Ils sont plus de 350 à travers la France à avoir proposé leur candidature ou recommandé quelqu’un, pour le projet #100VOIX. Pour rappel, ce projet vise à former 100 personnes à la prise de parole et à la communication, afin de montrer la diversité et la richesse des communautés musulmanes en France, tout en mettant en valeur le parcours de ces personnes inspirantes.

Nada, cheffe de projet pour la Plateforme L.E.S Musulmans, nous en dit plus : « Il s’agit d’abord de répondre à une priorité identifiée par les musulmans, lors de la grande consultation nationale menée en 2018. En effet, l’image des musulmans et le traitement médiatique avaient été identifiés comme un enjeu majeur. »

Parmi les réponses les plus récurrentes sur le sujet, deux idées se dégageaient :

La première : certains médias ne s’intéressent aux musulmans que lorsqu’il y a un problème, avec une volonté constante de stigmatiser, par le biais de reportages anxiogènes ou de plateaux télévisés plus proches du café du commerce que du débat d’idées journalistique.

La seconde : il existe partout en France des initiatives locales et des personnes de confession musulmane qui ont des choses importantes et intéressantes à dire, pour peu qu’on leur donne la parole. Il faudrait rendre visible ces personnes dans les conférences et dans les médias, afin d’améliorer l’image et la représentation des musulmans.

C’est précisément ce que vise le projet #100VOIX, en formant des personnes, mais aussi en les mettant en valeur, afin d’enrichir le récit et l’image des musulmans vivant en France. Cela permettra également de découvrir de nouveaux talents et de nouvelles compétences, pour renforcer l’offre de conférences et d’enseignements, à destination des communautés locales, dans des domaines aussi variés que l’économie, la santé ou l’entrepreneuriat.

Pour ce faire, il a fallu mettre en place une réelle méthodologie, comme nous l’explique Ghassane, coordinateur du projet #100VOIX :

« Dans un premier temps, nous avons lu et soigneusement analysé toutes les candidatures, afin de sélectionner celles qui correspondaient le mieux à cette première phase du projet, en cherchant à respecter au mieux la diversité des parcours : une bonne distribution géographique, des hommes et des femmes, des origines et des parcours différents, un large éventail de catégories associatives et professionnelles, différentes classes d’âge et différentes sensibilités religieuses et citoyennes.

Ensuite, durant les dernières semaines, nous avons rencontré individuellement les candidats retenus pour cette deuxième phase du processus, afin de mieux comprendre leur motivation et leur parcours, puis répondre à toutes leurs questions sur le projet et le contenu des formations. Les candidats ont aussi pu se rencontrer et tisser des liens entre eux. »

Cette diversité de parcours est l’une des grandes forces du projet, puisqu’elle donne la mesure de la réalité des communautés musulmanes locales, où toutes les compétences existent. Mihane, co-fondatrice de la Plateforme L.E.S Musulmans, nous l’explique :

« Nous avons été tellement touchés par l’engouement et la richesse des parcours. Même si nous le savions déjà, c’était vraiment émouvant de rencontrer ces héros anonymes qui accomplissent des miracles au quotidien.

Ils sont enseignants, médecins, entrepreneurs, ouvriers, imams. Ils sont étudiants, sportifs de haut niveau ou élus locaux. De toutes les origines. Parfois avec des parcours accidentés. Parfois des réussites exceptionnelles. Mais ils ont tous en commun une lumière, un espoir, une profonde envie d’aider, de participer, de donner aux autres un peu de ce qu’ils ont reçu. »

L’équipe du projet #100VOIX finalisera les séquences d’entretien dans les jours qui viennent, puis le cursus pourra commencer.

La première formation aura lieu en mars et le groupe sera réuni à Paris pour ce moment important. On a vraiment hâte de vous les présenter !

Comme nombre de nos concitoyens, nous avons pris connaissance – hélas sans grande surprise – des annonces du Président de la République s’agissant de la « lutte contre le séparatisme islamiste ».

Sans surprise, car la démarche adoptée par Emmanuel Macron, celle qui consiste à faire des musulmans des citoyens d’exception qu’il faudrait placer sous contrôle politique, est précisément l’une des raisons pour lesquelles nous avions, dès 2018, initié une grande consultation des musulmans, puis fondé la plateforme L.E.S Musulmans. L’objectif était de doter les fidèles d’une organisation d’ampleur nationale, participative, transparente et au service de tous.

En moins de deux ans, nous avons posé les jalons de ce que le Président de la République prétend aujourd’hui appeler de ses vœux :

Une structuration organique et professionnalisée des communautés musulmanes, pleinement ancrée dans la société française, ouverte à tous, déconnectée des influences étrangères sans pour autant renier l’héritage culturel des générations précédentes, dotée d’un financement pérenne choisi par les musulmans de France eux-mêmes.

À ce jour, la plateforme rassemble plus de 12000 adhérents et donateurs, plus de 250 associations et mosquées, plus de 700 bénévoles et des salariés dédiés, œuvrant ensemble sur 10 projets et groupes de travail, partout à travers la France.

Mais loin de nos réalités de terrain, et dans un contexte de crise sociale et environnementale majeure, la mise à l’index des musulmans fournit avec constance une source fiable de diversion et de captation des sujets, auxquels sont particulièrement réceptives des franges racistes de l’électorat, particulièrement importantes durant les séquences électorales.

Une fois de plus, c’est une séquence de criminalisation qui vaut aux musulmans l’intense attention des médias, des partis politiques et des institutions, jusqu’au plus haut niveau de l’État. Une fois de plus, et c’est malheureux, le Président cède à un agenda politique qui vise à faire des musulmans des citoyens d’exception, puisque l’ensemble des mesures qui ont été annoncées les visent explicitement et spécifiquement. Le plan annoncé ne parle pas des réelles velléités séparatistes de certaines mouvances politiques dans le pays, ni mêmes des stratégies de lobbying de groupes idéologiques et/ou religieux de manière générale, mais vise nommément les musulmans, faisant d’eux la cible de toutes les stigmatisations, tout en s’en défendant du point de vue discursif.

Il est non moins malheureux de relever que la laïcité est une nouvelle fois dévoyée de son sens profond, quand un président de la République pourtant élu pour apaiser ces questions, s’autorise à dicter aux dignitaires du culte musulman les modalités de leur organisation et leur cadrage idéologique, en leur donnant un ultimatum (le CFCM est ainsi sommé de s’exécuter avant le 30 mars, sous peine de l’écarter au profit d’interlocuteurs plus dociles). La laïcité ne consiste-t-elle pas à respecter l’autonomie des communautés religieuses, dans le plus strict respect des lois, dans un dialogue sincère et constructif avec la République ?

À ce titre et compte tenu des autres mesures à venir, parachuter de dociles supplétifs, dont on assurera les subsides en ponctionnant de force l’argent des musulmans qui les rejettent, ne sera d’aucun secours, puisqu’aux yeux des racistes, la simple expression musulmane est déjà de trop.

Le Président, s’agissant des musulmans, s’est dit vouloir être « fraternellement autoritaire ».

Mais l’autoritarisme n’est jamais « fraternel ».

En tentant de mettre sous strict contrôle politique et organisationnel les structures musulmanes, le président prend le risque d’obtenir exactement l’effet contraire de ce qui est escompté : en actant la rupture et la défiance vis-à-vis des citoyens musulmans, visés ainsi par un discours d’exception, il encourage le repli qu’il prétend vouloir combattre.

Et pour quel bénéfice ?

Le Président se coupe un peu plus du quotidien social, culturel, cultuel et pluriel des Français du réel, qui vivent et font ensemble sur le terrain, pour céder aux sirènes d’un électorat qui ne sera jamais satisfait, tant que les musulmans n’auront pas été relégués à la plus complète et à la plus totale exclusion.

Le plan ainsi initié par le gouvernement, dont l’essentiel consiste à entraver les structures musulmanes en détournant des procédures sanitaires, financières et réglementaires usuelles pour en faire des instruments de répression, va conduire à un double échec :

D’une part, un échec politique, puisqu’il vient légitimer et valider une grille de lecture idéologique raciste émanant de l’extrême-droite, qui construit les musulmans comme un problème à réguler et à contrôler, au sein de la République, ouvrant la voie au pire.

D’autre part, un échec sociétal, puisqu’il marquera dans l’histoire en le signant de son nom, le moment où la République aura fait de ses citoyens musulmans des objets assignés au choix qui n’en n’est pas : vivre une religion conditionnelle, soumise au temps politique des extrêmes, ou partir.

Ce choix destructeur, nous le refusons. En tant que citoyens.

Nous lui substituons un espoir. En tant que croyants.

Nous voulons croire qu’il est encore possible pour l’État de faire preuve de lucidité et de dialogue sur ces questions, au risque d’atteindre un point de non-retour.

Poursuivant son travail quotidien auprès des structures de terrain et des musulmans du quotidien, la plateforme L.E.S Musulmans continue d’œuvrer pour le bien de tous, au service d’une vision rassembleuse, participative et professionnelle des organisations musulmanes de France.

COMMUNIQUÉ DES INITIATEURS #MARCHE10NOVEMBRE

Les initiateurs de la marche contre l’islamophobie du 10 novembre se félicitent de l’immense succès de la manifestation. Ce sont plus de 40 000 personnes, qui se sont retrouvées dans les rues de Paris, avec également des déclinaisons locales de la marche en régions. Un succès d’autant plus grand que la marche a été, durant toute la semaine qui l’a précédée, la cible d’une véritable campagne de diffamation, voire de haine, destinée à la saboter, à la délégitimer et à dissuader les gens de s’y rendre. Les initiateurs ont par ailleurs subi de nombreuses attaques, certains d’entre eux recevant des menaces de mort explicites.

Un tournant historique depuis la marche pour l’égalité de 1983

La marche du 10 novembre marque de toute évidence un tournant dans la situation : il ne s’agit rien moins que de la plus grande mobilisation antiraciste prise en charge par les premiers concernés depuis la grande Marche pour l’égalité de 1983, avec le soutien d’un large spectre d’organisations syndicales, associatives et politiques.

Héritiers et riches de cette histoire, les premiers concernés ont appris et ne laisseront pas les objectifs de cette marche historique leur échapper. Ils sont en effet acteurs de leur histoire avec tous ceux qui ont, à leur côté, co-initié cette marche ou signé la tribune. Les rues de Paris se sont ainsi remplies de dizaines de milliers de personnes, de tous âges, de toutes origines et de toutes confessions, citoyens révoltés, militants engagés, élus, personnalités, qui ont tous ensemble porté un message clair : l’islamophobie est un racisme qui doit être fermement combattu et considéré comme une « cause nationale » au même titre que le combat contre les autres discriminations. Dans de nombreuses prises de parole, la nécessité de se mobiliser contre tous les racismes a été rappelée.

La marche du 10 novembre, une démonstration d’unité

Nous n’en resterons pas là car, malheureusement, le succès de cette marche est également dû à un contexte particulièrement préoccupant pour les citoyens de confession musulmane : de l’attentat qui a visé l’imam de Brest le 27 juin dernier aux déclarations de Macron sur la « société de vigilance » et les « signaux faibles », qui jettent la suspicion sur l’ensemble des musulmans pratiquants ou non, à l’humiliation d’une femme voilée par un élu RN au conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté en passant par le vote d’une proposition de loi discriminatoire au Sénat ou l’attaque au couteau d’une jeune mère devant ses enfants. Sans oublier, la démonstration la plus récente de cette haine du musulman qui pousse au passage à l’acte : l’attentat contre la mosquée de Bayonne, le 28 octobre 2019.

N’en déplaise à ceux qui essaient d’entretenir de vaines polémiques, nous sommes fiers de la réussite de la marche du 10 novembre, véritable démonstration d’unité face à tous les semeurs de haine, une démonstration de force face à celles et ceux qui de l’extrême droite aux partis institutionnels en passant par les plus hauts sommets de l’État misent d’une manière ou d’une autre sur l’islamophobie.

Ce succès en appelle d’autres : les initiateurs, que sont l’élu de la ville de Saint-Denis, Madjid Messaoudene, le collectif contre l’islamophobie en France (CCIF), la Plateforme L.E.S. Musulmans, le comité Adama, le nouveau parti anticapitaliste, l’union communiste libertaire et le journaliste Taha Bouhafs, se réuniront cette semaine et reprendront contact avec les organisations ayant appelé à la marche pour envisager les suites à donner à cette formidable journée de mobilisation populaire.

Paris, le 11 novembre 2019

 

We were astonished to learn that an attack took place on Monday, the 28 of October, against Bayonne’s mosque.

The platform L.E.S. Musulmans would like to express its deep solidarity with the two faithful, aged 74 and 78, who were seriously injured by gunshot and wishes them a quick recovery. Our thoughts are also with their families and, beyond the mosque, the entire Muslim community of Bayonne.

Today, no one can ignore the fact that the criminalization of religious practices through speeches carried out by certain political figures, as well as the banalization of overtly Islamophobic remarks broadcast with complacency by many media outlets, can lead to violent acts.

In 2019 alone, more than a dozen acts of Islamophobia targeted places of worship, including the attack on June 27 in front of the mosque in Brest, which nearly took the life of Imam Rachid Eljay. This week too, Thursday 25 and Sunday 27 October, swastikas were discovered on the site of a mosque in Charleville-Mézières. Also, in September, in the Rhone region, a mother wearing a hijab was the victim of a knife attack in middle of the street.

The media’s treatment of these racist acts, the timid condemnations of the government, as well as the absence of strong decisions to fight anti-Muslim hatred, contribute to a denial of the harsh reality lived by Muslims in France.

Once again, the platform L.E.S. Musulmans demands that Emmanuel Macron, President of the Republic, and Christophe Castaner, Minister of the Interior, fully appreciate the urgency of the situation and act concretely for the safety of mosques as well as that of Muslim personalities and imams targeted daily by racist speech and threats. The public authorities, who are well aware of the terrorist risk faced by Muslims in France, must take their responsibilities.

Finally, it is urgent that the state clarify its position when it comes to the editorial choices made by some news outlets that are using anti-Muslim hatred as a commercial argument. The law must be enforced and these media needs to be sanctioned when they exceed freedom of expression and instead fuel hatred. Those that encourage someone to commit a crime should not be allowed to hide behind the right to blasphemy or to the criticism of religions when they endanger millions of women, men and children of our country.

Paris, Monday, October 28, 2019

The platform “L.E.S. Musulmans”

www.lesmusulmans.fr

contact@lesmusulmans.fr

Nous apprenons avec stupeur qu’un attentat a eu lieu lundi 28 octobre contre la mosquée de Bayonne.

La plateforme L.E.S. Musulmans exprime sa profonde solidarité avec les deux fidèles de 74 et 78 ans grièvement blessés par balles et leur souhaite un prompt rétablissement. Nos pensées vont par ailleurs à leurs familles et, au-delà de la mosquée, à l’ensemble de la communauté musulmane de Bayonne.

Nul ne peut aujourd’hui ignorer que la criminalisation de la pratique religieuse à travers les prises de paroles de certaines personnalités politiques et la banalisation des propos ouvertement islamophobes accueillis avec intérêt par nombre de médias nourrissent les passages à l’acte.

Pour la seule année 2019, plus d’une dizaine d’actes islamophobes ont visé des lieux de culte, dont l’attentat le 27 juin dernier, devant la mosquée de Brest, qui a failli coûter la vie à l’imam Rachid Eljay. Cette semaine, jeudi 25 et dimanche 27 octobre, des croix gammées ont été découvertes sur le chantier d’une mosquée à Charleville-Mézières. Citons en outre, en septembre, dans le Rhône, cette mère de famille portant un hijab victime d’une attaque au couteau en pleine rue.

Le traitement médiatique de ces actes racistes, les condamnations timides du gouvernement, tout comme l’absence de décisions fortes pour endiguer la haine anti-musulmane participent à une négation d’une réalité vécue difficilement par les musulmans en France.

La plateforme L.E.S. Musulmans exige une nouvelle fois qu’Emmanuel Macron, président de la République, ainsi que Christophe Castaner, ministre de l’Intérieur, prennent réellement la mesure de l’urgence et agissent concrètement pour la sécurité des mosquées comme celles des personnalités musulmanes et des imams visés par des discours racistes et les menaces quotidiennes. Les pouvoirs publics, qui n’ignorent rien du risque terroriste visant les musulmans de France, doivent prendre leurs responsabilités.

Il est enfin urgent que l’Etat clarifie sa position face aux choix éditoriaux de certaines rédactions qui ont fait de la haine anti-musulmane un argument commercial. La loi doit être appliquée et ces médias sanctionnés lorsqu’ils outrepassent la liberté d’expression pour verser dans l’incitation à la haine. Ces pousse-au-crime ne doivent plus être autorisés à se cacher derrière le droit au blasphème ou à la critique des religions lorsqu’ils mettent en danger plusieurs millions de femmes, d’hommes et d’enfants de notre pays.

Paris, lundi 28 octobre 2019
La plateforme L.E.S. Musulmans
www.lesmusulmans.fr
contact@lesmusulmans.fr

C’est reparti pour un tour. Mardi 29 octobre, les sénateurs seront appelés à voter pour l’adoption d’une loi contre les mamans accompagnatrices scolaires portant un hijab.

Malgré la décision du Conseil d’Etat, le retoquage en juin dernier par les sénateurs d’un amendement liberticide et la mise au point publique du Premier ministre Edouard Philippe, le 15 octobre dernier, un nouveau vote se tiendra au Sénat.

La plateforme L.E.S. Musulmans a mis en place un formulaire en ligne pour permettre à toutes et à tous d’interpeller ses élus locaux en quelques clics. Nous vous invitons à cliquer sur le lien suivant pour demander à votre élu de s’opposer à ce nouveau scrutin sénatorial : Mamans accompagnatrices : interpellez votre élu, demandez-lui de prendre position contre un nouveau vote au Sénat le 29 octobre.

Un peu plus d’un an après le lancement de la plateforme L.E.S. Musulmans, Abdelmonaim Boussenna et Marwan Muhammad ont répondu en direct aux questions des internautes.

Le direct a été enregistré et mis en ligne sur notre page Youtube officielle.

Abonnez-vous à la chaîne Youtube de la plateforme : L.E.S. Musulmans sur Youtube.

Auditionné mardi 8 octobre devant la commission des lois de l’Assemblée nationale, Christophe Castaner, ministre de l’Intérieur, s’est employé à lister différents critères, signes selon lui d’une « radicalisation islamiste ».

Parmi ces prétendus signes, le port de la barbe, la pratique régulière de la prière, une pratique religieuse « particulièrement exacerbée » au mois de ramadan ou encore la tabaa, callosité sur le front liée à la prosternation – laquelle dépend grandement de l’épiderme de chacun.

La dérive est folle, les conséquences dangereuses. Avec une telle politique dite de « lutte contre la radicalisation », le gouvernement ne combattra pas les terroristes, mais bien les musulmans. Les forces de l’ordre seront d’autant plus occupées que lesdits signes sont monnaie courante, puisqu’ils relèvent d’une pratique usuelle de l’islam. Non seulement le gouvernement ne luttera en rien contre le terrorisme, mais encore lui laissera-t-il le champ libre et validera la légitimation structurelle de l’islamophobie.

Cette sortie du ministre de l’Intérieur n’a pas échappé au député M’jid El Guerrab : « un signalement, d’une faible ou d’intensité, c’est quoi ? Qui évalue le signalement ? », a-t-il interrogé.

Sur Twitter, les propos de Christophe Castaner ont provoqué un tollé ; tant et si bien que ce soir à 19h on comptait près de 30 000 tweets avec le hashtag sarcastique #SignaleUnMusulman. En voici quelques-uns.

 

 

 

 

 

Où en est la plateforme LES Musulmans ?  Pourquoi ce terme « plateforme » au juste ? Et qu’en est-il des projets esquissés il y a de cela 1 an maintenant suite à la Consultation des Musulmans ?

Vous vous posez de nombreuses questions. Nous vous répondons en toute transparence.

L.E.S. Musulmans : la mission

Forte d’un engagement rassembleur, basé sur un socle éthique solide, la plateforme aspire à faire collaborer tous les musulmans qui le souhaitent, pour le bien commun de façon organique, structurelle et unifiée.

Directement impliqués et conscients de leurs rôles, ils peuvent réfléchir, concevoir, réaliser et évaluer des projets de manière participative, sérieuse et professionnelle.

Ainsi rassemblés, les musulmans participent à leur propre émancipation et à leur propre organisation, tout en continuant à apporter toute leur part de projets constructifs et utiles, au-delà de leur communauté de foi.

La plateforme LES Musulmans se place donc dans une approche d’intelligence collective qui englobe des citoyens, des cadres associatifs, des représentants religieux, des dirigeants de services aux musulmans de tous bords (éducatif, économique, social, citoyen…) ainsi que des structures musulmanes (mosquées, associations, fédérations).

Ceci pour agir de manière autonome et constructive, sur toutes les questions relatives à l’amélioration de la vie quotidienne des musulmans de France.

Nous agissons conformément à cette intelligence collective et aux besoins qui ont été exprimés. Des besoins mesurés à la fois quantitativement par plus de 27000 musulmans en 2018 lors de la « Consultation des musulmans » et qualitativement grâce au diagnostic de nombreux responsables associatifs de tout bords partout sur le territoire français.

La méthodologie de travail adoptée est participative et la plateforme n’a aucune velléité hégémonique, ni vocation à supplanter les organisations et fédérations existantes.

S’inscrivant dans une logique bottom-up (à partir de la base nldr.) pour enfin adresser la raison fondamentale de l’échec de la plupart des projets précédents, ayant eu pour ambition d’organiser par le haut (top-down nldr.) des communautés qui sont les plus à mêmes d’oeuvrer sur les questions qui les concernent.

Le terme de « plateforme » a été choisi pour décrire une culture organisationnelle, participative, horizontale, emulative et créatrice de synergies. Bref, un lieu où on peut tous se retrouver.

Enfin, la parole est donnée aux principaux concernés.

L.E.S. Musulmans : les projets

Les projets actuels de la plateforme sont au nombre de huit. Ces projets, dans leur mise en œuvre, observent un ordre de priorité choisi par les musulmans eux-mêmes lors de la Consultation.

Ils se déclinent de la manière suivante : d’une part les projets prioritaires de cette fin d’année 2019 et les projets qui leurs emboîterons le pas, d’autre part.

1. La représentation des musulmans dans le champ médiatique

Première préoccupation des musulmans français en 2018 d’après la Consultation, les citoyens de confessions musulmane se sentent mal représentés voir caricaturés dans les médias. À la suite d’une levée de 50 000€ cet été pour employer un vidéaste professionnel, le pôle communication peut enfin se structurer professionnellement autour d’une équipe  en ce mois d’octobre 2019.

Il a pour mission de mettre la lumière sur une présence positive avec une communication proche du terrain qui reflète mieux la réelle contribution des musulmans au pays. Pour y répondre, plusieurs projets sont en lancement dont, la production de contenus vidéos et de reportages, la formation de 100 personnes à la prise de parole médiatique et le développement d’un média écrit, directement sur le site de la plateforme.

2. L’Assemblée des Imams

Le premier grand chantier initié suite à la création de la plateforme collaborative L.E.S. Musulmans est l’Assemblée des Imams. Ce projet prévoit la mise en place d’une structure d’accompagnement professionnel et éducatif pour les imams, et permettra en outre la création d’un espace de dialogue et  de coopération positive entre ces acteurs  majeurs de la communauté. C’est également l’assurance d’avoir accès à des interlocuteurs crédibles et formés, au service de tous.

L’autonomie et le respect souhaités pour la fonction d’imam, ainsi que l’attachement pour les sources authentiques de l’Islam, permettent au fil du temps de faire émerger un positionnement d’unité parmi l’ensemble des acteurs. Ainsi, sans céder à la tentative de nous imposer un « grand Imamat de France » et aux exigences politiques du moment, nous aurons des acteurs qui répondent aux interrogations de leurs coreligionnaires, parce qu’ils sont formés et connaissent le contexte dans lequel nos concitoyens vivent.

Si ce projet atteint ses ambitions, nous aurons alors réussi le consensus par le travail plutôt que par l’injonction.

3. Les rites funéraires

Le manque d’infrastructures funéraires, le manque de lisibilité du secteur des pompes funèbres pour le commun des musulmans, les lacunes en éducation religieuse sur les rites funéraires et de maîtrise de la réglementation en vigueur relative aux infrastructures conforme aux rites islamiques, ont amené LES Musulmans à la création d’un pôle de travail dédié.

À terme, les musulmans auront accès à une structure d’accompagnement pour les familles, du moment du décès à l’inhumation qui respecte la dignité humaine, les principes islamiques, la réglementation et les lois.

Cette structure à pour ambition à terme de proposer un certain nombre de solutions aux fidèles comme : la mise en place d’un numéro vert pour orienter les familles lors du décès, l’identification des pompes funèbres sérieuses dans chaque département, la négociation d’un tarif conventionné pour la prise en charge, la création d’une plateforme de prévention et d’éducation sur le sujet, la mise en place d’un fond commun pour la prise en charge des nécessiteux, et enfin la création d’un carré musulman par département.

Les cinq autres projets à venir…

Suite à ces trois projets prioritaires, un certain nombre de projets non moins important leurs emboîterons le pas ; à commencer par le projet zakât ayant pour but d’organiser la collecte et la distribution à l’échelle nationale, mais aussi à éduquer les musulmans sur ce pilier fondamental à mettre en œuvre.

Ce projet zakât sera audité et transparent, piloté par des savants religieux qui se chargeront d’identifier les priorités d’allocation en respectant les ayant-droits légiférés de la zakât.

Lui succéderont un pôle de conseil et de services aux mosquées, constitué d’enseignants en théologie, pour structurer l’éducation islamique dans les mosquées en élaborant un programme nivelé couplé d’examens nationaux. Ce pôle proposera également aux mosquées et associations du conseil juridique, comptable et organisationnel, ainsi que l’accès à une centrale d’achat.

L’enseignement privé musulman se dotera également d’une équipe projet constituée d’acteurs de terrain, de spécialistes afin d’accompagner les porteurs de projets et les chefs d’établissements au regard de la pédagogie, de l’administration, de la gestion financière et juridique, afin d’assurer l’excellence et la qualité de ces établissements scolaires.

Un pôle de conseil et d’audit du Hajj sera mis en place pour offrir un support aux musulmans durant les différentes étapes encadrant l’accomplissement de ce pilier. Le pôle agira pour protéger contre les arnaques et proposer des formules conformes aux moyens et aux souhaits des fidèles.

Finalement à date, le programme humanitaire, structuré pour permettre d’établir et de préserver la confiance dans les organismes humanitaires, tout en aidant à améliorer leur gestion de projet, leur communication, leur transparence financière et l’évaluation de leur impact à travers un label de qualité.

L.E.S. Musulmans : la stratégie

La mission de La plateforme L.E.S. Musulmans s’appuie sur trois étapes : (1) opérer un diagnostic informé de la condition des musulmans, permettant (2) la conception d’une compréhension et d’une intelligence collective qui (3) permet d’améliorer leur situation.

Notre plateforme se positionne donc comme un acteur central choisi par les musulmans eux-mêmes pour défendre, organiser et accompagner leurs projets, tout en préservant leur autonomie et en respectant leur diversité. Pour satisfaire cette mission, notre stratégie se fixe trois objectifs.

Le premier a une portée impliquant tous les citoyens : la protection.

Cela concerne la préservation de l’intégrité des musulmans de par leur théologie, leurs croyances, leur foi, leurs lieux de culte, leurs textes sacrés, leurs imams… Cela concerne également leurs libertés fondamentales et sociales, leur héritage culturel, leurs sépultures, leurs choix alimentaires, vestimentaires, éducatifs, etc. Et ce, en travaillant sur un socle commun et un plan rassembleur, loin des clivages.

« Si notre présent est parfois divisé, notre espoir doit être commun.»

Les suivants concernent et impliquent principalement les musulmans eux-mêmes : la construction puis la gouvernance.

La construction, ayant pour but d’élaborer ensemble les solutions pérennes qui répondent aux problématiques quotidiennes des musulmans et anticipent les obstacles futurs.

D’abord avec les missions précédemment priorisées, puis en utilisant une méthode itérative : documenter, renforcer et adapter les solutions existantes des acteurs de terrain lorsqu’elles existent. Pour ensuite, les déployer au niveau national à chaque fois que cela est possible. Et lorsque les solutions n’existent pas encore, il s’agira de les co-construire avec les musulmans eux-mêmes, en les plaçant au cœur du dispositif.

Finalement, la gouvernance permettant de décider ensemble d’une meilleure gestion, sérieuse et autonome, de tous les sujets qui touchent de près ou de loin à la vie quotidienne des musulmans. C’est un exercice continuel d’intelligence collective, mettant le bien des musulmans au centre de sa préoccupation, permettant de dégager l’énergie nécessaire à la conduite du changement par et pour les musulmans, ainsi que l’ensemble de la communauté nationale.