouvelle Zélande), se voient ainsi normalisés.

Nous rappelons que l’islamophobie décomplexée qui se banalise dans ces médias n’est pas sans conséquences. Les actes islamophobes, visant des imams, des femmes portant un foulard ou encore des mosquées, se sont succédé ces dernières semaines, sans que cela n’émeuve plus que cela des médias et des figures politiques, souvent les premières à s’indigner (légitimement) quand d’autres minorités religieuses sont visées.

A quoi s’attendre à présent ? LCI réalise-t-elle la gravité et l’ampleur de sa responsabilité ?

La chaîne publie un communiqué à minima, reconnaissant « à demi-mot » une erreur, qui ne concerne selon elle que le format qui n’est pas « approprié ». Le fond serait-il plus acceptable ? Par ce manquement et ce déni de responsabilité, la chaîne aggrave la situation, en ne tirant aucune leçon de ce fiasco.

Dans ce contexte d’acharnement indigne dirigé vers les musulmans, La Plateforme a saisi le Conseil Supérieur de l‘Audiovisuel (CSA) afin qu’il prenne toute la mesure de la situation, afin d’agir en conséquence.

Nous réitérons notre appel : il est temps que le CSA, comme il l’a récemment fait à travers des sanctions lourdes sur d’autres dossiers, prenne ses responsabilités face à la monté et à la banalisation de la parole islamophobe. (Notre courrier du 26 septembre)

Le CSA doit plus que jamais pleinement jouer son rôle afin de faire cesser les diffusions de tels propos qui mettent en danger la vie des citoyens français de confession musulmane.

Un précédent inacceptable est créé. L’heure est grave. Mobilisons-nous !

Nous invitons chacun d’entre vous à agir :

1) Saisissez le CSA concernant cette diffusion du discours de Zemmour ce 28 septembre 2019.

2) Rejoignez-nous sur notre page de mobilisation

3) Diffusez cette information autour de vous.