Ils s’appellent Omar, Imen, Alexis, Houcine et Farida. Ils sont ingénieur, auditeur financier, entrepreneur ou conseiller professionnel. Ils ont fondé l’un des projets socio-économiques les plus prometteurs du pays, en liant l’accompagnement à l’emploi à la lutte contre l’exclusion sociale et les discriminations. Ce jeudi 27 février 2020, ils organisent un salon de l’emploi novateur.

Décryptage et interview avec l’équipe de Booster d’Avenir, en exclusivité pour la plateforme L.E.S.M avec laquelle un partenariat se dessine. On parle de tout ça, et bien plus, dans cette interview.

Pouvez-vous nous présenter votre association, pour nos lecteurs et abonnés ?

Équipe Booster d’Avenir : Nous sommes un réseau de deux structures de l’économie sociale et solidaire, avec une association mère (Booster d’Avenir) et une autre structure (Family Boost).

Booster d’Avenir a trois missions :

Sensibiliser et fédérer les entreprises, les acteurs sociaux, institutionnels et communautaires sur les questions d’exclusion, de précarité et de discrimination

Favoriser la création d’emploi et l’autonomie d’action

– Innover en créant des solutions là où elles n’existent pas ou sont insuffisantes

Family Boost (une startup de services à la personne), qui lance ses activités le 15 mars prochain, a pour objectif d’employer une centaine de personnes par an, en contrat d’insertion. Nous visons en particulier les réfugiés et les personnes avec un bas niveau de qualification.

Les revenus ainsi générés par Family Boost servent à développer la structure et à financer les activités sociales de Booster d’Avenir. Et inversement, Booster d’Avenir peut permettre de détecter et d’accompagner des futurs salariés ou des futurs bénéficiaires de Family Boost.

Les deux structures ont été réellement pensées en synergie.

Les objectifs sont magnifiques et, si on comprend bien, fonctionneraient ensemble, avec un moteur économique et un moteur social. Vous organisez aujourd’hui à Lyon un premier salon de l’emploi sur un modèle original. Est-ce que vous pouvez nous en dire plus ?

Équipe Booster d’Avenir : Le salon de l’emploi, de l’inclusion et de la diversité est une action de sensibilisation des acteurs économiques (principalement les entreprises) et institutionnels, sur la question de l’inclusion des personnes en situation d’exclusion sociale ou en situation de discrimination, quelles qu’en soient les formes.

Comment ça marche ?

  • Pendant deux mois, nous préparons gratuitement et bénévolement 200 candidats.
  • Puis, nous organisons et les retrouvons durant le salon où nous les mettons en relation avec nos entreprises partenaires, qui ont une démarche d’inclusion de la diversité
  • Enfin, nous accompagnons les entreprises et les candidats recrutés dans l’intégration et le maintien dans l’emploi durable

Notre notion de diversité inclut toutes les personnes, quelles que soient leurs origines ou leur religion. Dans ce projet, toutes les personnes en recherche d’emploi, faisant souvent face à un blocage, sont les bienvenues, qu’elles soient des séniors, des réfugiés, des femmes portant un foulard, des personnes sans forte qualification, etc.

L’événement est entièrement financé par l’association. Nous ne touchons rien, ni des candidats, ni des entreprises.

Si le projet va à son terme comme vous l’espérez (et c’est tout le bien que l’on vous souhaite), quel impact anticipez-vous dans la vie des participants ? Par ailleurs, même si le projet s’adresse à tout le monde, est-ce qu’il y a des aspects qui affectent plus particulièrement les citoyens de confession musulmane ?

Équipe Booster d’Avenir : Comme vous l’avez relevé, notre projet s’adresse à tous. Et pour être le plus utile et le plus impactant, il doit être d’autant plus accessible aux personnes les plus marginalisées. Ce public qu’on appelle « les invisibles ». Ceux dont personne ne s’occupe vraiment. On va les chercher dans leur environnement social, on leur tend la main et on mobilise toutes nos compétences et notre réseau pour leur permettre de rencontrer directement des entreprises qui ont une dimension d’inclusion.

S’agissant des musulmans, il n’y a pas d’exception ou de spécificité dans notre prise en charge mais, compte tenu de leur situation ou de leur origine sociale, beaucoup d’entre eux sont particulièrement affectés par les problèmes que l’on essaie de résoudre : malheureusement, l’exclusion sociale touche particulièrement les quartiers populaires, où il y a une surreprésentation de personnes de confession et de culture musulmane, avec des marqueurs d’origine, de religion et d’appartenance sociale qui les surexposent à la discrimination. Il est donc statistiquement et sociologiquement logique de constater que ce public représente près de 70 % des 200 candidats qu’on accompagne dans le cadre de ce salon.

On est d’autant plus convaincus par votre initiative qu’on partage le même état d’esprit, même si on œuvre à des niveaux et dans des domaines sensiblement différents, bien que connexes et complémentaires. Sur le fond, qu’est-ce qui vous a motivés le plus dans le lancement de ce projet, alors même que vous avez tous vos vies personnelles, vos carrières et vos projets à gérer en même temps ?

Équipe Booster d’Avenir : Pour être très clairs, notre motivation principale est simple : trouver des solutions sur le long terme pour les personnes en situation d’exclusion. Proposer autre chose que des solutions immédiates et peu durables. Agir sur les facteurs profonds de ces problèmes menant à la précarité, plutôt que d’uniquement s’émouvoir de leurs conséquences.

Pour nous c’est cette approche qui apporte la dignité et l’autonomie aux bénéficiaires de nos projets, plutôt que de les maintenir dans une situation de fragilité voire parfois de dépendance. Ces valeurs de dignité et d’autonomie sont centrales pour nous. Mais ce sont des valeurs que la Plateforme L.E.S.M partage aussi…

Justement, en parlant de convergences de valeurs et de coopération, il y a un partenariat qui se tisse entre Booster d’Avenir et la Plateforme L.E.S.M. Concrètement, comment voyez-vous les choses dans le futur ?

Équipe Booster d’Avenir : On a un très gros volet sensibilisation, au niveau national. La gestion et la prévention de l’exclusion sociale sont des responsabilités collectives, notamment pour les premiers touchés, dont de nombreuses personnes sont issues des quartiers populaires (mais pas uniquement) et/ou font partie de publics affinitaires, comme les communautés musulmanes locales (mais pas uniquement).

Ce défi colossal, on ne peut le relever qu’en travaillant ensemble.

Si la Plateforme L.E.S.M pouvait se saisir de cette question de sensibilisation et d’éducation, afin de faire en sorte de porter cette voix : agir sur le long terme et sur les facteurs, alors Booster d’Avenir sera heureux d’apporter son expertise dans toutes les réponses à mettre en œuvre. Ce travail de synergie permettra de décupler l’impact de ce qu’on souhaite faire au niveau local, tout en fournissant des solutions concrètes aux gens qui vivent l’exclusion et la précarité.

C’est pourquoi nous sommes heureux de ce partenariat qui se concrétise aujourd’hui.

La plateforme aussi 😉

 

 

 

Nous vous l’annoncions il y a quelques semaines, les imams et cadres religieux vont enfin être dotés d’une structure collaborative à leur service : l’union des imams. Fruit d’un travail et d’un recensement des besoins sur plusieurs années, cette structure, portée par la Plateforme L.E.S Musulmans, vise à aider, à accompagner et à soutenir les ministres du culte musulman dans l’accomplissement de leur mission.

Cette démarche organique ne vient en aucun cas remplacer ou concurrencer des organisations théologiques pré-existantes, comme tient à le rappeler Abdelmonaïm Boussena, co-fondateur de la Plateforme L.E.S Musulmans et l’un des coordinateurs de l’Union des Imams :

« Nous regardons avec beaucoup de respect les instances religieuses créées dans le passé, qui ont essayé de faire au mieux, avec chacune leurs forces et leurs faiblesses. C’est pourquoi notre démarche n’a pas vocation à remplacer leur réflexion théologique ou institutionnelle, mais à compléter ce travail en répondant à un double objectif très concret : d’une part accompagner professionnellement les imams – comme le ferait un syndicat -, d’autre part créer un cadre dans lequel ils peuvent travailler ensemble. »

En effet, si l’essentiel des travaux passés autour des imams ont porté sur des questions théologiques ou de représentation au sein des fédérations, les religieux musulmans ont rarement été réellement pris en compte sur le plan strictement professionnel, comme le relève Naziha, présidente de la Plateforme L.E.S Musulmans :

« On demande à nos imams d’être compétents sur tout. Ils doivent diriger la prière, répondre à des questions religieuses, nous aider dans nos litiges personnels, donner des cours, orienter nos jeunes sur le bon chemin, faire du soutien psychologique… et parfois même entretenir la mosquée. Mais qui se soucie de leur statut professionnel, de leur bien-être, de leur formation ou de leurs droits ? À l’heure où certains voudraient marginaliser les imams, si l’on veut que nos cadres religieux soient à la hauteur des immenses enjeux de la communauté musulmane, nous devons leur en fournir les moyens. »

C’est pour cette raison que l’Union des Imams privilégie des services concrets et souples, en direction des religieux musulmans, partout sur le territoire français. On peut citer quelques-uns de ces services :

  • Du conseil social et juridique, afin que les imams puissent connaître leurs droits et être accompagnés et soutenus, lorsqu’ils en ont besoin.
  • Des formations continues, sur toutes les compétences connexes au métier d’imam : histoire, communication, sociologie, droit, psychologie. Les imams pourront suivre, selon leur choix, des modules conçus spécialement pour eux afin de renforcer leurs connaissances et de faciliter leur mission.
  • Une bourse de l’emploi, permettant aux imams qualifiés et disponibles de rapidement trouver une mission et, symétriquement, facilitant la démarche pour les mosquées et les instituts qui recrutent, en leur donnant accès à des imams bien formés.
  • Des rencontres et des séminaires : grâce au soutien logistique, organisationnel et financier de la Plateforme L.E.S Musulmans, les imams membres de l’Union auront accès à des évènements où ils peuvent se rencontrer ensemble, travailler sur des thématiques précises sous forme de séminaires professionnels afin d’enrichir l’état de la réflexion sur les questions théologiques qui touchent les musulmans.

L’ensemble de ce dispositif est complété par des boucles de discussions et d’échanges informels, permettant aux imams de mieux se connaitre, de tisser des liens de confiance et de se tenir informés.

Sans surprise et dès son lancement, l’Union des Imams a été saluée et largement soutenue par les premiers concernés, puisqu’ils sont déjà plus de 200 à avoir rejoint le dispositif. Rachid El Jay, co-fondateur de la Plateforme L.E.S Musulmans et l’un des animateurs de l’Union des Imams, résume :

« Il y a une incroyable diversité parmi nous et c’est une richesse. On n’est pas d’accord sur tout, mais on se respecte professionnellement, puisqu’on essaie tous d’œuvrer dans le même sens : celui du vivre-ensemble et de l’unité. Je pense que ce qui a plu à beaucoup d’imams, c’est l’aspect cadré et concret de la démarche : l’Union des Imams a vocation à leur être utile, au quotidien. »

Après cette phase de genèse couronnée de succès, l’Union des Imams vivra sa première rencontre nationale dans les semaines qui viennent.

Ils sont plus de 350 à travers la France à avoir proposé leur candidature ou recommandé quelqu’un, pour le projet #100VOIX. Pour rappel, ce projet vise à former 100 personnes à la prise de parole et à la communication, afin de montrer la diversité et la richesse des communautés musulmanes en France, tout en mettant en valeur le parcours de ces personnes inspirantes.

Nada, cheffe de projet pour la Plateforme L.E.S Musulmans, nous en dit plus : « Il s’agit d’abord de répondre à une priorité identifiée par les musulmans, lors de la grande consultation nationale menée en 2018. En effet, l’image des musulmans et le traitement médiatique avaient été identifiés comme un enjeu majeur. »

Parmi les réponses les plus récurrentes sur le sujet, deux idées se dégageaient :

La première : certains médias ne s’intéressent aux musulmans que lorsqu’il y a un problème, avec une volonté constante de stigmatiser, par le biais de reportages anxiogènes ou de plateaux télévisés plus proches du café du commerce que du débat d’idées journalistique.

La seconde : il existe partout en France des initiatives locales et des personnes de confession musulmane qui ont des choses importantes et intéressantes à dire, pour peu qu’on leur donne la parole. Il faudrait rendre visible ces personnes dans les conférences et dans les médias, afin d’améliorer l’image et la représentation des musulmans.

C’est précisément ce que vise le projet #100VOIX, en formant des personnes, mais aussi en les mettant en valeur, afin d’enrichir le récit et l’image des musulmans vivant en France. Cela permettra également de découvrir de nouveaux talents et de nouvelles compétences, pour renforcer l’offre de conférences et d’enseignements, à destination des communautés locales, dans des domaines aussi variés que l’économie, la santé ou l’entrepreneuriat.

Pour ce faire, il a fallu mettre en place une réelle méthodologie, comme nous l’explique Ghassane, coordinateur du projet #100VOIX :

« Dans un premier temps, nous avons lu et soigneusement analysé toutes les candidatures, afin de sélectionner celles qui correspondaient le mieux à cette première phase du projet, en cherchant à respecter au mieux la diversité des parcours : une bonne distribution géographique, des hommes et des femmes, des origines et des parcours différents, un large éventail de catégories associatives et professionnelles, différentes classes d’âge et différentes sensibilités religieuses et citoyennes.

Ensuite, durant les dernières semaines, nous avons rencontré individuellement les candidats retenus pour cette deuxième phase du processus, afin de mieux comprendre leur motivation et leur parcours, puis répondre à toutes leurs questions sur le projet et le contenu des formations. Les candidats ont aussi pu se rencontrer et tisser des liens entre eux. »

Cette diversité de parcours est l’une des grandes forces du projet, puisqu’elle donne la mesure de la réalité des communautés musulmanes locales, où toutes les compétences existent. Mihane, co-fondatrice de la Plateforme L.E.S Musulmans, nous l’explique :

« Nous avons été tellement touchés par l’engouement et la richesse des parcours. Même si nous le savions déjà, c’était vraiment émouvant de rencontrer ces héros anonymes qui accomplissent des miracles au quotidien.

Ils sont enseignants, médecins, entrepreneurs, ouvriers, imams. Ils sont étudiants, sportifs de haut niveau ou élus locaux. De toutes les origines. Parfois avec des parcours accidentés. Parfois des réussites exceptionnelles. Mais ils ont tous en commun une lumière, un espoir, une profonde envie d’aider, de participer, de donner aux autres un peu de ce qu’ils ont reçu. »

L’équipe du projet #100VOIX finalisera les séquences d’entretien dans les jours qui viennent, puis le cursus pourra commencer.

La première formation aura lieu en mars et le groupe sera réuni à Paris pour ce moment important. On a vraiment hâte de vous les présenter !

C’est reparti pour un tour. Mardi 29 octobre, les sénateurs seront appelés à voter pour l’adoption d’une loi contre les mamans accompagnatrices scolaires portant un hijab.

Malgré la décision du Conseil d’Etat, le retoquage en juin dernier par les sénateurs d’un amendement liberticide et la mise au point publique du Premier ministre Edouard Philippe, le 15 octobre dernier, un nouveau vote se tiendra au Sénat.

La plateforme L.E.S. Musulmans a mis en place un formulaire en ligne pour permettre à toutes et à tous d’interpeller ses élus locaux en quelques clics. Nous vous invitons à cliquer sur le lien suivant pour demander à votre élu de s’opposer à ce nouveau scrutin sénatorial : Mamans accompagnatrices : interpellez votre élu, demandez-lui de prendre position contre un nouveau vote au Sénat le 29 octobre.

Un peu plus d’un an après le lancement de la plateforme L.E.S. Musulmans, Abdelmonaim Boussenna et Marwan Muhammad ont répondu en direct aux questions des internautes.

Le direct a été enregistré et mis en ligne sur notre page Youtube officielle.

Abonnez-vous à la chaîne Youtube de la plateforme : L.E.S. Musulmans sur Youtube.

Auditionné mardi 8 octobre devant la commission des lois de l’Assemblée nationale, Christophe Castaner, ministre de l’Intérieur, s’est employé à lister différents critères, signes selon lui d’une « radicalisation islamiste ».

Parmi ces prétendus signes, le port de la barbe, la pratique régulière de la prière, une pratique religieuse « particulièrement exacerbée » au mois de ramadan ou encore la tabaa, callosité sur le front liée à la prosternation – laquelle dépend grandement de l’épiderme de chacun.

La dérive est folle, les conséquences dangereuses. Avec une telle politique dite de « lutte contre la radicalisation », le gouvernement ne combattra pas les terroristes, mais bien les musulmans. Les forces de l’ordre seront d’autant plus occupées que lesdits signes sont monnaie courante, puisqu’ils relèvent d’une pratique usuelle de l’islam. Non seulement le gouvernement ne luttera en rien contre le terrorisme, mais encore lui laissera-t-il le champ libre et validera la légitimation structurelle de l’islamophobie.

Cette sortie du ministre de l’Intérieur n’a pas échappé au député M’jid El Guerrab : « un signalement, d’une faible ou d’intensité, c’est quoi ? Qui évalue le signalement ? », a-t-il interrogé.

Sur Twitter, les propos de Christophe Castaner ont provoqué un tollé ; tant et si bien que ce soir à 19h on comptait près de 30 000 tweets avec le hashtag sarcastique #SignaleUnMusulman. En voici quelques-uns.

 

 

 

 

 

Où en est la plateforme LES Musulmans ?  Pourquoi ce terme « plateforme » au juste ? Et qu’en est-il des projets esquissés il y a de cela 1 an maintenant suite à la Consultation des Musulmans ?

Vous vous posez de nombreuses questions. Nous vous répondons en toute transparence.

L.E.S. Musulmans : la mission

Forte d’un engagement rassembleur, basé sur un socle éthique solide, la plateforme aspire à faire collaborer tous les musulmans qui le souhaitent, pour le bien commun de façon organique, structurelle et unifiée.

Directement impliqués et conscients de leurs rôles, ils peuvent réfléchir, concevoir, réaliser et évaluer des projets de manière participative, sérieuse et professionnelle.

Ainsi rassemblés, les musulmans participent à leur propre émancipation et à leur propre organisation, tout en continuant à apporter toute leur part de projets constructifs et utiles, au-delà de leur communauté de foi.

La plateforme LES Musulmans se place donc dans une approche d’intelligence collective qui englobe des citoyens, des cadres associatifs, des représentants religieux, des dirigeants de services aux musulmans de tous bords (éducatif, économique, social, citoyen…) ainsi que des structures musulmanes (mosquées, associations, fédérations).

Ceci pour agir de manière autonome et constructive, sur toutes les questions relatives à l’amélioration de la vie quotidienne des musulmans de France.

Nous agissons conformément à cette intelligence collective et aux besoins qui ont été exprimés. Des besoins mesurés à la fois quantitativement par plus de 27000 musulmans en 2018 lors de la « Consultation des musulmans » et qualitativement grâce au diagnostic de nombreux responsables associatifs de tout bords partout sur le territoire français.

La méthodologie de travail adoptée est participative et la plateforme n’a aucune velléité hégémonique, ni vocation à supplanter les organisations et fédérations existantes.

S’inscrivant dans une logique bottom-up (à partir de la base nldr.) pour enfin adresser la raison fondamentale de l’échec de la plupart des projets précédents, ayant eu pour ambition d’organiser par le haut (top-down nldr.) des communautés qui sont les plus à mêmes d’oeuvrer sur les questions qui les concernent.

Le terme de « plateforme » a été choisi pour décrire une culture organisationnelle, participative, horizontale, emulative et créatrice de synergies. Bref, un lieu où on peut tous se retrouver.

Enfin, la parole est donnée aux principaux concernés.

L.E.S. Musulmans : les projets

Les projets actuels de la plateforme sont au nombre de huit. Ces projets, dans leur mise en œuvre, observent un ordre de priorité choisi par les musulmans eux-mêmes lors de la Consultation.

Ils se déclinent de la manière suivante : d’une part les projets prioritaires de cette fin d’année 2019 et les projets qui leurs emboîterons le pas, d’autre part.

1. La représentation des musulmans dans le champ médiatique

Première préoccupation des musulmans français en 2018 d’après la Consultation, les citoyens de confessions musulmane se sentent mal représentés voir caricaturés dans les médias. À la suite d’une levée de 50 000€ cet été pour employer un vidéaste professionnel, le pôle communication peut enfin se structurer professionnellement autour d’une équipe  en ce mois d’octobre 2019.

Il a pour mission de mettre la lumière sur une présence positive avec une communication proche du terrain qui reflète mieux la réelle contribution des musulmans au pays. Pour y répondre, plusieurs projets sont en lancement dont, la production de contenus vidéos et de reportages, la formation de 100 personnes à la prise de parole médiatique et le développement d’un média écrit, directement sur le site de la plateforme.

2. L’Assemblée des Imams

Le premier grand chantier initié suite à la création de la plateforme collaborative L.E.S. Musulmans est l’Assemblée des Imams. Ce projet prévoit la mise en place d’une structure d’accompagnement professionnel et éducatif pour les imams, et permettra en outre la création d’un espace de dialogue et  de coopération positive entre ces acteurs  majeurs de la communauté. C’est également l’assurance d’avoir accès à des interlocuteurs crédibles et formés, au service de tous.

L’autonomie et le respect souhaités pour la fonction d’imam, ainsi que l’attachement pour les sources authentiques de l’Islam, permettent au fil du temps de faire émerger un positionnement d’unité parmi l’ensemble des acteurs. Ainsi, sans céder à la tentative de nous imposer un « grand Imamat de France » et aux exigences politiques du moment, nous aurons des acteurs qui répondent aux interrogations de leurs coreligionnaires, parce qu’ils sont formés et connaissent le contexte dans lequel nos concitoyens vivent.

Si ce projet atteint ses ambitions, nous aurons alors réussi le consensus par le travail plutôt que par l’injonction.

3. Les rites funéraires

Le manque d’infrastructures funéraires, le manque de lisibilité du secteur des pompes funèbres pour le commun des musulmans, les lacunes en éducation religieuse sur les rites funéraires et de maîtrise de la réglementation en vigueur relative aux infrastructures conforme aux rites islamiques, ont amené LES Musulmans à la création d’un pôle de travail dédié.

À terme, les musulmans auront accès à une structure d’accompagnement pour les familles, du moment du décès à l’inhumation qui respecte la dignité humaine, les principes islamiques, la réglementation et les lois.

Cette structure à pour ambition à terme de proposer un certain nombre de solutions aux fidèles comme : la mise en place d’un numéro vert pour orienter les familles lors du décès, l’identification des pompes funèbres sérieuses dans chaque département, la négociation d’un tarif conventionné pour la prise en charge, la création d’une plateforme de prévention et d’éducation sur le sujet, la mise en place d’un fond commun pour la prise en charge des nécessiteux, et enfin la création d’un carré musulman par département.

Les cinq autres projets à venir…

Suite à ces trois projets prioritaires, un certain nombre de projets non moins important leurs emboîterons le pas ; à commencer par le projet zakât ayant pour but d’organiser la collecte et la distribution à l’échelle nationale, mais aussi à éduquer les musulmans sur ce pilier fondamental à mettre en œuvre.

Ce projet zakât sera audité et transparent, piloté par des savants religieux qui se chargeront d’identifier les priorités d’allocation en respectant les ayant-droits légiférés de la zakât.

Lui succéderont un pôle de conseil et de services aux mosquées, constitué d’enseignants en théologie, pour structurer l’éducation islamique dans les mosquées en élaborant un programme nivelé couplé d’examens nationaux. Ce pôle proposera également aux mosquées et associations du conseil juridique, comptable et organisationnel, ainsi que l’accès à une centrale d’achat.

L’enseignement privé musulman se dotera également d’une équipe projet constituée d’acteurs de terrain, de spécialistes afin d’accompagner les porteurs de projets et les chefs d’établissements au regard de la pédagogie, de l’administration, de la gestion financière et juridique, afin d’assurer l’excellence et la qualité de ces établissements scolaires.

Un pôle de conseil et d’audit du Hajj sera mis en place pour offrir un support aux musulmans durant les différentes étapes encadrant l’accomplissement de ce pilier. Le pôle agira pour protéger contre les arnaques et proposer des formules conformes aux moyens et aux souhaits des fidèles.

Finalement à date, le programme humanitaire, structuré pour permettre d’établir et de préserver la confiance dans les organismes humanitaires, tout en aidant à améliorer leur gestion de projet, leur communication, leur transparence financière et l’évaluation de leur impact à travers un label de qualité.

L.E.S. Musulmans : la stratégie

La mission de La plateforme L.E.S. Musulmans s’appuie sur trois étapes : (1) opérer un diagnostic informé de la condition des musulmans, permettant (2) la conception d’une compréhension et d’une intelligence collective qui (3) permet d’améliorer leur situation.

Notre plateforme se positionne donc comme un acteur central choisi par les musulmans eux-mêmes pour défendre, organiser et accompagner leurs projets, tout en préservant leur autonomie et en respectant leur diversité. Pour satisfaire cette mission, notre stratégie se fixe trois objectifs.

Le premier a une portée impliquant tous les citoyens : la protection.

Cela concerne la préservation de l’intégrité des musulmans de par leur théologie, leurs croyances, leur foi, leurs lieux de culte, leurs textes sacrés, leurs imams… Cela concerne également leurs libertés fondamentales et sociales, leur héritage culturel, leurs sépultures, leurs choix alimentaires, vestimentaires, éducatifs, etc. Et ce, en travaillant sur un socle commun et un plan rassembleur, loin des clivages.

« Si notre présent est parfois divisé, notre espoir doit être commun.»

Les suivants concernent et impliquent principalement les musulmans eux-mêmes : la construction puis la gouvernance.

La construction, ayant pour but d’élaborer ensemble les solutions pérennes qui répondent aux problématiques quotidiennes des musulmans et anticipent les obstacles futurs.

D’abord avec les missions précédemment priorisées, puis en utilisant une méthode itérative : documenter, renforcer et adapter les solutions existantes des acteurs de terrain lorsqu’elles existent. Pour ensuite, les déployer au niveau national à chaque fois que cela est possible. Et lorsque les solutions n’existent pas encore, il s’agira de les co-construire avec les musulmans eux-mêmes, en les plaçant au cœur du dispositif.

Finalement, la gouvernance permettant de décider ensemble d’une meilleure gestion, sérieuse et autonome, de tous les sujets qui touchent de près ou de loin à la vie quotidienne des musulmans. C’est un exercice continuel d’intelligence collective, mettant le bien des musulmans au centre de sa préoccupation, permettant de dégager l’énergie nécessaire à la conduite du changement par et pour les musulmans, ainsi que l’ensemble de la communauté nationale.

Il y a quatre jours, La plateforme L.E.S. Musulmans alertait et dénonçait fermement la montée des propos islamophobes qui ont ponctué les débats de manière répétée, sur plusieurs plateaux télévisés, notamment sur CNEWS, BFM et LCI.

La « convention de la droite » qui a eu lieu ce samedi et sa diffusion en direct sur LCI marquent un nouveau pallier dans l’abjection : une audience clairement hostile et alimentée de discours remplis de mensonges, de racisme, d’islamophobie, de xénophobie, qui se solde ouvertement par une déclaration de guerre à une partie de la population française : les musulmans.

Toutes les lignes rouges sont franchies. Les propos incitant au passage à l’acte sont explicites.

Donc aujourd’hui, nous avons largement dépassé le stade des débats avec des invités, même sans parole contradictoire. Aujourd’hui, une partie de la presse a ouvertement et sciemment été complice d’une violente stigmatisation et d’un acharnement haineux envers les musulmans.

Nous avons assisté à une coupable complicité de la part de la chaîne LCI, qui a diffusé et légitimé les paroles de cette convention de « l’extrême droite ». LCI, dont le mandat est d’informer le public, a déroulé le tapis rouge pour qu’Eric Zemmour, maintes fois condamné par la justice pour des propos haineux, puisse avoir une tribune libre, afin qu’il jette en pâture sur la place publique une communauté religieuse bien précise.

Sans revenir explicitement sur la substance des discours déversés, ne citons que la comparaison entre l’islam et le nazisme, qui résume largement toute la monstruosité des propos tenus. Les théoriciens du « grand remplacement » et de « l’islamisation de la France », qui ont déjà inspiré l’attentat de Christchurch (Nouvelle Zélande), se voient ainsi normalisés.

Nous rappelons que l’islamophobie décomplexée qui se banalise dans ces médias n’est pas sans conséquences. Les actes islamophobes, visant des imams, des femmes portant un foulard ou encore des mosquées, se sont succédé ces dernières semaines, sans que cela n’émeuve plus que cela des médias et des figures politiques, souvent les premières à s’indigner (légitimement) quand d’autres minorités religieuses sont visées.

A quoi s’attendre à présent ? LCI réalise-t-elle la gravité et l’ampleur de sa responsabilité ?

La chaîne publie un communiqué à minima, reconnaissant « à demi-mot » une erreur, qui ne concerne selon elle que le format qui n’est pas « approprié ». Le fond serait-il plus acceptable ? Par ce manquement et ce déni de responsabilité, la chaîne aggrave la situation, en ne tirant aucune leçon de ce fiasco.

Dans ce contexte d’acharnement indigne dirigé vers les musulmans, La Plateforme a saisi le Conseil Supérieur de l‘Audiovisuel (CSA) afin qu’il prenne toute la mesure de la situation, afin d’agir en conséquence.

Nous réitérons notre appel : il est temps que le CSA, comme il l’a récemment fait à travers des sanctions lourdes sur d’autres dossiers, prenne ses responsabilités face à la monté et à la banalisation de la parole islamophobe. (Notre courrier du 26 septembre)

Le CSA doit plus que jamais pleinement jouer son rôle afin de faire cesser les diffusions de tels propos qui mettent en danger la vie des citoyens français de confession musulmane.

Un précédent inacceptable est créé. L’heure est grave. Mobilisons-nous !

Nous invitons chacun d’entre vous à agir :

1) Saisissez le CSA concernant cette diffusion du discours de Zemmour ce 28 septembre 2019.

2) Rejoignez-nous sur notre page de mobilisation

3) Diffusez cette information autour de vous.

Agissons ensemble pour ne plus subir ! Acte 2

Vous avez toutes et tous été témoins de ce micro librement tendu à Eric Zemmour, pourtant déjà condamné par la justice !

Mobilisons-nous !  Ensemble, agissons pour mettre LCI en face de ses responsabilités.

Saisissez le CSA pour que les chaînes qui diffusent ces discours racistes soient sanctionnées. Voici toutes les informations nécessaires. La saisine ne vous prendra que 5 min.

Etape 1 : Rendez-vous sur le site du CSA

Le formulaire est accessible en cliquant sur le lien suivant : J’alerte le CSA.

Etape 2 : Remplissez le formulaire en mentionnant

Chaîne : LCI
Programme : Diffusion du discours de Zemmour en direct lors de la « convention de droite »
Date de diffusion : 28/09/2019
Heure : 14 :25
Intervenant : Eric Zemmour

Etape 3 : Demandez courtoisement mais fermement des sanctions lourdes

En rappelant que les discours ont heurté de très nombreux téléspectateurs, musulmans ou non, qu’ils incitent à la haine, alimentent le racisme et l’islamophobie.

Etape 4 : Transférez-nous vos saisines

Par mail à l’adresse contact@lesmusulmans.fr, merci de nous transférer les accusés de réception des saisines que vous recevrez, ceci nous permettra de suivre cette action et mesurer l’ampleur de la mobilisation.

Ces alertes, qui ne vous prendront que quelques minutes, sont cruciales et indispensables. Le CSA est le gendarme de l’audiovisuel. Il a pour mandat de faire respecter les règles déontologiques, y compris en matière de discrimination et d’incitation à la haine sur les ondes TV/Radio. Ils ont pour obligation d’étudier toutes les demandes. A titre d’exemple, la chaîne C8 fut condamnée à une amende de 3 millions d’euros en 2017, sanction prise contre l’émission Touche pas à mon poste de l’animateur Cyril Hanouna.

Diffusez cet appel à l’action immédiate par mail, sur les réseaux sociaux, par SMS et Whatsapp. N’hésitez pas à en parler à vos familles, à vos voisins, à vos collègues de travail, etc.

Ensemble, agissons !

Agissons ensemble pour ne plus subir !

En cette rentrée, plusieurs chaînes de télévision ou de radio ont misé sur une « promotion islamophobie ». Plusieurs émissions dites « de débat » comptent des personnalités, qui ont gagné en popularité grâce à l’hostilité à l’encontre des musulmans.

Cette semaine, suite au détournement d’une affiche de la Fédération des conseils de parents d’élèves (FCPE), plusieurs de ces prétendus spécialistes ont tenu à l’antenne des propos très graves et inacceptables.

Nous ne pouvons plus tolérer que l’islamophobie se banalise dans les médias. C’est pourquoi aujourd’hui nous vous appelons à saisir le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) pour que les chaînes qui diffusent ces discours racistes soient sanctionnées.

Concrètement, il vous suffit simplement de vous rendre sur le site du CSA pour y remplir le formulaire ci-dessous en renseignant au préalable les informations demandées.

Le formulaire est accessible en cliquant sur le lien suivant : J’alerte le CSA.

S’agissant des informations, voici les émissions incriminées, celles pendant lesquels des propos islamophobes, pour certains très violents, ont été tenus. Précision : il faut remplir autant de fois le formulaire que d’émissions, soit en l’espèce trois fois.

Alerte numéro 1

Chaîne : CNEWS
Programme : Punchline
Date de diffusion : 24/09/2019
Heure : 19h16
Intervenant : Mohamed Sifaoui
Présentatrice : Laurence Ferrari

Voici, en partie, ce qu’il a dit en direct sans être repris par la journaliste Laurence Ferrari.

« Le voile exprime autre chose que le religieux, il va encore plus loin, c’est un outil de prosélytisme […] et j’ajouterai : là où le voile apparaît, l’islamisme s’installe et là où l’islamisme s’installe, la société se fracture et ça finit toujours par des violences. Regardez bien, quand le voile s’est exprimé en France dans les années 80, quelques années plus tard on a commencé à avoir des actes de violences terroriste dans ce pays et ça il ne faut pas l’oublier. Et l’amalgame, moi, j’assume de le faire, cet amalgame entre le voile islamiste et la violence terroriste générée par l’islamisme, moi je revendique de la faire. »

Alerte numéro 2

Chaîne : CNEWS
Programme : L’heure des pros
Date de diffusion : 24/09/2019
Heure : 9h16
Intervenant : Charlotte d’Ornellas
Présentateur : Pascal Praud

Alerte numéro 3

Chaîne : LCI
Programme : Audrey and CO
Date de diffusion : 24/09/2019
Heure : 10h35
Intervenant : Lydia Guirous
Présentatrice : Audrey Crespo-Mara

Demandez courtoisement mais fermement des sanctions lourdes, en rappelant que ces discours ont heurté de très nombreux télespectateurs, musulmans ou non, qu’ils incitent à la haine, alimentent le racisme et l’islamophobie.

Ces alertes, qui ne vous prendront que quelques minutes, sont cruciales et indispensables. Le CSA est le gendarme de l’audiovisuel. Il a pour mandat de faire respecter les règles déontologiques, y compris en matière de discrimination et d’incitation à la haine sur les ondes TV/Radio. Ils ont pour obligation d’étudier toutes les demandes. A titre d’exemple, la chaîne C8 fut condamnée à une amende de 3 millions d’euros en 2017, sanction prise contre l’émission Touche pas à mon poste de l’animateur Cyril Hanouna.

Diffusez cet appel à l’action immédiate par mail, sur les réseaux sociaux, par SMS et Whatsapp. N’hésitez pas à en parler à vos voisins, à vos collègues de travail, etc.

Ensemble, agissons !