C’est avec une très vive émotion que nous apprenons qu’une femme musulmane, portant un foulard, a été agressée hier, mercredi 11 septembre, à Sury-le-Comtal (Loire) alors qu’elle était accompagnée de son époux et de ses deux enfants.

Gravement touchée au cou, au sternum et au dos lors de cette tentative de meurtre au couteau, cette mère de famille est aujourd’hui dans une situation préoccupante : son pronostic vital est en effet engagé.

La plateforme L.E.S. Musulmans témoigne sa solidarité et son soutien à la victime ainsi que sa famille et se tient à leur disposition. Nous prions pour son prompt rétablissement.

Cet évènement tragique, qui fait suite à une escalade dans la violence et la gravité des attaques visant les musulmans, convoque la responsabilité des pouvoirs publics et la vigilance de tous. La condamnation franche et sans ambiguïté, la prévention et la répression de tels actes s’imposent de toute urgence.

À l’heure où certains évoquent déjà des « troubles psychiatriques » et un « fort état d’ébriété » pour exonérer l’assaillant, nous exigeons que cette attaque fasse l’objet d’une enquête approfondie, en tenant compte du possible motif islamophobe, conformément aux directives de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) qu’a ratifié la France.

Nous assistons ces derniers mois à une surenchère et à une banalisation des violences et des discours islamophobes, passant des insultes aux discriminations, aux dégradations de lieux de culte, à la tentative de meurtre d’un imam, puis aux attaques contre des femmes, avec désormais la volonté manifeste de tuer.

Soyons pleinement conscients qu’il s’agit d’un moment décisif en France où, plus que jamais, il est nécessaire que tout le monde fasse front contre l’islamophobie, plutôt que de revendiquer le droit de s’en réclamer.
 
Paris, le 12 septembre 2019

Nous apprenons avec une vive émotion que notre imam, frère et ami Rachid Eljay a été la cible d’une tentative de meurtre à l’arme à feu cet après-midi aux alentours de 16h devant la mosquée Sunna à Brest. Un membre de son équipe a lui aussi été blessé par balles.

Dans le même temps, à quelques minutes d’intervalle, un homme a envoyé à plusieurs rédactions une lettre dans laquelle il indique vouloir tuer Rachid Eljay.

Nous ignorons pour l’heure s’il s’agit d’une coïncidence ou si l’auteur des tirs est celui qui a rédigé et envoyé cette lettre.

Cette tentative de meurtre visant explicitement un imam dans un lieu de culte atteint un niveau de gravité sans précédent. Elle s’inscrit en outre dans une série d’attaques constantes de personnalités politiques et médiatiques contre l’imam Rachid Eljay, devenu en quelques années la cible privilégiée de leur haine et de leur islamophobie.

Rachid Eljay, imam-enseignant auprès de centaines de milliers de personnes et co-fondateur de la plateforme L.E.S. Musulmans, n’a cessé d’œuvrer à l’éducation, à la responsabilisation, à la paix entre tous dans ses prêches à la mosquée de Brest et ses vidéos sur Internet.

Dans ces moments, nous prions pour eux et nous tenons auprès de leur famille, nuit et jour, en espérant leur prompt rétablissement. Rachid Eljay et la seconde victime sont actuellement à l’hôpital afin d’y être soignés.

Nous exigeons des pouvoirs publics qu’ils prennent de toute urgence toutes les mesures nécessaires pour protéger les lieux de cultes musulmans et assurer la sécurité des imams et des personnalités musulmanes visés par des discours racistes et des menaces.

Il est temps que l’État prenne toutes ses responsabilités face au risque terroriste islamophobe qui vise les citoyens de confession musulmane, comme l’a relevé à plusieurs reprises le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner.

Paris, le 27 juin 2019

L’amendement qui prévoyait d’interdire aux mamans portant un foulard d’accompagner élèves et professeurs lors des sorties scolaires a été abandonné ce jeudi 13 juin par les députés et sénateurs réunis à l’occasion d’une commission paritaire préparant l’examen de la loi sur l’éducation, la loi dite « Blanquer ».

Mamans accompagnatrices : la plateforme L.E.S. Musulmans s’oppose à un texte liberticide

Proposé par le groupe Les Républicains au Sénat, cet amendement liberticide avait été voté le 15 mai dernier. Grâce à votre mobilisation ainsi que le travail des associations, en particulier l’action ciblée de notre partenaire le CCIF, les partis politiques et le gouvernement ont entendu notre large opposition à un tel recul des libertés fondamentales.

Félicitations à toutes les personnes qui se sont mobilisées. Il faut aussi se satisfaire de cet acte de lucidité que représente l’abandon de cet amendement, tout en restant très vigilants quant à la suite des débats, pour éviter toute nouvelle tentative similaire à l’avenir.

Enfin, un bilan de l’impact des lois de 2004 et 2010 sur l’exclusion des femmes musulmanes, dans l’accès au travail et l’éducation et plus généralement dans la société s’impose. Soucieuse que les libertés et le vivre-ensemble soit préservés, la plateforme L.E.S. Musulmans lance un appel pour qu’une telle initiative voit au plus vite le jour.

Paris, jeudi 13 juin 2019.
La plateforme L.E.S. Musulmans
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La plateforme L.E.S. Musulmans s’oppose à l’exclusion des femmes portant un foulard

« Le Sénat interdit le port du voile lors des sorties scolaires » ; c’est en ces termes que les sénateurs Les Républicains ont affiché leur volonté de stigmatiser une fois encore les femmes musulmanes. Alors que l’amendement voté visait prétendument l’ensemble des signes religieux, l’intention est claire : poursuivre la stigmatisation des musulmans électoraliste des musulmans, pour palier à l’absence de projet politique. Revenons sur l’état du droit :

  • Il n’y a pas de vide juridique. La loi permet explicitement aux parents accompagnateurs lors des sorties scolaires de porter la tenue de leur choix, dès lors qu’il n’y a ni troubles à l’ordre public ni prosélytisme.
  • Le Conseil d’État a déjà statué sur cette question : les mamans portant un voile ne sont pas concernées par la loi sur les signes religieux à l’école.
  • Dans une décision du 9 juin 2015, le tribunal administratif de Nice a rappelé le droit : les parents accompagnateurs lors des sorties scolaires doivent être considérés comme des usagers du service public et ne subir de restrictions relatives à leurs convictions religieuses.

Alors que la France connaît de grandes tensions depuis six mois, que la crise économique et sociale n’a jamais été aussi saillante, des politiciens choisissent de s’en prendre à des femmes, à des enfants et à leurs établissements scolaires : en choisissant d’interdire à des mamans d’offrir bénévolement de leur temps à l’école de leurs enfants, Les Républicains nient leurs droits et organisent plus encore la précarité et l’exclusion d’écoliers qui, faute de personnel encadrant, ne pourront plus bénéficier de sorties scolaires, sans que le gouvernement ne s’oppose à un tel projet avec la fermeté nécessaire.

En conséquence, la plateforme L.E.S. Musulmans et le collectif contre l’islamophobie en France s’opposent fermement au vote de cet amendement à l’Assemblée nationale et demande au gouvernement de marquer clairement son opposition à un tel projet liberticide.

Nous appelons à la mobilisation de chacun pour mettre un terme à cette surenchère islamophobe qui désormais n’affecte plus les seuls musulmans, mais met en péril les valeurs cardinales et la devise du pays. Pour cela, trois actions simples :

  1. L’ensemble des femmes et des hommes politiques attachés au principe de liberté, inhérent à celui de laïcité, peuvent manifester clairement leur opposition à cette amendement contraire aux libertés fondamentales, sans complaisance.
  2. Les citoyens peuvent envoyer un mail à leurs élus locaux, députés et maires, afin de leur signifier leur ferme volonté de les voir marquer leur désaccord. (Retrouvez le contact mail du député dont vous dépendez, entrez ici le nom de votre commune / circonscription).
  3. Toute exclusion de parent accompagnateur doit faire l’objet d’un signalement et donnera lieu à des poursuites judiciaires systématiques, dans toutes les juridictions ou ce sera nécessaire.

La plateforme L.E.S. Musulmans restera mobilisée jusqu’à l’abandon total de cet amendement.

La plateforme L.E.S. Musulmans
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C’est avec extrême douleur et effarement que nous avons suivi les développements du double attentat terroriste qui a visé deux mosquées à Christchurch, en Nouvelle-Zélande, durant la prière du vendredi. Il convient de témoigner notre présence et notre solidarité totale pour les victimes et leurs familles pour lesquelles, même de l’autre côté du globe, les associations et membres de la plateforme L.E.S. Musulmans se rendent entièrement disponibles.

L’auteur de ces massacres a signé son acte par un manifeste le rattachant à une idéologie islamophobe désormais largement disponible en France. « Grand remplacement », « islamisation » de la France, « insécurité culturelle », assimilation du hijab au terrorisme… Est-il encore possible de parler de dérives déontologiques ou de « dérapages », lorsque ces discours se soldent par des dévoiements racistes ou sont repris à leur compte par des terroristes ? Aujourd’hui, cet acte de violence s’inscrit dans la banalisation d’une fabrique de la haine, constamment nourrie par des représentants politiques et médiatiques qui désignent les musulmans comme des cibles.

Ces résonances idéologiques, ainsi que le mode opératoire du terroriste, alertent également sur le danger récurrent qui vise les mosquées.

Pour prendre en charge ce risque, sans sombrer dans la paranoïa ni le repli sur soi, il convient de rehausser les dispositifs de sécurité autour des mosquées, à travers quelques actions et conseils pratiques :

  • Mettre en place des systèmes de sécurité vidéo, notamment sur les entrées et issues de secours des mosquées.
  • Nommer des personnes chargées de l’accueil et de l’orientation des fidèles, formées pour détecter des comportements atypiques ou des dangers potentiels, en particulier lors des moments de grande affluence.
  • Établir un plan de sécurité interne à chaque mosquée et le présenter aux fidèles, qui va de la prise en charge des agressions qui peuvent viser les musulmans individuellement à la gestion de situations d’urgences. C’est cette préparation qui évite de vivre dans la peur et permet d’agir avec discernement.
  • Travailler conjointement avec les autorités locales à la mise en place de patrouilles et d’agents de police, en proximité, notamment lors des moments de rassemblement.
  • Mettre en place et former, à disposition de chaque mosquée, des personnes chargées de la sécurité, efficaces et discrets, qui se rendent disponibles à la fois pour les grandes prières mais aussi pour les évènements communautaires locaux dans un rôle de service d’ordre.

La plateforme L.E.S. Musulmans et le CCIF travaillent conjointement à la mise en œuvre de ces mesures de sécurité minimales et en appellent aux pouvoirs publics, afin de tirer toutes les responsabilités politiques des discours de ceux qui ont fait des musulmans des ennemis désignés, et de rehausser les dispositifs de protection aux abords des lieux de culte musulmans.

Plus que jamais, il faut faire preuve de lucidité, être proactifs et déterminés, afin de préserver la sécurité et la sérénité des fidèles. Nous invitons tous les musulmans à penser aux victimes de cet attentat dans leurs prières et de demander la guidance et le discernement dans ces moments d’épreuve.

La plateforme L.E.S. Musulmans
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Paris, le 21 Janvier 2019 —

Depuis trop longtemps, les musulmans vivant en France ont manqué d’une structuration minimale, indépendante, professionnelle, rassembleuse, qui leur permette de travailler ensemble, de dépasser leurs différences et de prendre en charge les problèmes réels auxquels ils font face, en apportant des réponses concrètes et efficaces à leurs besoins.

Depuis trop longtemps, nous avons toléré que les intérêts des États interfèrent avec les priorités des musulmans, causant parfois des divisions inutiles entre nous et empêchant toute démarche d’unité.

Depuis trop longtemps, l’image et la place des musulmans dans notre société n’ont cessé de se dégrader, à mesure que leur parole était confisquée par des personnes peu légitimes et que des politiciens sans scrupules, cédant aux sirènes des extrêmes, se servaient d’eux pour des raisons bassement électorales.

C’est pour changer cette situation que nous nous sommes mobilisés. Durant l’année passée, nous avons mené une initiative sans précédent, afin de rompre avec l’immobilisme et changer les choses. En quelques mois :

  • Nous avons organisé une consultation large et ouverte à tous, à laquelle près de 27 000 musulmans ont participé, avec des dizaines de consultations locales partout en France.
  • Avec l’aide d’un comité scientifique indépendant, nous avons restitué les principaux résultats de cette consultation historique, en redonnant la parole aux premiers concernés : les musulmans eux-mêmes.
  • Nous sommes allés à la rencontre des fidèles, des mosquées, des associations lors d’un tour de France dans 57 villes, pour entendre et comprendre, sur le terrain, les problématiques des musulmans, dans toute leur diversité.
  • Nous avons fondé, grâce à leurs idées, une plateforme à laquelle plus de 230 mosquées et associations ont déjà apporté leur soutien, ainsi que des milliers d’adhérents et des centaines de bénévoles mobilisés, avec des équipes opérationnelles dans chaque domaine, des relais régionaux, un site web dédié et, dans les jours qui viennent, le lancement d’une plateforme de coopération inter-associative, en ligne.
  • Nous avons développé ensemble des feuilles de route sur toutes les thématiques identifiées par les musulmans comme des priorités, en partant de la base pour construire des solutions en phase avec les réalités que nos coreligionnaires vivent. Celles-ci pourront évoluer et bénéficier des expertises et des talents de chacun, pour devenir des projets pérennes.

Toutes les questions sont posées, toutes les préoccupations prises en charge, tous les sujets sont ouverts, afin d’avancer, par le travail et la concertation, vers une nouvelle ère pour les musulmans en France : celle d’une inclusion tranquille, d’une présence apaisée et d’une dignité accomplie, dans tous les compartiments de leur vie, individuelle comme collective, spirituelle comme citoyenne.

Ce travail se fait à partir des musulmans de tous les jours et non uniquement des élites. Il n’est pas parachuté par le haut ni imposé à des millions de personnes, mais les place en situation de décider et d’œuvrer, par elles-mêmes, à l’organisation de leur culte et de leur vie.

Pour la première fois depuis bien longtemps, nous sommes en capacité de nous réunir, de nous concerter et d’agir de manière constructive et efficace. Il est temps maintenant de nous rassembler et de construire ensemble, avec toutes les bonnes volontés. C’est pourquoi nous lançons aujourd’hui un appel solennel à toutes les associations et individus, qui souhaitent œuvrer sincèrement en direction des communautés musulmanes, au-delà de toute sensibilité, appartenance ou affiliation à rejoindre cette dynamique, à l’enrichir, à la consolider pour le bénéfice de tous.

Sans exclure ceux qui, impliqués au sein de structures déjà existantes ou à venir, ont à cœur d’agir pour l’intérêt général mais dont les efforts sont anéantis systématiquement par des logiques, des méthodes, des considérations différentes du bien commun.

Si vous souhaitez réellement changer et améliorer les choses pour les musulmans, travaillons ensemble. Dépassons les divisions, les clivages, les enjeux de personnes, les instrumentalisations politiques et les erreurs du passé. Donnons-nous les moyens de résoudre ensemble toutes les problématiques que rencontrent nos coreligionnaires et, au-delà des communautés musulmanes, soyons des facteurs de projets positifs au sein de notre société.

À partir du moment où des personnes veulent fournir un effort utile, de manière sérieuse et indépendante, au service de tous, fidèlement aux sources et aux valeurs musulmanes, au Coran et à l’exemple de notre Prophète Muhammad (sws), elles ont toute leur place dans cet effort commun de structuration des communautés musulmanes et nous leur tendons une main sincère et fraternelle.

Cette convergence peut se faire au sein de la plateforme L.E.S. Musulmans, qui appartient à tous les musulmans, toutes tendances et sensibilités confondues, mais également sous la forme de partenariats stratégiques, dans le respect de chaque structure.

Ne laissons pas, une fois de plus, l’attentisme, le défaitisme et la division nous empêcher d’accomplir de grandes choses et d’être à la hauteur de ces 5 millions de concitoyens musulmans, qui chaque jour au sein du peuple, font tout ce qu’ils peuvent pour faire de la France un pays meilleur.

Le sérieux et l’ouverture sont les principes fondateurs de notre initiative, qui nous poussent à prendre nos responsabilités et à faire preuve de détermination, dans la recherche de l’unité et de la solidarité autour d’un projet rassembleur et ambitieux, auquel chacun peut contribuer.

À chacun et à chaque structure maintenant d’être attentif et de mesurer l’opportunité historique qui nous est offerte d’ouvrir aujourd’hui de nouvelles perspectives et de dessiner un autre chemin, un autre destin pour nous et pour les générations futures.

La plateforme L.E.S. Musulmans
Construire ensemble au service de tous
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Paris, le 9 janvier 2019 —

Dans le cadre du futur service national universel (SNU), l’Observatoire de la laïcité a diffusé, le 2 janvier 2019, un rapport délivrant ses préconisations sur l’application du principe de laïcité.

En l’espèce, l’étude entend que les jeunes accueillis ne seraient pas appelés au SNU en tant qu’élèves d’établissements scolaires publics, mais, juridiquement, en tant que simples usagers—un statut qui ne les soumet donc pas à l’exigence de neutralité religieuse, « ni à l’encadrement de leur manifestation d’appartenance religieuse tel que précisé par la loi du 15 mars 2004 applicable aux élèves des écoles, collèges et lycées publics ».

Si ce rapport s’aligne sur l’objectif du SNU, qui est de favoriser le sentiment d’unité nationale autour de valeurs communes, le ministre de l’Éducation nationale Jean-Michel Blanquer s’est personnellement opposé aux recommandations de l’Observatoire de la laïcité, qui ne font pourtant que rappeler le cadre du droit.

Alors que l’État se doit d’être le gardien de la liberté de conscience et celle de manifester ses convictions, il semblerait que dès lors qu’il s’agit de la question religieuse, la parole politique contredit presque systématiquement le droit. Il est déplorable de constater que la complaisance de l’État envers une compréhension abusive de la laïcité s’inscrit de nouveau dans le prolongement d’un contrôle politique visant régulièrement les musulmans de France.

Les travaux de l’Observatoire de la laïcité s’attachent à rappeler le droit et ne constituent pas une prise de position. Il est donc fondamentalement dangereux et nocif pour la cohésion sociale de redéfinir le principe de laïcité en l’étendant à la société civile, et d’envisager des restrictions qui remettent sérieusement en question la neutralité de l’État.

C’est pourquoi nous nous opposons formellement aux positions d’un gouvernement qui souhaite limiter la liberté religieuse de nos enfants et imposer un contrôle idéologique sur eux à travers des discriminations illégales et irrespectueuses du principe de laïcité, de sa compréhension et de son application. Quel genre de citoyens espère-t-on former en leur apprenant, dès l’enfance, l’autocensure d’une part fondamentale d’eux-mêmes ?

Il est dangereusement contreproductif de neutraliser un espace social où les enfants devraient, comme tous les autres citoyens, jouir de leurs libertés et de leurs droits. Nous appelons donc le gouvernement à la prudence et à la retenue face à la radicalisation et au durcissement du principe de laïcité portés par ses dirigeants dans les discours publics. Ces prises de position entretiennent le flou en dépit d’un cadre légal parfaitement clair, et participent à la propagation d’une ambiance délétère qui menace l’équilibre posé par la loi de 1905.

La plateforme L.E.S Musulmans
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Paris, le 12 décembre 2018

« Le terrorisme a une nouvelle fois frappé notre territoire », indique aujourd’hui le procureur de Paris, Rémy Heitz, confirmant la motivation terroriste de l’attaque mardi soir sur le marché de Noël à Strasbourg.

C’est avec beaucoup d’émotion et de tristesse que la plateforme L.E.S Musulmans adresse ses condoléances aux familles endeuillées et aux victimes de cet attentat.

Nous voulons leur dire notre compassion, notre amitié et notre présence à leurs côtés.

En tuant, blessant et visant une nouvelle fois la France, les terroristes veulent déstabiliser le pays, faire vaciller ses fondements et provoquer une réplique en profondeur en divisant les Français : faire le plus de victimes possible, accélérer l’émergence d’un climat de guerre civile, que les pires extrêmes politiques ne tardent jamais à exploiter.

La plateforme L.E.S. Musulmans appelle d’une part à rester conscients et vigilants quant à la constance du risque terroriste, en adoptant des approches concertées, efficaces et conformes aux droits humains, afin d’endiguer durablement cette menace ; d’autre part à renforcer nos liens, notre solidarité mutuelle et, face aux assauts pour nous diviser, à travailler à ce qui nous rapproche.

Les 220 associations et mosquées qui participent à la plateforme L.E.S. Musulmans oeuvrent chaque jour partout en France à cet effort de cohésion qui nous implique toutes et tous.

Enfin, nous nous mettons à disposition des familles touchées par cette violence, en priant profondément pour que nul ne soit plus frappé par la tragédie qu’elles vivent depuis hier soir et que notre pays et le monde soient définitivement débarrassés de cette violence barbare.

La plateforme L.E.S. Musulmans
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Paris, le 11 décembre 2018

Nous avons pris connaissance de la décision de Jean Pierre Chevènement de quitter ses fonctions à la tête de la « Fondation des Œuvres de l’Islam de France ».

Au-delà des désaccords que l’on peut légitimement avoir, quant à son action en tant que ministre de l’intérieur puis à la tête de cette institution, nous saluons un véritable geste de lucidité.

La fondation, censée œuvrer à l’amélioration de la condition des musulmans et à l’intérêt commun de l’ensemble des citoyens, par l’éducation, la culture et l’action sociale autour de l’islam, a totalement échoué à impliquer les premiers concernés, au-delà d’un rôle cosmétique et purement symbolique, dans le meilleur des cas.

Sans surprise, les musulmans ont donc jugé très sévèrement l’action de la fondation. Dans le cadre de la grande consultation des musulmans, à laquelle ont participé 27 000 d’entre eux, ils sont ainsi 92% à ne pas se sentir représentés par la fondation dirigée par Jean Pierre Chevènement (dont 80% ont répondu « pas du tout »). Ce constat extrêmement critique est également développé dans les réponses ouvertes au questionnaire, où les répondants dénoncent aussi bien les conditions de nomination du président de la fondation que la gouvernance, l’inexistence sur le terrain et la déconnexion par rapport aux problématiques que vivent les musulmans.

C’est donc un double échec :

  • d’une part lié à la personne (pour rappel, Jean Pierre Chevènement a été parachuté à ce poste sans la moindre consultation ni implication des musulmans)
  • d’autre part à la mission de la fondation qui, malgré des millions d’euros dilapidés et le soutien de l’État, n’a strictement rien changé sur le terrain, si ce n’est une poignée de subventions distribuées et une exposition temporaire, symboles d’une action totalement inaudible des musulmans, puisque ne les impliquant pas.

Dans cette situation, l’État est face à un choix de responsabilité :

Il peut, avec constance, reproduire les mêmes erreurs et, contre un salaire mirobolant, parachuter quelque opportuniste, dans l’interminable liste de ceux qui veulent faire commerce de la condition des musulmans. Les mêmes arrangements en catimini, sans la moindre transparence ni implication des musulmans, aboutiront alors aux mêmes conséquences : un gaspillage de moyens, une frustration grandissante et un maintien du status quo.

Mais l’État peut également, de manière citoyenne et constructive, faire le choix de la transparence, de la compétence et de la légitimité, en considérant une simple évidence :

Il est bien temps de rendre aux musulmans ce qui leur appartient.

En l’occurrence : le choix des orientations et des personnes qui œuvrent sur des questions qui les concernent en premier lieu. Sans parachutage. Sans arrangement politique.

Tout autre choix serait, du point de vue des musulmans, totalement inacceptable et aboutirait, dans deux ans, au même résultat, en abîmant encore un peu plus leur lien et leur confiance en un État qui se sera montré, une fois de plus, incapable de les entendre.

Pour éviter un tel échec, nous proposons une idée simple : laissons les musulmans choisir.

Comme pour toute mission importante, les candidats devront soumettre un projet, clairement identifiable et accessible à tous, quant à ce qu’ils proposent de faire durant leur mandat, en cohérence avec les statuts de la fondation (ce à quoi pourra veiller l’État), en alliant action culturelle, éducative et citoyenne.

Il existe, parmi les millions de musulmans qui vivent en France, tous les talents et toutes les compétences nécessaires.

Sur la base de ces candidatures, la fondation pourra organiser de façon transparente, en ligne et dans des relais locaux, un vote lors duquel les musulmans pourront choisir le projet qu’ils souhaitent voir réalisé.

Ainsi, la fondation tirera une légitimité de ce choix et sera clairement mandatée pour accomplir un projet choisi par les premiers concernés, en conformité avec son objet.

Et pour la première fois, nous pourrons alors dire que la République traite les musulmans comme des citoyens à part entière, capables de décider par eux-mêmes de ce qui est fait en leur nom.

La plateforme L.E.S. Musulmans