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Ramadan, c’est le mois du jeûne. Au-delà de l’effort physique que représente la privation de nourriture et de boisson, c’est un exercice spirituel et de dévotion qui est recherché, comme un pur acte d’adoration envers Dieu. Ce mois est l’occasion de renouer le pacte qui nous lie à notre Seigneur et renforcer notre foi en Lui. Une fois le jeûne rompu, Il ne s’agit pas d’abuser du repas servi ou de se priver abusivement, mais de tout simplement manger à sa faim, de bien s’hydrater et de reprendre le contrôle de soi et de son corps. La plupart des jeûneurs observent après quelques jours une adaptation du rythme chrono-nutritionnel, à mesure que leur corps s’ajuste au mois de Ramadan.

Ramadan, c’est le mois du Coran. On oublie souvent de rappeler que c’est le mois béni durant lequel le Coran a été révélé. Les musulmans sont ainsi invités à tisser avec leur livre saint un rapport intense et intime, à travers une lecture quotidienne. Chacun va à son rythme. L’important est de profiter de cette occasion pour découvrir et redécouvrir la Parole de Dieu, tout en effectuant un acte d’adoration, à travers la récitation et la méditation des versets. C’est aussi une opportunité pour les non-arabophones, de découvrir cette langue et d’essayer, auprès des mosquées et des écoles, d’acquérir les bases de la lecture. Celle-ci est facilitée par toutes les prières nocturnes qui ont lieu dans les mosquées, lors du Tarawih.

Ramadan, c’est le mois du partage. Les plus beaux souvenirs de notre enfance sont marqués par les fêtes et les temps familiaux qui les accompagnent, dont les deux Aïd et le jeûne du mois de Ramadan font partie. Un repas familial partagé avec les amis, les voisins et les proches, mais aussi avec les personnes seules de notre entourage, est toujours une bonne occasion de resserrer les liens, de passer un moment convivial mais aussi de se rappeler des bienfaits dont Allah (swt) nous a gratifié. Quelle que soit la quantité de nourriture, pensez qu’il y en a toujours suffisamment pour la partager avec quelqu’un.

Ramadan, c’est le mois de l’apprentissage. Qu’il s’agisse d’apprendre des versets du Coran, d’apprendre à lire, de s’entraîner à mieux contrôler ses pulsions ou encore de découvrir les vertus du don et du partage, ce mois béni est une formidable école et il fait l’objet d’une promesse de Dieu : les démons sont enchaînés et les portes du bien nous sont grandes ouvertes. C’est donc un contexte idéal pour apprendre et mettre en œuvre des choses positives, que l’on cherchera à maintenir ensuite tout au long de l’année, en remplaçant, chacun selon nos efforts, une mauvaise habitude par une bonne.

Ramadan, c’est le mois du don. Cet acte est formalisé à travers la zakaat el fitr, dont chaque musulman (remplissant les critères) doit s’acquitter avant la prière de l’Aïd, destinée à aider les plus démunis à travers une aide financière et alimentaire. Il prend également la forme de dons libres (les sadaqat) à des personnes ou à des causes charitables. Que l’on donne de l’argent, du temps, de la nourriture, un mot gentil ou un simple sourire, il s’agit pour les musulmans d’être de ceux qui offrent quelque chose de bon et d’utile aux autres, conscients que cela les enrichit et les fait grandir, aussi bien humainement que spirituellement.

Il n’est demandé à aucun musulman d’accomplir des actes surhumains, mais uniquement de faire de son mieux, en respectant les règles simples du mois de Ramadan, tout en faisant, à son échelle, quelques efforts personnels pour s’améliorer. Chaque année devient l’occasion de faire mieux que la précédente.

Ainsi, on aura retenu du jeûne plus que la faim et la soif, mais toute la beauté d’une âme tournée vers son Seigneur, qui s’élève et se réforme à travers des actes accessibles et ressort meilleure, jour après jour.